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La difficile application du principe de continuité territoriale pour les DOM TOM

Date de diffusion : 28 juil. 2004

En raison de l'ampleur des migrations dans les années 1960 et 1970, la communauté antillaise en métropole compte plus d'un million de personnes. Il demeure toutefois difficile pour ces personnes de financer un retour régulier dans leurs îles.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001071

Contexte historique

Par Julie Le Gac

Plus d'un million de personnes originaires des DOM TOM vivent aujourd'hui sur le continent. En 1999, ainsi, près d'un quart des personnes nées aux Antilles habite en métropole. Une véritable communauté antillaise s'est formée en Ile de France. Cette dernière qui regroupe en 1999 sept Guadeloupéens et Martiniquais sur dix installés dans l'hexagone, est d'ailleurs surnommée la "troisième île".

L'émigration en provenance des Antilles et de la Réunion débute dans les années 1950. En effet, la mise en place de la départementalisation engendre une politique migratoire: la mobilité des habitants des DOM vers la métropole est considérée comme un palliatif aux inégalités de développement et comme une marque de la solidarité de la Nation. Le contexte y est en effet doublement favorable. D'une part, les Antilles sont confrontées à une explosion démographique et à une crise sociale résultant de la fermeture de très nombreuses usines sucrières. D'autre part, pendant les Trente Glorieuses, le manque de main d'oeuvre en métropole, spécialement sur des postes auxquels les étrangers ne peuvent prétendre comme les emplois publics peu qualifiés offerts par l'Assistance Publique ou les PTT, favorise cette immigration.

Dans le but d'organiser cette migration, une société d'Etat, le BUMIDOM (Bureau pour le développement des migrations intéressant les départements d'outre mer) est créée en 1963. Elle doit, aux Antilles et à la Réunion, informer les futurs migrants, favoriser le placement des nouveaux arrivants et faciliter le regroupement familial, tandis que l'Etat prend en charge le transport. Au total, cette émigration prend des dimensions conséquentes: entre 1967 et 1974, les Antilles françaises perdent 79 000 habitants, soit près de 12% de leur population.

Dans les années 1970, les critiques se font de plus en plus nombreuses à l'encontre de cette politique migratoire. En 1979, Aimé Césaire dénonce "l'hémorragie des forces vives du pays". La crise économique et l'émergence du chômage en métropole modifient également la donne. En 1982, avec l'arrivée de la gauche au pouvoir, le BUMIDOM est remplacé par l'agence nationale pour l'insertion et la promotion des travailleurs d'outre mer (ANT) qui veille à l'insertion des travailleurs d'outre mer. L'émigration se tarit progressivement, pour reprendre dans les années 1990, mais dans des proportions moindres.

L'importance de la communauté antillaise et réunionnaise en métropole pose la question de l'application du principe de continuité territoriale aux DOM TOM. Ce principe, appliqué à la Corse, implique le maintien de liaisons régulières entre le continent et l'île de beauté à des prix raisonnables. A l'inverse, pour les habitants des DOM TOM, le retour représente souvent une dépense considérable dans le budget des ménages. Pourtant, son prix relatif a diminué: un aller-retour Paris - Fort de France représentait plus de 16 fois le SMIC en 1964 et seulement 0,5 fois le SMIC en 1998. Toutefois, aux périodes de vacances scolaires, les prix connaissent une vive croissance. Afin de remédier à cette situation, deux députés, Jean-Christophe Lagarde et Béatrice Vernaudon, tentent de faire adopter un amendement à un projet de loi sur la continuité territoriale permettant aux conseils régionaux d'aider les personnes originaires des DOM à financer un voyage sur la terre de leurs ancêtres.

Éclairage média

Par Julie Le Gac

Ce reportage diffusé au cours du journal télévisé de France 2 au cours de l'été rapporte avec une empathie certaine la difficulté pour la communauté antillaise et réunionnaise de métropole de retourner régulièrement sur la terre dont elle est originaire.

Il souligne tout d'abord, de manière assez caricaturale l'importation par cette communauté de l'art de vivre et des coutumes d'outre mer (le zouk, la cuisine avec notamment les accras, les fleurs tropicales...).

Il donne ensuite la parole à divers invités d'une fête organisée par des particuliers en région parisienne: chacun expose sa tristesse de ne pouvoir rentrer dans son île plus souvent et les efforts qu'il doit consentir pour se le permettre.

Enfin, il s'attache à démontrer que seule une intervention étatique est en mesure de régler la situation. Ainsi, l'interview d'un responsable d'agence de voyages révèle que les lois de l'offre et de la demande sur le marché du billet d'avion à destination des Antilles expliquent le caractère élevé des tarifs. Puis, le président de "collectif DOM" souligne l'inégalité entre l'argent consenti à l'exercice du principe de continuité territoriale entre la Corse et la métropole et celui entre les DOM TOM et la Métropole.

Très descriptif, ce document, se contente d'exposer un cas pratique précis et de développer les arguments de la communauté antillaise.

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