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Rotterdam, premier port européen

Rotterdam, premier port européen

Date de diffusion : 23 mars 2008

Le port de Rotterdam est équipé de nombreuses installations automatiques pour le chargement et le débarquement des conteneurs. Très étendu, c'est le premier port d'Europe. C'est notamment un grand port pétrolier. Il est relié au marché européen par un réseau dense de transports dont une ligne ferroviaire réservée au fret. Une extension gagnée sur la mer doit lui permettre de s'agrandir encore.

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
23 sept. 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001365

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Rotterdam, aux Pays-Bas, est le plus grand port d'Europe devant Anvers (Belgique) et Hambourg (Allemagne). Il est en outre le quatrième port mondial derrière Shanghaï (Chine), Singapour (Singapour) et Tianjin (Chine). Jusqu'en 2004 le port néerlandais occupait même la première place. Mais la croissance fulgurante des ports asiatiques, et surtout chinois, portée par le boom économique de cette région, l'a depuis lors fait reculer dans la hiérarchie mondiale. Il a donc été dépassé en 2004 par Singapour et Shanghaï, ce dernier étant depuis 2005 le port qui assure le plus important trafic mondial.

Dans un contexte de hausse générale du trafic maritime, Rotterdam n'a toutefois cessé de connaître une croissance continue : le port néerlandais a traité 441,5 millions de tonnes de marchandises en 2012 contre 430 millions en 2010, 353 millions en 2004 et 291 millions en 1995. Il assure donc l'essentiel des importations et des exportations de l'Union européenne.

Le port de Rotterdam n'a cessé de s'étendre depuis le XVIIIe siècle et plus encore depuis la fin du XIXe siècle. Un vaste espace industriel de 40 km2 pris sur la mer du Nord, Maasvlakte, a ainsi été aménagé dans les années 1960 et 1970. Détenu aux trois quarts par la Ville et à un quart par l'État néerlandais, le port de Rotterdam doit cependant constamment être agrandi. Il fait en effet face à l'essor du commerce maritime et à la concurrence des ports asiatiques et de ses rivaux européens. En 2013, l'inauguration de Maasvlakte 2 a étendu sa surface portuaire de 20 %, la portant à 12 400 hectares. Gagné à nouveau sur la mer, ce terrain de 2 000 hectares permet à Rotterdam d'accueillir les plus grands navires, porte-conteneurs, pétroliers ou vraquiers géants, grâce à des bassins plus profonds et plus larges. La moitié de cette extension est dévolue à des industries.

Rotterdam est avant tout un port pétrolier. La moitié de ses importations sont en effet constituées par les « vracs liquides », c'est-à-dire le pétrole brut et d'autres produits pétroliers. Un imposant complexe pétrolier et pétrochimique est d'ailleurs installé dans la zone industrialo-portuaire de Rotterdam. Ce port est également un lieu privilégié d'importation et d'exportation des produits industriels transportés par conteneurs. Rotterdam occupe ainsi la dixième place mondiale pour le trafic de conteneurs. 125,5 millions de tonnes de marchandises transportées par conteneurs y ont été transbordées au cours de l'année 2012 contre 104 millions chez son principal concurrent européen, Anvers.

Situé à l'embouchure du Rhin et de la Meuse, Rotterdam bénéficie d'une position de carrefour sans équivalent en Europe. Il domine la façade maritime de la Northern Range. Celle-ci, s'étendant sur la Manche et la mer du Nord, du Havre jusqu'à Hambourg, constitue la deuxième façade maritime mondiale derrière celle de l'Asie orientale. Rotterdam constitue ainsi la porte d'entrée principale de l'Europe sur le monde.

Le port néerlandais domine un outre un vaste hinterland. Très urbanisé et industrialisé, cet arrière-pays s'organise essentiellement autour du Rhin : il couvre les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, l'Ouest de l'Allemagne, le Nord-Est de la France et la Suisse. Le port de Rotterdam est du reste très bien relié à cet hinterland par de grands axes de transports. Une ligne longue de 160 kilomètres réservée aux trains de marchandises a même été ouverte en 2007 pour relier Rotterdam au réseau ferré allemand. Plusieurs autoroutes permettent aussi le transport par camions. Le pétrole brut et les produits pétroliers raffinés empruntent quant à eux des oléoducs. Surtout, Rotterdam est extrêmement bien connecté à son hinterland par les voies navigables. Sa situation à l'embouchure du Rhin et de la Meuse facilite le transport des marchandises par les canaux et les fleuves.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé dans le journal télévisé de 20 heures de TF1 le 23 mars 2008, ce sujet est consacré au port néerlandais de Rotterdam. La décision de la rédaction de TF1 de réaliser ce reportage ne résulte pas d'une actualité liée au port néerlandais. Il répond en fait à une actualité française : le gouvernement de François Fillon est alors en train de préparer un projet de loi de réforme portuaire qui doit être présenté en Conseil des ministres un mois plus tard. Il suscite l'opposition des syndicats de dockers français en raison de la privatisation de la manutention qui est envisagée. Si la rédaction de TF1 a décidé de s'intéresser au port de Rotterdam, le plus grand d'Europe, c'est parce que le projet de loi a pour objectif de rendre les ports français plus compétitifs. Aussi s'agit-il de proposer aux téléspectateurs une comparaison entre Rotterdam et les plus grands ports français. La comparaison demeure toutefois implicite puisque le reportage est entièrement consacré à Rotterdam. À aucun moment le commentaire ne souffle ainsi mot de la situation des ports français, à commencer par celles de Marseille et du Havre.

Réalisé par une équipe d'envoyés spéciaux, ce reportage est de facture classique : il alterne les images factuelles filmées dans le port de Rotterdam avec des interviews. Il s'attache surtout à traiter du fonctionnement du premier port européen. Ce dernier est présenté principalement sous deux angles : sa modernisation et son envergure mondiale. La première séquence du sujet montre en effet un port presque entièrement automatisé. Ainsi que le souligne le commentaire qui les compare à un « décor de science-fiction », les hommes sont absents des opérations de transbordement des conteneurs. Celles-ci sont accomplies automatiquement par des grues et des véhicules. Les différents plans de docks automatisés visent à mettre en valeur la modernisation du port de Rotterdam. Le contraste avec les anciens canaux filmés dans le centre-ville n'en apparaît ensuite que plus saisissant.

Le sujet cherche également à présenter la dimension mondiale de ce port attestée par son extension. Plusieurs plans d'ensemble et vues aériennes révèlent ainsi un port aux dimensions gigantesques : des conteneurs et différentes infrastructures portuaires semblent s'étendre à perte de vue. Des plans filmés depuis une caméra embarquée à l'intérieur d'une voiture donnent du reste un bref aperçu de l'extension du port. Le sujet insiste également sur l'importance du trafic à Rotterdam en présentant des plans sur de grands entrepôts de fruits, des raffineries et de gigantesques pétroliers.

Enfin, l'équipe de TF1 montre que Rotterdam est un port d'envergure mondiale de par le réseau dense de transports qui le relie à son hinterland. Le reportage présente ainsi les différents moyens de transports – autoroutiers, ferroviaires et fluviaux – qui permettent aux marchandises de gagner les marchés européens. Le choix a été fait d'insister surtout sur les deux premiers moyens et notamment sur la ligne de fret ferroviaire spécialement construite pour relier Rotterdam à l'Allemagne.

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