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Les transports sans frontières Strasbourg-Offenbourg

Date de diffusion : 15 juin 2003

En 2003, la liaison ferroviaire entre Strasbourg et Offenbourg est renforcée pour satisfaire les échanges et les besoins de mobilité entre les deux agglomérations. Depuis, les liaisons et les projets n'ont pas cessé de progresser pour établir une circulation fluide entre les villes des deux rives du Rhin, associées dans un Eurodistrict transfrontalier.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
21 juin 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001425

Contexte historique

Par Claude Robinot

La coopération transfrontalière entre la France et l'Allemagne est ancienne ; le traité de Karlsruhe de 1996 permet à l'Alsace et au Bade-Wurtemberg de réaliser et de gérer des équipements communs et de coordonner leurs actions de développement. C'est une nécessité dans un espace ou la mobilité transfrontalière est intense. 36 000 Alsaciens franchissent quotidiennement le Rhin pour travailler en Allemagne. Jusqu'à une date récente, les habitants de l'agglomération de Strasbourg qui voulaient se rendre dans la ville voisine de Kehl utilisaient majoritairement l'automobile pour franchir le pont de l'Europe dans une circulation fortement congestionnée. Les transports en commun offraient deux autres possibilités : un bus qui relie les deux centres villes et une ligne ferroviaire régionale qui permet d'atteindre au-delà de Kehl d'autres villes allemandes. Pour une région qui englobe la Communauté urbaine de Strasbourg et l'Ortenau de Kehl-Offenbourg soit 800 000 habitants, il était indispensable de renforcer les liaisons. Dès 1999, à l'occasion de la révision du schéma directeur d'aménagement, les élus des collectivités territoriales françaises associent leurs homologues allemands à la réflexion. La concertation dure plusieurs années et débouche en 2003 sur un livre blanc qui consigne tous les projets à réaliser. Cette démarche est remarquable car elle s'accomplit en dehors de toute institution transfrontalière officielle. L'Eurodistrict qui rassemble la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) et l'Ortenau Kehl-Offenbourg se met en place entre 2003 et 2005. Un cas original où les réalisations ont précédé les organismes qui sont censés les impulser.

Le premier changement intervient en 2003, avec le renforcement de la liaison ferroviaire Strasbourg-Kehl-Offenbourg. L'initiative en revient à la région Alsace qui a été pionnière dans la gestion des TER. La ligne est modernisée ; une concertation est nécessaire entre la SNCF et l'Ortenau S-Bahn pour unifier la signalisation électrique et pour faire circuler les motrices allemandes Regio-Shuttle et le matériel français X73900. La fréquence double pour atteindre 22 liaisons quotidiennes. Il faut 5 minutes pour atteindre Kehl et une demi-heure pour atteindre la gare d'Offenbourg et ses correspondances avec d'autres réseaux. Dans Strasbourg, l'arrêt de Krimmeri est un pôle multimodal important car il est relié au Tram qui dessert la CUS. L'axe ferroviaire demeure stratégique dans l'objectif de connecter le TGV Est au réseau allemand à grande vitesse ICE.

L'Eurodistrict a d'autres ambitions pour renforcer la mobilité urbaine dans une perspective associant la multimodalité et le développement durable. Un Europass unifie la tarification des transports et permet de circuler sur l'ensemble du réseau. Le franchissement du Rhin pour soulager le pont de l'Europe est aune priorité, le pont Pflimlin relie les rives au sud de l'agglomération. Au centre, une passerelle accessible aux piétions et aux cyclistes a été aménagée dans le cadre du jardin des deux rives, espace de loisir et de promenade. Le projet le plus ambitieux est sans conteste de prolonger la ligne D du tramway à l'ouest et à l'est. Elle rejoindra Kehl par un pont totalement multimodal qui, en plus du tram en site propre, permet la circulation des piétons et des cyclistes. Chaque arrêt est organisé comme un pôle d'échange entre tous les modes de transport y compris la voiture individuelle. Le financement est assuré pour une moitié par le FEDER (Fonds européen de développement régional).

Éclairage média

Par Claude Robinot

Ce sujet du journal Alsace soir de France 3 présente l'inauguration de la desserte renforcée de la liaison Strasbourg Offenbourg. Les images sont assez conventionnelles ; elles sont représentatives du style institutionnel qui donne la parole aux élus et aux personnalités compétentes. Le rôle principal est donné à Adrien Zeller, le président de la région Alsace, principal décideur et financier du projet puisque les TER sont gérés à ce niveau de compétence. La région Alsace s'était d'ailleurs portée volontaire pour la gestion des trains régionaux bien avant que ce soit la règle pour l'ensemble des régions. A la fin du reportage, la prise de parole est assurée par Klaus Brodbeck, le Landrat de l'Ortenaukreis, c'est-à-dire de la portion du land de Bade-Wurtemberg qui fait face à Strasbourg. C'est en quelque sorte le correspondant d'Adrien Zeller. Sur le quai en gare de Strasbourg, les officiels sont accueillis par Fabienne Keller, la maire de la ville. Bien qu'ils soient du même camp politique, Adrien Zeller fait une petite remarque ironique sur le retard de l'Eurodistrict. En effet la mise en place de cette région transfrontalière entre la Communauté urbaine de Strasbourg et l'Ortenau de Kehl-Offenbourg est laborieuse. Il faudra une relance au niveau intergouvernemental pour qu'elle voie le jour en 2005. Les images choisies par le monteur montrent en quelques plans les nouveautés de ce train à rames cadencées, le matériel français comme le matériel allemand pouvant parcourir le réseau par l'unification des signalisations électriques ; le franchissement du pont ferroviaire du Rhin laisse apercevoir les travaux qui modifient l'aspect des rives. Enfin, au-delà d'Offenbourg, c'est tout le Bade-Wurtemberg qui est desservi par le train.

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