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Les transformations du quartier des Halles à Paris

Les transformations du quartier des Halles à Paris

Date de diffusion : 03 janv. 2011

À l'occasion de l'exposition, en 2011, du projet de réaménagement du quartier des Halles, à Paris, ce reportage retrace l'histoire de ses aménagements successifs depuis le XIXe siècle. Des pavillons Baltard à l'échec urbanistique du centre commercial des Halles, il défend le nouveau projet prévu pour réconcilier les habitants avec les Halles.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
26 nov. 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001524

Contexte historique

Par Alexandre Boza

Le quartier des Halles dans le centre de Paris est un condensé des difficultés à aménager un espace moderne et dynamique au cœur d'une ville.

Les transformations des années 1970 devaient faire entrer le cœur de Paris dans la modernité. Les Halles sont rasées et les commerçants transférés dans le cadre du « déménagement du siècle » décidé en 1960 vers le Marché d'intérêt national (MIN) ouvert à Rungis et les halles de la Villette. La majorité des constructions de Baltard est détruite, mais leur classement au patrimoine conduit au démontage d'un des pavillons, ensuite transporté et remonté à Nogent-sur-Marne. L'église Saint-Eustache, la Bourse de commerce et la fontaine des Innocents sont préservés par les travaux.

Sur l'emplacement des Halles est décidée la création d'une « ville souterraine » ; le « trou des Halles » permet la construction d'une interconnexion de transports à 20 mètres sous la surface. Les pouvoirs publics ne souhaitent pas faire des Halles une gare et il est décidé d'aménager le sol en jardin, le sous-sol devant être dévolu à des équipements de commerces, de loisirs et de culture. La galerie commerciale du Forum des Halles, dont les pavillons Willerval sont la partie visible, est conçue par les architectes Claude Vasconi et Georges Pencreac'h. Elle est inaugurée en 1979 par le maire de Paris, Jacques Chirac.

Le reste du quartier connaît également de profonds changements. Le Centre Georges-Pompidou, dont le projet est validé en 1969, est inauguré en 1977. L'architecture de Renzo Piano et Richard Rogers contraste brutalement avec le style haussmannien du quartier. Elle est encensée ou détestée. En marge du Centre et de la Piazza Beaubourg, le quartier de l'Horloge, ancien îlot insalubre, est reconstruit par l'architecte Jean-Claude Bernard pour retrouver le bâti médiéval tout en le repensant dans l'époque contemporaine.

Le Forum des Halles attire sur lui de nombreuses critiques (insécurité, vieillissement et étroitesse des lieux) et, en 2004, la mairie de Paris organise un concours pour son réaménagement. Quatre équipes sont choisies pour proposer des projets de réhabilitation et le projet de David Mangin est retenu. Il propose l'idée d'un grand puit de lumière pour ouvrir la gare vers l'extérieur, des vitres et des percements pour plus de transparence. Le projet est abandonné sur la pression des riverains au profit de la canopée, en référence à la couverture végétale au contact du soleil. Patrick Berger et Jacques Anziutti remportent en 2007 le second concours spécifique pour leur projet de couverture. Il s'agit d'une structure de verre et d'acier de 14 mètres de haut qui, à partir de 2014, abrite des installations culturelles (conservatoire, bibliothèque) et un jardin. Le centre commercial réaménagé restera cantonné au sous-sol.

Éclairage média

Par Alexandre Boza

C'est un reportage sévère à l'encontre du quartier des Halles qui est proposé. Élise Lucet, la présentatrice, donne d'emblée le ton : Les Parisiens ne se sont jamais vraiment faits au quartier des Halles. [...] Ils préféreront sûrement le nouveau projet qui a été retenu : un toit écolo géant va recouvrir l'actuel centre commercial. Très clairement, l'ancien projet est rejeté au profit du nouveau.

L'occasion d'un bilan est offert par l'exposition de la maquette de la « canopée » au pavillon de l'Arsenal, à Paris. Le reportage intègre de nombreuses vues en image de synthèse pour donner du volume et du réalisme au projet. Le numérique modifie la perception que les gens se font de l'espace et que la maquette seule ne suffit pas à restituer.

Pour huit cents millions d'euros, c'est un jardin ouvert, une structure dorée en équilibre imaginée par l'architecte Patrick Berger. Un puits de lumière vers le centre commercial et la gare RER [Réseau express régional]. Dominique Alba, directrice générale du pavillon de l'Arsenal, rappelle que le projet de canopée de Patrick Berger a remporté un concours. Sa légèreté, comme un voile en surplomb des Halles, lui vaut son surnom qui doit être mis au service on l'espère d'un mieux-être et d'un mieux vivre pour l'ensemble des usagers de la métropole.

Le contraste avec l'actuel bâtiment des Halles, qui voit transiter chaque jour 750 000 visiteurs, est saisissant. Le commentaire est très dépréciatif, signalant l'inconfort et la saleté des lieux qui, pourtant, accueillent de nombreux touristes. L'image de marque de la ville est altérée par la médiocrité de son centre.

Le reportage retrace rapidement l'histoire du quartier des Halles depuis le milieu du XXe siècle. C'est alors le lieu où viennent s'approvisionner les différents marchés de la capitale. Le bâtiment de verre, de fer et de fonte est innovant ; il devient ensuite typique de l'architecture industrielle de la seconde moitié du XIXe siècle. Conçu entre 1854 et 1870 par l'architecte français Victor Baltard, architecte en chef des travaux de Paris, le bâtiment composé de pavillons est un bijou de l'architecture.

Les pavillons Baltard sont rasés en 1971, « massacrés » selon le commentaire, pour faire place au « trou des Halles » en 1972. L'image est peu flatteuse et les bâtiments en forme de parapluie qui viennent le combler sont « controversés ». La fonction commerciale demeure, mais s'adapte aux Trente Glorieuses. Le lieu devient un centre commercial en sous-sol et un nœud de transport pour l'agglomération parisienne à la jonction de plusieurs lignes de RER et de métro.

Mais « le tout vieillit prématurément » et 18 000 curieux viennent au pavillon de l'Arsenal découvrir le nouveau projet qui doit les réconcilier avec le quartier des Halles. Car, pour l'un d'eux, aller aux Halles c'est plutôt une galère, circuler à l'intérieur, donc le projet est plus aéré. Ça permet d'avoir des accès améliorés. L'enjeu est important pour une capitale qui se targue d'être la plus belle ville du monde et doit penser son paysage urbain pour s'ancrer aussi dans la modernité.

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