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Changement de pouvoir à Madagascar

Changement de pouvoir à Madagascar

Date de diffusion : 18 mars 2009

Après une crise politique opposant le président de la République de Madagascar, Marc Ravalomanana, et le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, la Haute Cour Constitutionnelle déclare la prise de pouvoir du second. Ce sont les militaires qui favorisent cette transition vue d'un mauvais œil par la communauté internationale.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
18 oct. 2011
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001290

Contexte historique

Par Victor Pereira

Depuis 2002, Marc Ravalomanana est président de la République de Madagascar. Son élection n'avait pas été pacifique. Crédité de 46% des voix aux élections présidentielles tenues en décembre 2001, soit 6 points de plus que le président sortant, Didier Ratsiraka, Ravalomanana conteste ce résultat, arguant avoir obtenu plus de 50% des suffrages. Un long imbroglio s'étend sur plusieurs mois, ponctué par des nouveaux décomptes des voix, des interventions de la Haute Cour Constitutionnelle, des accords secrets, des investitures illégales, des manifestations sur la place du 13 mai d'Antananarivo. Le dénouement a lieu le 6 mai 2002. Ravalomanana est finalement investi président de la République. Réélu en 2006, Ravalomanana voit toutefois son autorité contestée au début de l'année 2009. Les conditions de vie de la population restent très précaires. Alors qu'une grande partie de la population vit sous le seuil de la pauvreté, l'achat d'un coûteux avion présidentiel et ce qui apparaît comme des faveurs à des multinationales étrangères sont vivement critiqués. C'est le jeune maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, 34 ans, qui va incarner l'opposition à Ravalomanana. Ayant débuté sa carrière comme Disc-Jockey, puis devenant homme d'affaire, achetant notamment une radio et une télévision qu'il baptiste "Viva", Rajoelina est élu maire de la capitale en 2007. Il avait auparavant créé l'association « Tanora malaGasy Vonona” (Jeunes malgaches décidés). C'est pourquoi il est souvent appelé TGV.

Un conflit oppose Rajoelina au président de la République fin 2008. Ce dernier ordonne l'arrêt des émissions de Viva Tv car elle a diffusé un entretien de l'ancien président Didier Ratsiraka. Contestant cette décision, Rajoelina pose un ultimatum au gouvernement, exigeant la reprise des émissions de sa chaîne de télévision. Cet ultimatum expire le 13 janvier sans que le gouvernement ne cède. Rajoelina appelle alors la population à manifester place du 13 Mai. La situation se radicalise progressivement. Le 26 janvier, des émeutes éclatent et des pillages se multiplient dans la capitale. Plusieurs dizaines de personnes sont tuées. Rajoelina s'autoproclame alors en charge des affaires du pays le 31 janvier. Les affrontements continuent néanmoins jusqu'à ce qu'une partie des militaires se rebelle contre le président de la République et prenne le parti de Rajoelina. Le 16 mars, l'un des palais présidentiel est attaqué par des militaires. Le lendemain, Ravolamanana est assiégé par des militaires dans un autre de ses palais. Il est contraint de dissoudre son gouvernement et transfère le pouvoir à un directoire militaire. Cependant, dès le 17 mars, Rajoelina s'auto-proclame président de la Haute Autorité de la transition de la République de Madagascar. Le parlement, qui avait été démocratiquement élu, est suspendu. La Haute Cour Constitutionnelle confirme cette prise de pouvoir dès le 18 mars 2009.

Cette prise de pouvoir est considérée comme un coup d'Etat par une grande partie de l'opinion internationale, dont l'Union Européenne qui appelle à la tenue, dans un bref délai, d'élections. La situation ne se stabilise pas pour autant. Rajoelina doit négocier avec les partisans de Ravalomanana et de Ratsiraka. Si un accord est trouvé à Maputo en août 2009 et partage le pouvoir entre les différentes factions, Rajoelina le rompt dès décembre 2009. L'instabilité persiste et les élections tardent à avoir lieu.

Éclairage média

Par Victor Pereira

Les révolutions sont particulièrement difficiles à couvrir pour les médias. Ce sont des situations instables, dans lesquelles il est difficile de comprendre les événements parfois contradictoires qui se déroulent. Il est également difficile de prévoir ce qui va se passer, quel parti, quel individu va sortir gagnant. Ce reportage illustre cette difficulté. Comment saisir les événements qui se succèdent à grande vitesse ? Le reportage semble se placer à la fin d'un mouvement, un jeune président succédant à un président déchu, lâché par les militaires.

Toutefois, le reportage souligne la précarité de la situation. Le nouveau président, à l'allure frêle, est présenté comme jeune, inexpérimenté, promettant les mêmes choses que son prédécesseur. L'envoyé spécial ne semble pas avoir trouvé d'ardents défenseurs du nouveau président. La seule personne interrogée se limite à louer le changement pour le changement et ne semble pas soutenir chaudement Rajoelina. La manière dont sont filmées les scènes de liesse populaire ne permet pas de saisir l'ampleur de l'appui dont bénéficie Rajoelina. On peut en effet suspecter un appui limité car aucun plan depuis l'estrade, qui offrirait une vision globale de la foule, n'est offert. Et, in fine, l'envoyé spécial semble dubitatif vis-à-vis du nouveau président et de sa capacité à résoudre les vastes défis qui l'attendent. La République de Madagascar est en effet un des pays les plus pauvres du monde. Elle est classée 145ème (sur 182 pays) au classement établi par le Programme des Nations Unies pour le Développement, classement qui prend en compte le niveau de vie de la population, son espérance de vie et son niveau d'éducation.

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