vidéo - 

Le collectif "Sauvons la Recherche"

Le collectif "Sauvons la Recherche"

Date de diffusion : 19 mars 2004

La manifestation du 19 mars 2004 constitue le sommet de la mobilisation des chercheurs qui protestent contre la diminution des crédits gouvernementaux alloués à la recherche. Elle constitue dès lors un succès pour le collectif "Sauvons la recherche".

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001093

Contexte historique

Par Julie Le Gac

Le 19 mars 2004, les manifestations de chercheurs à l'appel de l'association"Sauvons la Recherche" et de quatorze organisations syndicales, connaissent une ampleur sans précédent. A Paris, la manifestation réunit plus de 25 000 personnes selon les organisateurs et 9 500 selon la préfecture. En Province également, la mobilisation est majeure: plus de 2 000 chercheurs défilent à Strasbourg et Marseille, un millier à Poitiers et Nice.

Ainsi, les manifestations du 19 mars constituent le sommet d'une mobilisation dans un milieu traditionnellement peu habitué aux actions collectives.

Une tel engagement exprime les craintes d'une profession qui se sent menacée par le projet de loi d'orientation et de programmation pour la recherche et l'innovation, adopté par le gouvernement Raffarin, qui diminue les crédits alloués à la recherche. Dès lors, le mouvement "Sauvons la recherche" se forme dès la fin 2003 à partir d'un noyau de biologistes de l'Institut Cochin. Afin de mobiliser l'ensemble de la profession et d'informer l'opinion publique, deux pétitions sont lancées: une pétition des professionnels de la recherche qui réunit 74 000 signatures, et une pétition citoyenne qui recueille 230 000 signatures.

Devant la fermeté du gouvernement, le 9 mars 2004, le collectif appelle les directeurs de recherche du CNRS à démissionner collectivement de leurs fonctions administratives. Au total, ce sont plus de 3 000 directeurs qui effectuent ce geste de protestation symbolique. Le 19 mars 2004, l'ampleur de la manifestation surprend, à la fois les organisateurs, et le gouvernement.

Alors que les élections régionales de 2004 sanctionnent la politique gouvernementale, François Fillon et François d'Aubert sont nommés respectivement ministre de l'éducation et ministre délégué à la recherche à l'issue d'un remaniement gouvernemental. Le 7 avril 2004, ils accèdent à l'intégralité des demandes des chercheurs. Ils restaurent les crédits coupés en 2003 et rétablissent les 550 postes fixes supprimés. Ils annoncent même 3 000 embauches de chercheurs, ingénieurs et de personnel technique. Alain Trautmann, porte-parole du mouvement, qualifie même ce résultat d' "inespéré". En septembre 2004, le budget 2005 pour la recherche comprend effectivement l'augmentation promise d'un milliard d'euros.

Toutefois, si les chercheurs ont obtenu une hausse des crédits alloués à la recherche, ils ne sont pas parvenus à ce que le budget de la recherche soit équivalent à 3% du PIB. Plus encore, ils n'ont pas réussi à enrayer la progressive primauté de la recherche appliquée sur la recherche fondamentale. En effet, les états généraux de la recherche organisés à Grenoble le 29 octobre 2003 s'achèvent sur un texte relativement confus et ne présentant pas de perspectives de mutation profonde. Dès lors, le 7 février 2005, le gouvernement crée l'Agence nationale de la Recherche, lance les pôles de compétitivité le 28 février, et le 30 août instaure l'Agence de l'innovation industrielle. Cette triple création marque une victoire de la recherche appliquée au détriment de la recherche fondamentale. De fait, l'Etat, par le biais du contrôle de l'allocation des financements destinés à la recherche détermine désormais l'orientation de celle-ci et encourage la recherche de débouchés concrets.

Historique par son ampleur, la mobilisation des chercheurs dans le cadre du collectif "Sauvons la Recherche", n'est pas parvenue à enrayer le déclin de la recherche fondamentale en France.

Éclairage média

Par Julie Le Gac

Ce reportage diffusé au cours du journal télévisé de 20 heures, le soir de la plus grande manifestation de chercheurs insiste avant tout sur l'ampleur de la mobilisation.

Le traitement médiatique de la manifestation est classique. Ainsi, après avoir mentionné les chiffres contradictoires des organisateurs et de la préfecture de police, le reportage alterne les plans larges sur le convoi des manifestants qui témoignent de l'importance de la manifestation, et les gros plans sur les pancartes et déguisements les plus remarquables.

Le commentaire énonce les principales revendications des chercheurs, puis relaie leur indignation face au mépris dont le gouvernement fait preuve à leur égard. En ce sens, il insiste sur le fait que le refus par l'Elysée de recevoir le mouvement des chercheurs est conspué par les manifestants.

Enfin, le mécontentement des professionnels de la recherche est replacé dans un contexte politique plus large avec le rappel de l'échéance des élections régionales à la fin de la semaine, que le collectif espère instrumentaliser.

Thèmes

Sur le même thème

Sur le même thème