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Le Général De Gaulle s'adresse à la jeunesse allemande à Ludwigsburg   

Date de diffusion : 09 sept. 1962

Dans le cadre d'un voyage officiel, en présence du président de la République Fédérale d'Allemagne, le général de Gaulle s'adresse en allemand à la jeunesse rassemblée sur une place de Ludwigsburg près de Stuttgart. Ce discours est une étape importante du rapprochement franco-allemand.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
21 juin 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001430

Contexte historique

Par Claude Robinot

Depuis son retour au pouvoir en 1958, le général de Gaulle n'a pas cessé de travailler au rapprochement franco-allemand. Il noue des liens personnels avec le chancelier Adenauer qu'il reçoit à Colombey-les deux-Eglises en septembre 1958. Deux mois plus tard, c'est le chancelier qui accueille le président français dans la petite ville de Bad-Kreuznach. Les années suivantes, les relations se poursuivent à raison de deux rencontres officielles par an. A chaque occasion, De Gaulle précise sa position. Il considère la réunification de l'Allemagne comme naturelle, il apporte son soutien dans la crise de Berlin. En 1962, après l'échec du plan Fouchet qui proposait de réorganiser la CEE pour en faire un pôle entre les Etats-Unis et l'URSS, le général est persuadé que l'Europe ne peut se construire qu'autour d'un axe franco-allemand dont la puissance sera suffisante pour entraîner les autres. Le rythme des rencontres s'accélère avec comme objectif un rapprochement franco-allemand. Du 2 au 8 juillet, le chancelier Adenauer visite la France, un succès populaire qui se termine par une cérémonie commune à la cathédrale de Reims, lieu symbolique pour une réconciliation. De Gaulle répond à cette visite du 4 au 9 septembre 1962. A son arrivée à Bonn, il proclame : «  la vague de l'amitié [...] se lève et [...] déferle dans les esprits et dans les cœurs ». Il parcourt ensuite la république fédérale de Hambourg à Munich, à la rencontre du peuple allemand. Il se rend à Cologne, ville dont Adenauer fut le maire, A Duisbourg, il s'adresse aux ouvriers de l'usine Thyssen, à Hambourg il fait un discours devant les officiers de la Bundeswehr, lui qui fut dix ans plus tôt un farouche opposant au réarmement allemand. Enfin, le 9 septembre, il termine par le discours à la jeunesse, en allemand, dans la cour du château de Ludwigsburg près de Stuttgart. De Gaulle s'était déjà adressé à la jeunesse sur les mêmes sujets, à l'université de Strasbourg en 1959. A Ludwigsburg, il ajoute une dimension populaire et enthousiaste qui est aussi un message adressé aux jeunes français. Comme souvent il révèle avec éloquence ses intentions. Puisque les Français et les Allemands ont les mêmes intérêts et la même vision de l'avenir, la tâche des gouvernements est d'organiser la solidarité, celle de la jeunesse est de la faire vivre.

Éclairage média

Par Claude Robinot

En 1962, la RTF ne diffuse que sur une seule chaîne. Le journal télévisé du soir rend compte jour après jour du voyage officiel du général de Gaulle en RFA. A l'issue de ce voyage, un récapitulatif de toutes les étapes est présenté aux téléspectateurs le 12 septembre 1962 et qualifié par le commentateur de voyage historique. Dans l'organisation générale du voyage qui avait commencé par Bonn, le discours à la jeunesse intervient comme le final d'un périple où le président français est allé à la rencontre des Allemands. Partout on a vu les mêmes images du général s'adressant au public, allant serrer des mains au milieu de la foule. Un rituel que les Français connaissent bien mais qui est plus surprenant de l'autre côté du Rhin. Tous les reportages insistent sur la chaleur de l'accueil : des plans larges montrent la présence d'une foule nombreuse, des plans plus rapprochés montrent les pancartes rédigées en allemand et en français, certaines avec humour détournent des formules connues comme ce « De Gaulle nach Berlin ». Le discours de Ludwigsburg est émaillé de plan de coupe où l'on montre la jeunesse allemande convoquée pour l'occasion, souriante, bien habillée, écoutant avec attention ce surprenant discours qu'ils applaudissent chaleureusement. Comme à son habitude, le général s'adresse au public sans notes, dans leur langue. De Gaulle lisait et comprenait l'allemand qu'il avait appris dans ses études. Moins à l'aise dans la conversation, son discours avait été écrit et appris par cœur, comme souvent chez lui. Le film est un extrait de la retransmission directe de l'événement. Le commentaire en studio n'a pas été conservé. En revanche, on entend le son d'ambiance et la traduction simultanée de l'interprète. La caméra est assez proche pour que l'on distingue les mines étonnées et satisfaites du président Lübke, de son épouse et d'Yvonne De Gaulle. En arrière-plan de la tribune, on aperçoit Adenauer et le président du Land de Bade-Wurtemberg, Kurt Georg Kiesinger qui devint chancelier en 1966, malgré la révélation de son passé nazi.

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