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Le retour aux États-Unis des soldats américains envoyés en Irak

Le retour aux États-Unis des soldats américains envoyés en Irak

Date de diffusion : 22 août 2010

Des soldats américains qui ont servi en Irak font leur retour aux États-Unis en août 2010. Célébrés avec éclat par les autorités militaires américaines, ils sont accueillis par leurs familles sur la base de Fort Bliss, au Texas. En Irak, les troupes américaines remettent la base militaire de Kirkouk à l'armée irakienne.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
05 sept. 2011
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001315

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

C'est le 20 mars 2003 que les États-Unis avaient déclaré la guerre à l'Irak. L'opération « Liberté en Irak » débutait alors. Le 1er mai 2003, après une guerre éclair qui a entraîné la chute de Saddam Hussein, le président américain George W. Bush se permettait de célébrer la victoire américaine en proclamant la « mission accomplie ». La guerre en Irak ne faisait pourtant que commencer. Il fallut ainsi attendre plus de sept années pour que les États-Unis commencent à retirer leurs troupes d'Irak.

De 2003 à 2010, les Américains ont ainsi eu à faire face à une guérilla incessante menée par Al-Qaida et divers groupes radicaux sunnites. Les troupes américaines ont notamment été la cible de très nombreux attentats terroristes. Dans le même temps, en dépit de l'organisation des premières élections multipartites en Irak en janvier 2005, la guerre civile n'a cessé de couver entre les chiites, majoritaires (ils représentent 62 % de la population), et les sunnites. Malgré l'envoi de 30 000 soldats supplémentaires décidé par George W. Bush en janvier 2007 et un contingent américain porté à un niveau record de 170 000 hommes en octobre de la même année, les États-Unis ne parviennent pas à rétablir l'ordre dans le pays.

Extrêmement lourd, le bilan humain témoigne de l'échec américain en Irak. De 2003 à 2010, 4 700 soldats américains y ont en effet perdu la vie et 32 000 ont été blessés au combat. Dans le même temps, au moins 200 000 Irakiens ont été tués – certaines estimations portant même le nombre des victimes irakiennes à 600 000. En outre, le coût de la guerre en Irak s'est avéré très élevé pour les finances américaines : 737 milliards de dollars ont été dépensés pour ce seul conflit de 2003 à 2010, ceci alors que l'armée américaine se trouve également engagée en Afghanistan depuis 2001.

Candidat à l'élection présidentielle en 2008, Barack Obama avait promis pendant sa campagne de rapatrier les soldats américains d'Irak. Aussi, dès son accession à la présidence, le successeur de George W. Bush ordonne-t-il, en février 2009, le retrait des troupes de combat américaines d'Irak au 31 août 2010. 90 000 soldats américains quittent donc l'Irak entre février 2009 et août 2010. C'est ainsi que Barack Obama peut proclamer le 31 août 2010 la fin des combats en Irak : l'opération « Liberté pour l'Irak » s'achève plus de sept ans après avoir commencé alors que, selon les termes du président américain, « les États-Unis ont payé un prix énorme pour mettre le futur de l'Irak entre les mains de son peuple ». À partir du 31 août 2010 seuls 50 000 hommes sont maintenus dans le pays pour une période de seize mois. Ils sont officiellement chargés d'œuvrer à la transition militaire en poursuivant la formation de l'armée irakienne. Finalement, le 21 octobre 2011, Barack Obama annonce le départ des dernières troupes américaines encore présentes en Irak d'ici à la fin de l'année 2011.

Les troupes américaines quittent un pays qui est très loin d'être pacifié. L'Irak continue en effet d'être très régulièrement ensanglanté. Quelque 4 000 civils ont été tués en 2010 selon les autorités irakiennes. Le 15 août 2011, une série d'attentats simultanés dans 18 villes tuent encore 74 personnes. Attentats et assassinats visent plus particulièrement policiers et soldats, représentants du nouvel État irakien, et les chiites. Les chrétiens, qui constituent 3 % de la population, sont aussi pris pour cible. Le 31 octobre 2010, lors d'une prise d'otages dans la cathédrale de Bagdad revendiquée par Al-Qaida, 46 chrétiens ont ainsi été tués. Enfin, la situation de la jeune démocratie irakienne apparaît encore très instable. À la suite des élections de mars 2010, le pays s'est retrouvé sans gouvernement pendant neuf mois avant que le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki ne parvienne à former un gouvernement de coalition en décembre 2010.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Réalisé pour illustrer le départ des derniers contingents américains d'Irak prévu quelques jours après, ce sujet ne propose pas d'analyse des causes et des conséquences de ce rapatriement. Il n'offre pas non plus de rétrospective de la présence américaine en Irak depuis 2003. Composé de trois parties distinctes, il prend la forme d'un petit documentaire. Les journalistes ont choisi un traitement de proximité, sauf dans la dernière séquence, consacrée à la transmission de la base de Kirkouk de l'armée américaine à l'armée irakienne. La plupart des images, hormis donc celles de Kirkouk, ont ainsi été tournées sur la base texane de Fort Bliss, comme en témoigne le plateau en situation de Loïc de La Mornais, l'envoyé spécial de France 2.

Le sujet donne d'abord à voir le retour sur le sol américain d'une unité en provenance d'Irak. Puis il suit un soldat choisi parmi tous les autres, depuis ses retrouvailles avec sa famille sur la base militaire jusqu'à son retour chez lui. Dans les deux cas, et plus encore dans la focalisation faite sur le sergent Jason Stagner, il s'agit de rendre concret le retour des soldats américains et le soulagement de leurs familles après des mois de séparation.

Ce reportage met cependant surtout l'accent sur la minutieuse mise en scène du retour des soldats au pays organisée par l'armée américaine. De leurs premiers pas sur le sol américain jusqu'à leurs retrouvailles avec leurs familles, rien n'a été laissé au hasard par les autorités militaires pour célébrer ces soldats comme des héros. Et à travers eux, c'est l'US Army et son action en Irak qui se voient célébrées. La cérémonie organisée pour fêter le retour des soldats au pays prend la forme d'une propagande à la gloire des États-Unis et de leur armée. Dès leur descente d'avion, les soldats sont ainsi accueillis par la fanfare et d'autres soldats. Le processus de libération proprement dit fait même l'objet d'un véritable show. Un chauffeur de salle prépare les familles avant l'arrivée des soldats comme si elles se trouvaient sur le plateau d'une émission télévisée. Les images des soldats faisant leur entrée au milieu des fumigènes et avec des éclairages lasers sont également saisissantes : elles renforcent l'impression d'assister à un spectacle dont la chorégraphie a été réglée dans les moindres détails. Les scènes des familles applaudissant à l'approche de l'avion et de leurs retrouvailles avec les soldats participent elles aussi de l'orchestration de la cérémonie du retour des héros. L'US Army n'oublie personne dans sa mise en scène puisque même les enfants des soldats ont reçu leurs treillis.

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