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Fernand Braudel et les différents temps de l'histoire

Fernand Braudel et les différents temps de l'histoire

Date de diffusion : 30 oct. 1972

L'historien Fernand Braudel revient ici sur sa trajectoire personnelle et sur la nécessité d'analyser les différents temps de l'histoire.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
28 avr. 2008
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001153

Contexte historique

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

Fernand Braudel (1902-1985) a commencé sa carrière en enseignant en Algérie puis au Brésil. Fait prisonnier en Allemagne pendant la guerre, il profite de ses années de captivité pour rédiger sa thèse de mémoire qu'il soutient en 1947 : La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II. Publié deux ans plus tard, cette étude est tout de suite très remarquée.

Après sa rencontre avec Lucien Febvre en 1937, il rejoint l'école historique des "Annales" fondée en 1929. Il s'agit pour ce groupe d'historiens de dépasser l'analyse événementielle pour s'intéresser à l'évolution historique sur le temps long et aux changements progressifs des structures profondes de la société.

Ainsi, dans sa thèse, il ne s'intéresse pas à la politique du souverain Philippe II mais à une géo-histoire centrée sur l'étude de la Méditerranée. Il y développe une analyse fondée sur la prise en compte d'une triple temporalité : le temps géographique (longue durée) ; le temps social ( celui des Etats) et le temps de l'événement (très bref mais le plus directement accessible). Il privilégie l'étude des phénomènes anciens qui structurent la société et cherche à créer des lien entre l'histoire et d'autres disciplines (sociologie, économie, anthropologie).

Il publie également d'autres études sur la naissance du capitalisme, notamment Civilisation matérielle, économie et capitalisme (XVe-XVIIIe siècle) en 1979.

En 1950, il remplace Lucien Febvre au Collège de France et lui succède après sa mort à la direction de la revue des "Annales". Pendant plus de 20 ans, il jouit d'un pouvoir et d'une influence considérable dans le domaine de l'histoire et plus largement des sciences sociales.

En 1985, il entre à l'Académie française. Il meurt peu de temps après sans avoir achevé son étude des éléments caractérisant l'identité française à travers l'histoire.

Éclairage média

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

Cet extrait est issu de la série d'émissions "Signes des temps". De mars 1972 à avril 1974, ce magazine de Jean-Claude Bringuier et Hubert Knapp traite des grandes évolutions économiques et sociales de la France et de quelques autres pays. Certains numéros sont consacrés à des questions plus scientifiques : météorologie, astronomie. Le numéro du 30 octobre 1972 retrace ici le parcours des principaux historiens contemporains : Fernand Braudel mais aussi Pierre Vidal-Naquet, Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Le Goff. Les lieux de rencontre choisis sont parfois insolites : Fernand Braudel se trouve dans la salle de lecture de la Bibliothèque Nationale mais Pierre Vidal-Naquet choisit un supermarché comme lieu représentatif de l'époque. Jacques Le Goff se trouve quant à lui dans les sous-sols du Musée des Arts et Traditions Populaires.

Fernand Braudel, assis à sa table d'études et filmé en gros plan, revient sur son parcours personnel et intellectuel : ses débuts dans l'enseignement en Algérie, ses années d'emprisonnement en Allemagne et sa conception de l'histoire. Il s'agit de combattre le terrorisme de l'événement : il faut "dépasser cette première réalité mouvante et qui fait trop de bruit" en prenant en compte les différentes dimensions du temps de l'histoire et les phénomènes de longue durée. Selon lui, "la liberté de l'homme est restreinte" et il faut analyser les logiques qui le rattachent à une civilisation et à des coutumes et forgent une grande part de son comportement.

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