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Les victimes de la canicule d'août 2003

Date de diffusion : 18 août 2003 | Date d'évènement : 03 août 2003

Bilan des victimes de la canicule qui a sévi en France en août 2003. Hôpitaux, pompes funèbres et pompiers ont rapidement été débordés. Le gouvernement Raffarin est accusé d'avoir réagi trop tardivement face à la situation.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
03 août 2003
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001092

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Au cours de la première quinzaine d'août 2003, la France a été frappée par une canicule d'une ampleur inédite, la plus importante depuis 1947. Débutant véritablement le 3 août, elle a atteint des températures très élevées: une très grande partie du territoire français a ainsi été touchée par des températures supérieures à 35 degrés pendant au moins dix jours et supérieures à 40 degrés pendant au moins deux jours.

En raison de la permanence d'une grande chaleur durant plusieurs jours et du maintien de températures nocturnes élevées, de nombreuses personnes âgées ont été frappées de déshydratation et ont afflué dans les services d'urgence. Dès le 6 août, les services d'urgence des hôpitaux parisiens, avec à leur tête Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France, tentent en vain d'alerter les autorités sanitaires de la surmortalité anormalement élevée provoquée par la canicule. Cette surmortalité culmine du 11 au 13 août. Selon une enquête réalisée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), près de 15 000 personnes sont décédées entre le 1er et le 20 août 2003 des suites de la canicule, dont la moitié était âgée de plus de 85 ans.

A la suite de l'alerte lancée par les urgentistes, le manque de réactivité du gouvernement est dénoncé. Le 13 août, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui a interrompu ses vacances, lance le "Plan blanc", ensemble de mesures de soutien aux services d'urgence. Le ministre de la Santé Jean-François Mattei, qui estimait que les mesures adéquates avaient été prises, est l'objet des plus vives critiques. Le 18 août, considérant avoir été mis en cause à tort par le gouvernement, le directeur général de la Santé Lucien Abenhaïm démissionne.

Si de graves anomalies sont apparues dans la gestion de la canicule, cette crise a mis en évidence les insuffisances des systèmes d'alerte sanitaire et du fonctionnement des services d'urgence. Une mission parlementaire est créée dès septembre 2003 pour tenter de mettre à jour les raisons des dysfonctionnements apparus lors de la canicule. Celle-ci a en outre permis de prendre la mesure l'ampleur de l'isolement de nombreuses personnes âgées, plus particulièrement dans les grandes villes, mortes seules des suites de la canicule.

Le gouvernement Raffarin mit ainsi en place dès fin août 2003 un plan d'aide aux personnes âgées. Jean-Pierre Raffarin proposa d'y consacrer le fruit d'une journée de travail en supprimant un jour férié. Ce fut le lundi de Pentecôte qui fut choisi et déclaré à partir de 2004 journée de solidarité envers les personnes âgées.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet a été diffusé le 18 août 2003, alors que la canicule prend fin. Il propose une rétrospective jour après jour des événements de la semaine précédente. Le reportage traite les faits selon deux angles principaux. Il s'emploie d'une part à présenter l'évolution des conséquences sanitaires de la canicule et une estimation du nombre des victimes. La plupart des images, assez dures, visent ainsi à illustrer l'hécatombe: plans de couloirs d'hôpitaux bondés, de fossoyeurs au travail, de tentes réfrigérées pour conserver les corps et de pompiers découvrant une victime dans son appartement. L'estimation de 5 000 victimes évoquée par le journaliste n'est du reste que très provisoire puisque près de 15 000 personnes succombent finalement de la canicule du 1er au 20 août 2003.

D'autre part, ce sujet rétrospectif met en lumière les critiques contre la gestion de la crise par le gouvernement et les autorités sanitaires. Les déclarations de Patrick Pelloux, personnalité devenue très médiatique à partir de cet épisode, et de Frédéric Teissière, qui expriment leur révolte, en témoignent. Le reportage rend bien compte de la polémique qui a éclaté sur la responsabilité des victimes de la canicule entre ces médecins urgentistes et le ministre de la Santé Jean-François Mattei qui, interrogé, estime qu'il a fait ce qu'il devait faire.

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