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L'action humanitaire en Indonésie après le passage du tsunami

Date de diffusion : 22 avr. 2005

Après le passage du tsunami en Asie du Sud-Est en 2004, de nombreuses associations humanitaires (dont Médecins Sans Frontières) se sont rendues sur place afin de venir en aide aux victimes, grâce à un élan de générosité internationale sans précédent.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
14 juil. 2008
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001184

Contexte historique

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

L'association Médecins sans Frontières a été créée le 22 décembre 1971. C'est une Organisation Non Gouvernementale (ONG) à but humanitaire indépendante de toute autorité politique et religieuse et ses financements sont d'origine privée à plus de 80%. Elle a été fondée par des médecins français dont les objectifs rompaient avec la tradition de réserve et de neutralité instaurée jusque là par la Croix Rouge. Au nom du droit d'ingérence humanitaire (reconnu en droit international depuis 1988), ses membres entendent utiliser les médias afin d'alerter l'opinion publique internationale sur les situations de crises (alimentaires, armées..) à travers le monde. Ils s'accordent le droit d'intervenir en ne tenant pas compte du principe de souveraineté nationale si l'urgence humanitaire l'exige.

En 1980, Bernard Kouchner, un des fondateurs de l'association, en désaccord sur la stratégie médiatique à adopter, fait scission et crée une autre organisation : Médecins du Monde. L'association MSF est intervenue après des catastrophes naturelles importantes (famine en Ethiopie en 1984 ; séisme en Arménie en 1988) ou lors de conflits armés (1ère guerre d'Irak en 1991 ; génocide au Rwanda en 1994, guerre en ex-Yougoslavie en 1995). En 1999, l'association reçoit pour l'ensemble de ses actions le Prix Nobel de la Paix. Depuis lors, les lieux d'intervention des ONG telles que MSF ne manquent pas : on peut citer la guerre au Darfour depuis 2004 ou le tsunami en Asie du Sud-Est du 26 décembre 2004. Cette catastrophe a touché notamment l'Inde, l'Indonésie, le Sri Lanka et le sud de la Thaïlande et fait plus de 200 000 morts. L'élan international de générosité a été d'une ampleur sans précédent : 300 millions d'euros récoltés en France et plus de 10 milliards à l'échelle mondiale. Un débat s'est ouvert depuis sur l'utilisation des fonds collectés.

Médecins Sans Frontières a suscité une vive polémique en déclarant dès janvier 2005 que l'ensemble des sommes reçues ne pourraient être dépensé. L'ONG a alors demandé à ses donateurs l'autorisation de reverser le surplus des dons (qui s'élevaient au total à 40 millions d'euros) à des causes moins médiatisées (Darfour, Congo). D'autres associations comme Médecins du Monde ont depuis suivi son exemple. Sur place, après une première phase d'urgence (mise à l'abri des populations, ravitaillement), le travail des ONG s'est inscrit sur le temps long : reconstructions des maisons, des écoles, aide psychologique, formation agricole...

Éclairage média

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

Ce reportage est diffusé au journal télévisé de France 2 en avril 2005. Il présente ici aux téléspectateurs un exemple de l'utilisation faite des sommes records collectées quatre mois plus tôt. Le commentaire du journaliste s'appuie sur des images d'illustration : on voit des pêcheurs en train de reconstruire leurs bateaux au bord de l'eau, des ruines près desquelles jouent les enfants, des plans larges sur les rues du village.

Les entretiens avec le responsable logistique de Médecins Sans Frontières et avec un pêcheur permettent de comprendre l'importance de l'aide à la reconstruction fournie par les Organisations Non Gouvernementales (ONG). On peut d'ailleurs noter que MSF, spécialisée dans les actions médicales, diversifie ici ses activités (construction de bateaux). L'intervention des militaires indonésiens, filmée de manière clandestine, nous laisse appréhender les limites de l'action humanitaire. Les autorités locales gardent le contrôle des opérations et peuvent ainsi à tout moment freiner le travail des associations présentes sur place.

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