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Peter Brook met en scène le Mahâbhârata au festival d'Avignon

Date de diffusion : 07 juil. 1985

Reportage sur la création du Mahâbhârata par Peter Brook lors du 39e Festival d'Avignon en 1985.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
18 févr. 2014
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001556

Contexte historique

Par Alexandra Von Bomhard

Né à Londres en 1925, Peter Brook est metteur en scène, acteur, réalisateur et écrivain. Il s'adonne très tôt au théâtre (à 5 ans, il adapte Hamlet en marionnettes), et se passionne pour Shakespeare, dont il crée de nombreuses pièces (La Tempête, Mesure pour mesure...), notamment des oeuvres méconnues. Il ne néglige pas pour autant les auteurs contemporains (Sartre, Genet, Weiss...) et se consacre également au cinéma (Sa majesté des mouches, 1963). En 1966, il monte US (qui peut signifier «nous» ou «Les Etats-Unis»), pièce engagée contre l'intervention américaine au Vietnam. Il fonde ensuite le CIRT (Centre International de Recherche Théâtrale), où viennent travailler des acteurs issus de différents pays, et s'installe aux Bouffes du Nord. La dimension internationale de sa pratique est pour lui fondamentale. Brook et sa compagnie voyagent, en Iran, en Afrique, en Inde, cherchant à capter, de la diversité des cultures côtoyées, quelque chose de l'universel théâtral.

C'est dans la lignée de cette recherche qu'il monte, en 1985, après 10 ans de maturation, le Mahâbhârata, lors du 39e festival d'Avignon. Ce spectacle, dont Jean-Claude Carrière a réalisé l'adaptation, est issu d'un grand poème hindou. Créé pour 25 comédiens de 16 nationalités différentes, il est avant tout l'histoire d'un conflit fratricide. Cette épopée narre la guerre qui déchire les Bhârata, opposant les Kauravas aux Pândavas. Selon Brook, la question de la destruction et de la survie rend cette oeuvre douloureusement actuelle. Afin de dégager cette création de toute référence à l'Occident et à sa mémoire, profondément ancrées dans la ville du festival, il était nécessaire pour le metteur en scène de trouver un espace inédit. C'est pourquoi le Mahâbhârata est représenté à la Carrière Boulbon, un lieu alors méconnu, situé à une quinzaine de kilomètres d'Avignon (c'est aujourd'hui un endroit consacré du festival IN). Cet espace naturel est particulièrement propice à «une oeuvre qui sort de la terre» (Peter Brook).

Éclairage média

Par Alexandra Von Bomhard

La voix de la journaliste France Roche introduit le reportage, diffusé dans le 20 heures du 7 juillet 1985 sur Antenne 2. Comme souvent, l'art est abordé dans le JT dans sa dimension événementielle. Le document met en avant tout ce que la création de Brook a d'inédit (la longueur de la représentation - 9 heures -, le lieu inconnu, le multiculturalisme). Il s'agit d'informer sur le spectacle et d'en faire la promotion, non d'en proposer une analyse. Les paroles de Peter Brook répondent également au souci de rendre cette oeuvre accessible (la comparaison avec la bande dessinée pour un poème épique en sanskrit de 18 volumes est à cet égard éloquente), mais soulignent également l'exigence d'une oeuvre située « entre la Bible et Shakespeare». L'intervention de Chloé Obolensky, directrice artistique et costumière du spectacle, se centre sur les difficultés matérielles de la création, liées au choix du lieu de la Carrière Boulbon. Les extraits de répétition insérés dans le reportage montrent bien la teneur du spectacle.

Alors qu'en 1979, Peter Brook qui se rendait au Festival d'Avignon pour la première fois, refusait qu'une équipe de télévision capte des extraits de son spectacle La Conférence des oiseaux, pour ne pas dénaturer sa création, il accepte, quelques années plus tard, que soient diffusées des images de répétition. Celles-ci donnent à voir et à entendre le travail à l'oeuvre et sont symptomatiques de son univers. Les vues de la carrière plongent le téléspectateur dans un espace naturel et élémentaire (il y a l'eau, la terre, la roche), qui rappelle combien «l'espace vide» est, pour Peter Brook, nécessaire à l'éveil de l'imaginaire. Les percussions japonaises sont un signe de l'intérêt que l'artiste accorde à la musique, tandis que les extraits de jeu sont révélateurs du fort engagement physique des comédiens.

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