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Le marché des croisières

Le marché des croisières

Date de diffusion : 28 déc. 2012

Les croisières sont une forme de tourisme en plein développement qui séduit une part croissante de la clientèle française. A partir de Marseille, porte ouverte sur la Méditerranée, les voyagistes proposent des circuits assez bon marché pour que ce type de séjour se démocratise.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
21 juin 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001373

Contexte historique

Par Claude Robinot

Le concept de croisière tel qu'on le connaît maintenant est assez récent, il date des années 1970. Auparavant, les grands navires armés pour le transport de passagers étaient des paquebots transocéaniques. Le développement de l'aviation civile et des vols longs courriers a porté un coup fatal à ce type de voyages ; l'échec du France construit en 1962 et abandonné sur un quai du Havre de 1974 à 1979, en est l'illustration (voir ce document). Le tourisme de croisière est apparu dans les Caraïbes, simultanément développé par un américain, Ted Harrison, et une compagnie norvégienne, la « Norvegian Carribean Lines » ou NCL. Leur succès tient à deux idées : organiser à partir de Miami un circuit d'île en île dans les Caraïbes et transformer le navire pour en faire un « fun ship ». La série télévisée La croisière s'amuse (The Love Boat en VO), diffusée de 1977 à 1986, popularisera ce genre de séjour. Le modèle s'exporte ensuite dans d'autres régions du monde : le Nord Arctique, la Méditerranée et plus récemment le Sud-Est asiatique.

De 1998 à 2012, le nombre de passagers est passé de 8 à 20 millions. Le bassin de la Caraïbe demeure la zone clé de l'industrie des croisières, plus de la moitié du chiffre d'affaire du secteur y est réalisée. Ce marché est concentré à 80 % entre les mains de trois sociétés dont la première, Carnival Group, possède une centaine de navires et contrôle des sociétés qui opèrent en Europe comme P&O ou Costa Croisières. La deuxième entreprise, Royal Carribean Cruises, adopte la même stratégie de groupe avec des filiales comme Celebrity Cruises et Croisières de France.

La concentration de cette industrie touristique s'explique par les lourds investissements exigés par l'armement des navires qu'il faut renouveler souvent. De plus, une course au gigantisme s'est engagée entre les compagnies. Elles possèdent toutes des paquebots de plus de 300 m de long, c'est-à-dire de la taille d'un porte-conteneurs, pouvant embarquer plus de 3500 passagers. Les chantiers STX (anciens chantiers de l'Atlantique) construisent pour le compte de la Royal Caribbean Cruises un navire d'une capacité de 6300 passagers et 2000 membres d'équipage. Il faut trois ans pour construire un bâtiment de cette taille. Le bassin Méditerranéen est le deuxième pôle d'activité pour les croisiéristes, 6 millions de passagers en 2012 sur un total mondial de 20. Il croît désormais plus rapidement que celui des Caraïbes et surtout la clientèle est plus jeune. L'offre de lits a triplé dans les Caraïbes entre 1990 à 2010 ; elle a été multipliée par 10 en Méditerranée.

En 2010, 172 navires de croisières sillonnaient la Méditerranée. A côté des géants comme ceux de Costa Croisièrse destinés au tourisme de masse (une semaine à bord revient à 600 € pour 2) il existe des navires de petite taille, moins de 100 places qui proposent des croisières de luxe comme ceux de la Compagnie du Ponant.

Les Français sont de plus en plus nombreux à faire du tourisme de croisière : 212 000 en 2003, environ 500 000 en 2012 sur un total d'environ 5 millions de clients européens. Les britanniques, les Allemands et les Italiens sont les plus nombreux.

L'attractivité du bassin méditerranéen s'explique par ses atouts propres, une grande diversité de paysages et de sites culturels. C'est la plus forte concentration de sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco. L'escale est la formule idéale pour la découverte de sites patrimoniaux et urbains. Barcelone est le port méditerranéen qui reçoit le plus grand nombre de croisiéristes (2 millions), un quai a été aménagé pour les accueillir. La cité catalane bénéficie d'un double mouvement : elle est point de départ de croisières et escale. Marseille n'arrive qu'au 14e rang. En revanche, Venise s'inquiète des 3500 passages annuels qui menacent la stabilité des fondations, surtout quand il s'agit de navires de plus de 60 mètres de haut. La seule incertitude qui plane sur ce marché est liée aux zones de conflit et à l'instabilité politique de la région.

Éclairage média

Par Claude Robinot

Ce sujet du journal télévisé de France 3 fait partie de la rubrique économie où précédemment avait été évoquée la construction des navires de croisière, qui sont l'activité principale des chantiers de Saint-Nazaire. Les images utilisées dans ce reportage n'ont aucune originalité, leur vertu est plus illustrative qu'informative. Les images ne sont là que pour servir de support aux infographies chiffrées et statistiques et illustrer le commentaire. Ce n'est pas à proprement parler un reportage mais un diaporama animé qui met en scène les chiffres. Les images servent aussi à illustrer les deux lieux de destination majeurs de cette activité : la mer des Caraïbes et la Méditerranée, dont on sous-entend que la première est destinée à la clientèle européenne et la seconde à la clientèle européenne et française. Les paquebots qui apparaissent à l'écran appartiennent tous à la MSC Mediterranean Shipping Company, une société basée en Suisse. Le tourisme de croisière est présenté sous deux angles : le premier montre le « luxe » et le tourisme de masse façon La croisière s'amuse  ; le second est économique et suggère que Marseille pourrait devenir une escale majeure des croisiéristes, comme le sont les ports espagnols et italiens. L'intérêt du sujet réside essentiellement dans les statistiques présentées.

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