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Santé et développement dans les pays du Sud

Date de diffusion : 21 déc. 2001

Un rapport de l'Organisation mondiale de la santé est remis au ministre de la Santé français Bernard Kouchner. Il montre que des investissements supplémentaires dans une politique de santé favoriseraient le développement des pays pauvres. La directrice générale de l'OMC Gro Harlem Brundtland et l'économiste Jeffrey Sachs exposent les conclusions du rapport.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
25 nov. 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001437

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Les conditions sanitaires de la population mondiale se sont beaucoup améliorées depuis le début du XXe siècle. Cette amélioration est en grande partie due aux progrès considérables de la médecine. L'espérance de vie a ainsi beaucoup augmenté : en 2012 l'espérance de vie moyenne mondiale à la naissance était de 70,1 ans selon l'Organisation des Nations unies (ONU), alors qu'elle n'atteignait que 47 ans en 1950. De même, le taux de mortalité infantile a fortement reculé à l'échelle de la planète : il était de 42 pour 1 000 enfants âgés de moins de 5 ans en 2012 contre 135 pour 1 000 en 1950.

De très importantes inégalités devant la santé persistent cependant entre les pays du Nord et les pays du Sud. L'inégalité demeure d'abord criante pour l'espérance de vie à la naissance. Elle est ainsi faible dans les pays les moins avancés (PMA). Elle n'est par exemple que de 49,5 ans en Afrique subsaharienne contre 80,2 ans en Europe du Nord. Un enfant né au Mali peut espérer vivre 51,9 ans contre 83,6 ans pour un Japonais ou 81,7 ans pour un Français.

Les inégalités devant la mortalité infantile demeurent également encore très fortes. Malgré une nette diminution, le taux de mortalité infantile reste élevé dans les pays du Sud : selon l'ONU elle est de 174 pour 1 000 au Sierra Leone, de 176 pour 1 000 au Burkina Faso, de 178 au Mali pour 1 000 ou de 165 pour 1 000 en Haïti. À l'inverse, la mortalité infantile est très faible dans les pays développés : entre 3 et 8 enfants sur 1 000 n'y atteignent pas l'âge de cinq ans. La mortalité infantile est notamment de 3 pour 1 000 en Norvège ou en Finlande, de 4 pour 1 000 en France ou en Allemagne et de 8 pour 1 000 aux États-Unis.

Ces inégalités devant la santé reflètent les inégalités de développement. Les pays riches disposent ainsi d'infrastructures de santé nombreuses et modernes. Ils consacrent en effet une part importante de leur produit intérieur brut (PIB) au service de la santé. Selon la Banque mondiale en 2012 les dépenses de santé représentaient 9,7 % du PIB du Danemark, 9,5 % de celui des États-Unis, 9,3 % de celui de la France et 9 % de celui de l'Allemagne.

À l'inverse, faute d'argent, les pays pauvres ne consacrent qu'une infime part de leur PIB aux dépenses de santé. Celles-ci ne représentaient ainsi en 2012 que 2,3 % du PIB du Mali, 1,3 % de celui de l'Érythrée, 1,1 % de celui du Tchad, 0,9 % de celui de l'Afghanistan et 0,6 % de celui de la Guinée. Aussi les infrastructures de santé des pays les moins avancés s'avèrent-elles très insuffisantes : ces pays manquent de personnel médical, d'hôpitaux et de médicaments. De la sorte, les maladies telles que le paludisme, le sida ou la tuberculose se trouvent aggravées par un encadrement sanitaire défaillant et l'absence d'une réelle politique de prévention. 90 % des cas de paludisme dans le monde sont par exemple recensés en Afrique, alors que cette maladie infectieuse a totalement disparu des pays développés. De même, près de 70 % des décès dus au sida en 2011 sont survenus en Afrique subsaharienne.

En outre, l'état sanitaire de la population des pays du Sud est accentué par la pauvreté. La malnutrition et les fréquentes pénuries alimentaires rendent ces habitants plus vulnérables à la maladie. L'insalubrité et l'accès difficile à l'eau potable affaiblissent également leurs organismes.

Cette vulnérabilité sanitaire freine le développement de ces pays. Les inégalités de santé sont donc bien liées aux inégalités économiques. L'Organisation mondiale de la santé, les gouvernements et les ONG (organisations non gouvernementales) luttent ainsi pour la réduction de la pauvreté afin d'améliorer l'état de santé des populations des pays du Sud. Parmi les huit Objectifs du Millénaire pour le développement adoptés en 2000 par les États membres de l'ONU figuraient notamment la réduction de l'extrême pauvreté et de la faim mais aussi celle de la mortalité infantile, l'amélioration de la santé des mères et la lutte contre les maladies.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé au cours du journal télévisé de 13 heures de France 2 le 21 décembre 2001, ce sujet est consacré à la publication d'un rapport de l'Organisation mondiale de la santé sur les liens entre santé et développement économique. Il a été réalisé par Jean-Daniel Flaysakier, journaliste et médecin spécialiste des questions de santé à la rédaction de France 2.

Ce sujet s'ouvre sur des images institutionnelles : le rapport de l'Organisation mondiale de la Santé est officiellement remis au ministre français de la Santé Bernard Kouchner. Toutefois, le reportage ne se contente pas de rendre compte de cette remise officielle du rapport. Il s'attache surtout à mettre en valeur ses principales conclusions. Afin de rendre leur présentation moins aride, le sujet alterne les images d'illustration, les infographies et les interviews.

Plusieurs infographies sont ainsi insérées dans le sujet. Créées par ordinateur, elles ont ici pour but d'illustrer le rapport de l'Organisation mondiale de la santé. Ce procédé est généralement utilisé par les journalistes dans un souci didactique : il s'agit de présenter aux téléspectateurs des données chiffrées ou des points essentiels. Dans le cas présent, les infographies permettent de mettre en valeur les inégalités sanitaires entre pays du Nord et pays du Sud.

Le reportage propose en outre deux interviews, celle de la directrice générale norvégienne de l'OMC Gro Harlem Brundtland et celle de l'économiste américain Jeffrey Sachs. Elles visent également à éclairer la conclusion principale du rapport, à savoir que l'investissement sanitaire favorise le développement économique, social et politique d'un pays. L'équipe de France 2 ne donne donc la parole qu'à des acteurs institutionnels et non à des habitants des pays pauvres. Ceux-ci n'apparaissent à l'écran que dans des images d'archives tournées au sein de structures sanitaires en Afrique noire. Ces plans ne servent qu'à illustrer le commentaire du journaliste. Aucune précision n'est donnée sur le pays où ils ont été filmés ni sur la date de leur tournage.

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