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L'action des duvaliéristes dans les bidonvilles de Port-au-Prince

Date de diffusion : 29 oct. 1993

Opposés au président haïtien en exil Jean-Bertrand Aristide, les duvaliéristes tentent de prendre le contrôle des bidonvilles de la Cité Soleil à Port-au-Prince.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001105

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Haïti est déchirée par les violences et les soubresauts politiques depuis plusieurs décennies. L'île a d'abord été placée sous le joug de la dictature duvaliériste établie par François Duvalier en 1957 et perpétuée par son fils Jean-Claude, dit "Bébé Doc", de 1971 à 1986. Le régime mena une répression sanglante, s'appuyant sur une milice, les "tontons macoutes", et maintint la population dans une grande misère.

Le renversement de Jean-Claude Duvalier par un soulèvement populaire en 1986 ne mit en place qu'une démocratie de façade, placée sous le contrôle des militaires. Après la démission du général Prosper Avril en avril 1990, les premières élections libres de l'histoire d'Haïti furent organisées en décembre 1990: elles virent la victoire d'un prêtre, le père Jean-Bertrand Aristide. Malgré les grands espoirs suscités par cette élection chez de nombreux Haïtiens, Jean-Bertrand Aristide fut renversé dès le 30 septembre 1991 par un putsch dirigé par le général Raoul Cédras. Jean-Bertrand Aristide parvint à quitter le pays, tandis que la communauté internationale imposa des sanctions contre le régime militaire haïtien. En juillet 1993, sous l'égide de l'ONU et de l'Organisation des Etats américains, le général Raoul Cédras signa un accord avec le président déchu Jean-Bertrand Aristide qui prévoyait son retour. Cet accord n'ayant pas été respecté, les Etats-Unis, après avoir établi un embargo total contre Haïti, obtinrent l'autorisation de l'ONU d'intervenir militairement.

Après la signature d'un compromis qui accorda une amnistie aux militaires au pouvoir pour leurs crimes, Jean-Bertrand Aristide revint à Haïti le 15 octobre 1994. L'embargo international fut alors levé. Aristide, qui ne pouvait se présenter pour obtenir un second mandat consécutif, fut ensuite remplacé en février 1996 par René Préval, élu président en décembre 1995. Cependant, Jean-Bertrand Aristide fut de nouveau élu président en novembre 2000 lors d'une élection entachée de nombreuses violences. Au pouvoir, il recourut à des milices, les "chimères", qui firent régner la terreur. La population haïtienne se détacha dès lors peu à peu de lui, et à la fin de l'année 2003 la contestation contre son régime s'amplifia.

Le 5 février 2004, une insurrection contre Jean-Bertrand Aristide éclata: les rebelles dirigés par Guy Philippe s'emparèrent de Gonaïves, la quatrième ville d'Haïti. Les insurgés progressèrent ensuite dans le pays, prenant Cap-Haïtien, la deuxième ville, le 22 février. Le 29 février 2004, Jean-Bertrand Aristide fut conduit à démissionner, sous la pression conjointe des Etats-Unis et de la France, et fut envoyé à Bangui, en République centrafricaine. Le lendemain 1er mars 2004, les rebelles entrèrent dans la capitale Port-au-Prince, mais ils acceptèrent rapidement de déposer les armes. Un gouvernement intérimaire fut alors nommé et en 2006 René Préval fut une nouvelle fois élu président d'Haïti.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

A l'occasion de l'annonce la veille par le président haïtien en exil Jean-Bertrand Aristide du report de son retour dans l'île, des envoyés spéciaux de France 2 ont réalisé un reportage sur la situation à Haïti. Il s'agit d'un reportage sur le terrain, filmé dans les bidonvilles de la Cité Soleil à Port-au-Prince.

Ce sujet a pour but de présenter la situation politique assez complexe d'Haïti et plus particulièrement l'action des duvaliéristes du Front pour l'avancement et le progrès d'Haïti (FRAPH). Aussi la caméra suit-elle des hommes du FRAPH dans leur tournée au sein de la Cité Soleil. De même, deux interviews de dirigeants FRAPH, dans lesquelles ils font part de leur hostilité à Jean-Bertrand Aristide, témoignent de la profondeur des divisions et des violences qui déchirent Haïti. Par-delà l'évocation de ces tumultes politiques, le reportage permet aussi de prendre la mesure de la très grande misère des habitants des bidonvilles haïtiens. La caméra s'attarde notamment à plusieurs reprises sur des enfants qui apparaissent dépourvus de tout: certains se savonnent dans une rigole, d'autres jouent à côté d'habitations de fortune.

Ce sujet montre ainsi le grand décalage existant entre les tentatives des duvaliéristes de contrôler les habitants des bidonvilles et les conditions d'existence de ces derniers qui les poussent à souhaiter le retour de Jean-Bertrand Aristide.

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