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La crise du contrat première embauche (CPE)

Date de diffusion : 10 avr. 2006

De février à début avril 2006, une mobilisation massive des étudiants, des lycéens et des syndicats a lieu contre le contrat première embauche (CPE). Défendu par le Premier ministre Dominique de Villepin, il est finalement retiré.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001086

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Nommé Premier ministre le 31 mai 2005 par Jacques Chirac, Dominique de Villepin lance dès l'été 2005 un plan pour l'emploi. Il met en particulier en place pour les entreprises de vingt salariés au plus un contrat nouvelles embauches (CNE), qui permet le licenciement de l'employé sans en préciser le motif au cours d'une période dite de "consolidation" de deux ans.

Le 16 janvier 2006, désireux de réduire le chômage des jeunes, Dominique de Villepin annonce la création du contrat première embauche (CPE). Destiné aux salariés de moins de 26 ans, le CPE, comme le CNE, est assorti d'une période de consolidation de deux années au cours de laquelle l'employeur peut licencier son employé sans justification. Afin d'accélérer l'adoption de la loi sur l'égalité des chances qui crée notamment le CPE, le gouvernement recourt à l'article 49-3. Le CPE suscite cependant rapidement l'opposition croissante des étudiants et lycéens ainsi que des syndicats de salariés et des partis politiques de gauche: ils considèrent que ce contrat rendrait aisés les licenciements abusifs. Des manifestations d'étudiants autour de l'UNEF dirigée par Bruno Julliard, de lycéens et de syndiqués ont lieu dès le mois de février 2006. De nombreuses universités sont bloquées par des étudiants. Au cours du mois de mars 2006, les manifestations se multiplient et la mobilisation contre le CPE apparaît de plus en plus massive. Ainsi, le 28 mars, de un à trois millions de personnes défilent dans les rues des villes françaises pour demander le retrait du CPE.

Pourtant, malgré l'accroissement de la crise sociale et l'apparition de dissensions jusque dans sa majorité, dont la plus notable est celle exprimée par le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin refuse de céder et de retirer le CPE. Le 31 mars, le président de la République Jacques Chirac annonce de manière surprenante la promulgation de la loi sur l'égalité des chances portant création du CPE tout en demandant au gouvernement de préparer une nouvelle loi. Celle-ci doit réduire la période d'essai de deux ans à un an et accorder le droit au jeune salarié de connaître les motifs de son licenciement. Dans les faits, le CPE est vidé de sa substance.

Dominique de Villepin se résigne dès lors le 10 avril 2006 à annoncer le retrait du CPE, qu'il avait défendu jusqu'au bout. Le CPE est abrogé par la loi du 21 avril 2006 sur l'accès des jeunes à la vie active en entreprise. Les universités bloquées ou fermées rouvrent leurs portes et la contestation prend fin. Les effets de cette crise sont désastreux pour Dominique de Villepin, dont la popularité chute lourdement, et qui voit ruinées ses ambitions pour l'élection présidentielle de 2007.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé le 10 avril 2006, le jour même de l'annonce par Dominique de Villepin du retrait du CPE, ce reportage s'emploie à retracer de manière chronologique les principales étapes de la crise qui a duré près de trois mois. Il prend ainsi la forme d'un sujet rétrospectif conçu à partir d'un montage d'images d'archives, technique fréquemment utilisée dans les journaux télévisés lorsqu'un événement s'étend dans la durée. Dans le cas présent, les dates sont à chaque fois précisées sur fond de bandeaux de presse.

Le reportage montre des plans habituels d'une crise sociale et politique: manifestations, débats houleux à l'Assemblée nationale et négociations avec les syndicats. Il s'attache à donner la parole aux principaux acteurs politiques et syndicaux de la crise du CPE - Dominique de Villepin, Bruno Julliard, Bernard Thibault, Jean-Marc Ayrault, Nicolas Sarkozy et Bernard Accoyer - par le biais de courts extraits d'interviews ou de discours. Toutefois, le sujet est centré sur la personne du Premier ministre Dominique de Villepin. Il s'agit de le présenter comme l'initiateur du CPE et comme celui qui le défend jusqu'au bout contre tous. Les commentaires insistent particulièrement sur son obstination à lutter contre les oppositions multiples à son projet, venant y compris de la majorité, et à le faire aboutir. Il est également présenté comme étant soumis à une forte pression, ainsi que l'illustre l'extrait d'un lapsus à l'Assemblée nationale.

Symbolisant à la fois son isolement et son échec, le dernier plan du sujet sur Dominique de Villepin marchant seul dans la rue apparaît très significatif.

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