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Les Beatles [muet]

Les Beatles [muet]

Date de diffusion : 10 juil. 1965

Diffusées le 29 mars 1966 dans le cadre d'une émission régionale intitulée Merci d'être venu, ces images montrent les Beatles lors de leur passage à Lyon.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
23 sept. 2008
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001244

Contexte historique

Par Stéphane Ollivier

Groupe musical britannique originaire de Liverpool composé, au tournant des années 1960, de l'association de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr, les Beatles sont tout simplement le groupe de rock le plus célèbre et influent de l'histoire de la musique populaire du XXe siècle. Dès leurs premiers 33 tours publiés en 1963 (Please Pease Me et With the Beatles), disques encore en partie sous influence où se décèle un amour immodéré du rock'n'roll des origines (Elvis Presley, Chuck Berry, Buddy Holly), mais où pointe déjà l'originalité foncière des chansons composées par le duo Lennon/McCartney (Love me do, She loves you, Can't buy me love), les Beatles sont emportés par un véritable vent de folie qui les propulse en tête des hit parades en Grande-Bretagne, puis bientôt aux USA.

Le phénomène dépasse d'emblée, et très largement, le cadre exclusif de la musique : c'est toute une jeunesse qui soudain s'identifie aux quatre musiciens anglais, les transformant en authentiques icônes de la (contre)-culture pop. Pris dans l'œil du cyclone, les Beatles ont l'intelligence de rester concentrés sur la musique. Sous la houlette du producteur George Martin, le couple Lennon-McCartney, en état de grâce, accumule les perles pop, à la fois légères et mélancoliques, aux mélodies terriblement accrocheuses (A Hard Day's Night, Help, Yesterday) et aux arrangements novateurs, introduisant pour la première fois clavecin et quatuor à cordes dans l'instrumentarium rock. En 1964, la « Beatlemania » est à son comble. C'est alors qu'avec Rubber Soul en 1965, puis Revolver l'année suivante les Beatles engagent une véritable révolution esthétique qui bouleverse en profondeur l'histoire du rock, en dynamitant tous les cadres formels traditionnels : les chansons se font plus sophistiquées ; les paroles plus profondes et personnelles ; les arrangements encore plus élaborés et novateurs, mêlant dès cette époque tous les genres (folk, pop, rock, classique...) et toutes sortes d'instruments empruntés à de multiples traditions (sitar, clavecin, orchestres à cordes). Ces deux chef-d'œuvres sont un tournant dans l'histoire du groupe qui décide alors d'arrêter de se produire sur scène pour ne plus se consacrer qu'au travail en studio, seul espace capable de donner forme à ses utopies musicales. Les Beatles enregistrent alors coup sur coup leurs deux plus grands chef-d'œuvres : Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band en 1967, premier concept album de l'histoire du rock et sublime délire psychédélique ; puis le mythique Album Blanc en 1968, disque à la beauté crépusculaire où se devinent déjà les tensions esthétiques qui finiront par mener à la dissolution du groupe.

Ces deux œuvres séminales contiennent en germe toute l'histoire du rock à venir et font partie des incontournables de la musique populaire du XXe siècle. Le groupe ne pouvait sans doute guère aller plus loin, tant humainement qu'artistiquement. Dissensions et divergences de vue s'accumulent entre les quatre hommes. Les Beatles sortent finalement un dernier album en 1970, Abbey Road, et se séparent peu après.

Éclairage média

Par Stéphane Ollivier

Ce petit reportage sans prétention d'à peine deux minutes trente condense en une série d'images précieuses pour leur dimension documentaire toute la mythologie associée aux Beatles. Diffusé le 29 mars 1966 dans le cadre d'une émission régionale intitulée Merci d'être venu, il rend compte du passage des Beatles à Lyon le 23 juin 1965, depuis l'arrivée du groupe à l'aéroport jusqu'au concert le soir, au Palais d'hiver. Les forces de l'ordre maintenant derrière un cordon de sécurité la foule hystérique et une nuée de photographes ; les visages juvéniles sous les flashs crépitants ; la foule encore, se pressant devant la salle de concert ; l'arrivée du groupe de nuit en fourgon protégé par la police et puis, prises de très loin, ces images fugaces du concert, comme volées au temps qui passe – tout est là, monté « cut » sans effet de style, de ces quelques heures dans la vie d'un groupe – séquences immuables, mille fois répétées dans les innombrables villes traversées et entrées désormais dans l'imaginaire collectif et la légende du rock. Le caractère muet de ce petit film ne fait que renforcer encore cette sensation curieuse d'atemporalité et l'impression de fragilité qui émanent du document.

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