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Analyse d'empreintes génétiques dans une enquête policière

Date de diffusion : 02 juin 2012

Nous suivons le commandant Frédéric Brard, chef laboratoire de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN), lors des étapes de l'identification d'un suspect dans une affaire criminelle en utilisant la technique des empreintes génétiques.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
01 oct. 2014
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001649

Contexte historique

Par Fatima RahmounProfesseure de physique-chimie de l'académie de Paris ) et

Par Sophie EdouardProfesseure de physique-chimie de l'académie de Paris )

Par une loi du 31 août 1832, la France abolit le marquage au fer rouge des condamnés, une mutilation humiliante et dégradante utilisée depuis fort longtemps. Des techniques vont être développées par la police pour tenter d'identifier les récidivistes par d'autres moyens mais sans grands succès dans un premier temps.

A cette époque, on utilise des experts scientifiques privés pour faire avancer les enquêtes (armuriers, médecins ou chimistes). En 1878, le laboratoire central de la Préfecture de Police de Paris est créé. En 1881, la première salle d'autopsie de Paris est inaugurée.

En 1882, Alphonse Bertillon révolutionne le système de signalement et de classement en créant le « signalement anthropométrique ». Neuf mesures de l'ossature vont être réalisées et consignées dans le fichier du condamné ainsi que la couleur de l'iris gauche. En 1888, on ajoute au dossier des clichés photographiques standardisés.

En 1896, grâce aux différents travaux de Henry Faulds, Sir Francis Galton, Jean Vucetich et Edward Henry, on ajoute les empreintes digitales (uniques pour chaque être humain) de la main droite des condamnés dans le signalement anthropométrique. En 1901, Landsteiner découvre un « marqueur génétique » : le groupe sanguin.

En 1910, Edmond Locard crée le premier laboratoire de police scientifique français.

En 1943, on institue au niveau national, pour la première fois, un « service de police technique relevant de la direction générale de la police nationale chargé de rechercher et d'utiliser les méthodes scientifiques propres à l'identification des délinquants ».

L'ADN, acide désoxyribonucléique, est la molécule support universel de l'information génétique.

En 1953, James Watson et Francis Crick poursuivent les travaux d'Oswald Avery et proposent un modèle pour la molécule : deux chaînes, enroulées en hélice autour du même axe. Chaque chaîne est constituée d'une suite (ou séquence) de plus petites molécules appelées nucléotides. Il existe quatre nucléotides : adénine (A), thymine (T), cytosine (C) et guanine (G). Ces nucléotides sont associés par paires complémentaires (A et T, C et G). Les deux chaînes de l'ADN sont reliées entre elles par des liaisons entre nucléotides.

On estime que l'ensemble de l'ADN d'un être humain est constitué d'environ 3 milliards de paires de nucléotides. En 1985, grâce aux travaux de Alec Jeffreys, on découvre que chaque être humain a une séquence ADN propre (à l'exception des vrais jumeaux) et qu'il est possible d'observer les variations d'un individu à l'autre. En 1986, le concept “d'empreinte génétique” est né.

L'IRCGN est créé en 1990 et l'Institut National de Police Scientifique (INPS) en 2001.

Dans les années 2000, les méthodes d'analyse sont automatisées et un fichier des empreintes génétiques des condamnés est créé.

Éclairage média

Par Fatima RahmounProfesseure de physique-chimie de l'académie de Paris ) et

Par Sophie EdouardProfesseure de physique-chimie de l'académie de Paris )

Le reportage s'ouvre sur la silhouette d'un gendarme. La caméra le suit. Pendant tout le reportage, la musique est très dramatique et crée une sorte de tension pour le téléspectateur. On souhaite nous plonger dans une des fameuses séries policières. A quelques différences près car il s'agit ici de la réalité et non d'une fiction.

De belles images du laboratoire sont présentées. On est impressionné par le matériel. On apprend que même de l'ADN dégradé peut maintenant être analysé et utilisé dans les enquêtes policières. Certaines affaires non classées arriveront donc peut-être à être finalisées grâce aux apports de la génétique même si le commentaire rappelle que les échantillons restant dans les dossiers ont malheureusement été pas mal pollués au fil des années. Des représentations de la molécule d'ADN sont alors présentées.

Puis, nous apprenons que nous allons aller dans le laboratoire d'analyse où nous ne sommes pas censés entrer. Nous nous retrouvons derrière la caméra avec les photographies prises lors de la désinfection du matériel des journalistes avant d'entrer dans la salle. Nous assistons au prélèvement de l'empreinte génétique de la journaliste et à son habillage. C'est une sorte de mise en abyme. On est loin des séries télévisées à ce moment-là. Les combinaisons ne laissent entrevoir que les yeux des techniciens et des journalistes. Nous pénétrons enfin dans le laboratoire d'analyse après passage dans un sas, l'endroit apparaît aussi bien protégé qu'un coffre-fort de banque. Rien n'est laissé au hasard. L'enjeu est grand. Pour que l'analyse se fasse dans les meilleures conditions possibles, rien ne doit polluer les échantillons des scènes de crime.

Il faut huit heures de travail pour l'identification de l'ADN contenu dans la goutte de sang. On est encore ici très loin des « records » des séries télévisées où chaque analyse semble prendre tout au plus quelques minutes.

On apprend qu'un autre département va analyser le papier. Il y a donc une collaboration des services qui semblent tous très spécialisés. L'échantillon étant amené à passer entre plusieurs techniciens, les précautions semblent encore plus nécessaires.

Nous sortons du laboratoire d'analyse pour nous retrouver dans un bureau où on nous présente l'empreinte génétique obtenue sous forme d'un graphique. On est plus habitué à la représentation sous forme de « code-barres » mais la façon dont le gendarme tient les graphiques nous permet de mieux faire la correspondance entre les deux représentations.

Nous nous retrouvons alors au service de police technique et scientifique d'Ecully. L'image passe au noir et blanc et nous donne l'impression de voyager dans le passé à travers le fichier des empreintes génétiques.

La conclusion du reportage est, elle aussi, dramatique. On y apprend que l'ADN contenu dans la tache de sang ne sera identifié que si l'individu est déjà dans le fichier des empreintes génétiques. Malgré toutes ces avancées génétiques, l'enquête ne sera donc peut-être pas terminée... mais les récidivistes peuvent être clairement identifiés.

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