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Les émeutes dans les banlieues françaises en 2005

Les émeutes dans les banlieues françaises en 2005

Date de diffusion : 17 nov. 2005 | Date d'évènement : 27 oct. 2005

Rétrospective des trois semaines d'émeutes qui ont embrasé les banlieues françaises à partir de la mort de deux jeunes le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
27 oct. 2005
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001085

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Les zones urbaines dites "sensibles", situées dans les banlieues françaises, ont régulièrement été agitées par des troubles à partir des années 1980, et plus encore à partir des années 1990. Ce fut en particulier le cas à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, dans la nuit du 6 octobre 1991, à la suite du décès d'un jeune homme dans un accident avec une voiture de police. Toutefois, les troubles restaient jusque-là le plus souvent circonscrits à un seul quartier. Or, en 2005, un événement identique, à savoir la mort de jeunes dans des circonstances controversées, provoque un embrasement généralisé sans précédent des banlieues françaises.

Le 27 octobre 2005, deux adolescents trouvent la mort électrocutés dans un transformateur EDF en cherchant à fuir un contrôle de police à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. En réaction à ces morts, des violences éclatent dès la nuit suivante à Clichy-sous-Bois et dans la commune voisine de Montfermeil. A partir du 1er novembre, les émeutes gagnent rapidement de nombreuses villes de banlieue parisienne, puis s'étendent à des zones urbaines sensibles dans toute la France. Face à ces violences dont l'extension est croissante, les autorités déploient des forces de police considérables. Le 8 novembre, le gouvernement Villepin décide, en application de la loi du 3 avril 1955, adoptée durant la guerre d'Algérie, de décréter l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire métropolitain, état d'urgence qui est ensuite prorogé pour une période de trois mois. Les préfets reçoivent ainsi l'autorisation d'instaurer si besoin le couvre-feu.

Progressivement, le calme revient dans les banlieues et les violences prennent définitivement fin le 17 novembre 2005, après trois semaines d'émeutes. Si seul un habitant de Stains a trouvé la mort dans ces violences, le bilan matériel des émeutes s'avère considérable: près de 10 000 véhicules ont été incendiés par les émeutiers du 27 octobre au 17 novembre 2005 et plus de 230 bâtiments publics ont été dégradés ou brûlés. En outre, près de 3 000 personnes ont été interpellées, dont plus d'un tiers sont des mineurs, tandis que plus de 200 membres des forces de l'ordre ont, selon le ministère de l'Intérieur, été blessés. Certains observateurs ont imputé au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy une part de responsabilité dans le déclenchement des émeutes, en raison notamment de ses propos tenus contre les "racailles", à Clichy-sous-Bois le 28 octobre 2005. Cependant, plus largement, ces violences d'une ampleur exceptionnelle témoignent de l'échec de l'ensemble des politiques de la ville conduites depuis les années 1980.

Et, malgré le renforcement des opérations de rénovation urbaines lancées en 2003 par le ministre délégué à la Ville Jean-Louis Borloo, la situation des quartiers sensibles n'a pas connu de réelle amélioration depuis cette crise. Des émeutes éclatent ainsi à Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise, du 25 au 28 novembre 2007, de nouveau à la suite de la mort de deux adolescents renversés à moto par une voiture de police. Si elles n'ont cette fois pas connu d'extension nationale, elles ont conduit à des affrontements particulièrement violents entre bandes de jeunes et policiers. Ces derniers ont été pris pour cible par les émeutiers dont une partie a utilisé des armes à feu contre eux.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé le 17 novembre 2005, au terme de trois semaines de violences, ce reportage propose une rétrospective des émeutes qui ont embrasé les banlieues françaises. Il adopte les canons de ce type de sujet. Il propose un traitement chronologique des événements, quasiment jour après jour, à partir du 27 octobre 2005. Il s'appuie également sur un montage d'images d'archives entrecoupées d'infographies qui ont pour but de préciser les données essentielles du bilan de ces violences urbaines.

Ce sujet montre comment les émeutes, d'abord localisées à Clichy-sous-Bois, se sont ensuite étendues sur l'ensemble du territoire. Outre des plans d'une école et d'un bus incendiés, il propose de nombreuses images de véhicules en flammes ou calcinés. Les émeutiers ont en effet tout spécialement pris pour cibles des voitures. Le décompte des véhicules incendiés chaque nuit constitua de fait un véritable indicateur journalier de l'évolution des violences pour les médias et pour le ministère de l'Intérieur. Le sujet donne également à voir des affrontements nocturnes entre jeunes et forces de l'ordre, ainsi qu'une bavure policière, filmée à distance. Il s'agit bien ici de montrer que les violences n'ont pas exclusivement été commises par les jeunes émeutiers. Les images de la bavure furent du reste utilisées comme preuves à charge pour mettre en examen les cinq policiers fautifs.

Par ailleurs, le sujet s'intéresse à la gestion politique de cette crise, notamment par Jacques Chirac, dont l'absence de réaction jusqu'à son allocution télévisée le 14 novembre 2005 fut très critiquée, et par Dominique de Villepin. Si des extraits d'interviews du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy à Clichy-sous-Bois sont diffusés, le commentaire ne fait en revanche aucune allusion à la responsabilité qui lui a en partie été imputée dans le déclenchement des émeutes.

Enfin, deux brefs extraits de la chaîne d'information américaine CNN et d'une chaîne russe témoignent de l'étendue de la couverture médiatique internationale des émeutes. Frappés par une telle explosion de violences, les médias internationaux envoyèrent de nombreux envoyés spéciaux sur place et diffusèrent en boucle les images des voitures incendiées et des affrontements entre jeunes et police.

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