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La gauche majoritaire au Sénat pour la première fois sous la Ve République

La gauche majoritaire au Sénat pour la première fois sous la Ve République

Date de diffusion : 26 sept. 2011

Le 25 septembre 2011, la gauche remporte les élections sénatoriales et devient pour la première fois majoritaire au Sénat sous la Ve République. Le président du groupe sénatorial socialiste Jean-Pierre Bel et le président UMP du Sénat Gérard Larcher prononcent chacun un discours. Charles Pasqua, Martine Aubry et François Hollande s'expriment aussi à propos de ce résultat historique.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
28 oct. 2014
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001660

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Depuis la naissance de la Ve République, le Sénat paraissait immuablement ancré à droite. Chargé selon l'article 24 de la Constitution d'assurer « la représentation des collectivités territoriales de la République », il n'avait jamais connu l'alternance entre 1958 et 2011. Alors que la gauche était parvenue à remporter la majorité à l'Assemblée nationale en 1981, 1988 et 1997, jamais elle n'avait pu conquérir le Palais du Luxembourg. Dans un entretien paru dans le journal Le Monde le 21 avril 1998, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin avait même dénoncé l'« anomalie parmi les démocraties » que constituait à ses yeux cette seconde chambre.

Le mode d'élection des sénateurs est en grande partie responsable de cette situation : il privilégie la France rurale, qui vote traditionnellement à droite, tandis que les zones urbaines penchent davantage à gauche. En effet, les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par un collège de grands électeurs, constitué principalement par des conseillers municipaux mais aussi par des députés, conseillers généraux et conseillers régionaux. En outre, les départements les plus peuplés envoient au Palais du Luxembourg des élus à la représentation proportionnelle, alors que les moins peuplés les choisissent au scrutin majoritaire.

Il faut ainsi attendre les élections du 25 septembre 2011 pour que le Sénat connaisse l'alternance : pour la première fois sous la Ve République, cinquante-trois ans après ses débuts, la gauche obtient la majorité au Palais du Luxembourg. À l'issue de ces élections sénatoriales qui concernaient 44 circonscriptions sur 106, la gauche détient 177 sièges sur 348, soit deux de plus que la majorité absolue. Ce basculement du Sénat traduit les victoires électorales précédentes de la gauche. De fait, depuis 2004, celle-ci avait remporté toutes les élections locales : municipales en 2008, cantonales en 2004, 2008 et 2011, régionales en 2004 et 2010. La victoire de la gauche lors du scrutin sénatorial de septembre 2011 constitue donc un nouveau désaveu pour la droite et plus particulièrement pour le président de la République Nicolas Sarkozy, à sept mois de l'élection présidentielle.

Le 1er octobre 2011, Jean-Pierre Bel, sénateur de l'Ariège depuis 1998 et président du groupe socialiste au Palais du Luxembourg depuis 2004, est aisément élu dès le premier tour avec 179 voix sur 342 suffrages exprimés contre 134 au président sortant UMP Gérard Larcher et 29 à la sénatrice UDI du Nord Valérie Létard. Il devient ainsi le premier président socialiste du Sénat sous la Ve République, le sixième président de la Chambre haute depuis 1958.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Placé en ouverture du journal télévisé de France 2 du 26 septembre 2011, ce reportage traite de la victoire de la gauche aux élections sénatoriales qui ont eu lieu la veille. Il adopte en grande partie le format des sujets consacrés aux soirées électorales : il s'agit d'un montage d'extraits de discours, d'interviews et d'images de joie du camp vainqueur. Même s'il est centré sur la première victoire de la gauche au Sénat sous la Ve République, il propose un traitement équilibré de cet événement : il donne à entendre les principaux représentants du Parti socialiste (PS) et de l'UMP. Ainsi, la première séquence fait se succéder le discours de Jean-Pierre Bel, président du groupe sénatorial socialiste et par conséquent chef de file du camp vainqueur, et de Gérard Larcher, président UMP sortant de la Haute Assemblée. De même, une interview d'un représentant du camp battu, le sénateur sortant des Hauts-de-Seine et ancien ministre Charles Pasqua, précède celles de deux figures majeures du PS, Martine Aubry et François Hollande. Ce reportage propose aussi des plans des scènes de joie filmées dans le camp vainqueur.

Par-delà ses points communs avec les sujets habituellement consacrés aux soirées électorales, il s'en différencie également. Le cadre proposé n'est tout d'abord pas le même : les images n'ont pas été tournées à l'intérieur du siège d'un parti politique ou du quartier général d'un candidat mais au Palais du Luxembourg, siège du Sénat, et au Petit Luxembourg, la résidence du président de la Haute Assemblée qui lui est contiguë. Le reportage met particulièrement en valeur le cadre grandiose du Sénat. Une vue extérieure générale de la façade éclairée du Palais du Luxembourg est ainsi proposée au début et à la fin du sujet. La caméra s'attarde aussi sur le plafond peint de la Salle des conférences afin d'en montrer la magnificence.

Autre différence majeure avec un sujet électoral traditionnel : les supporters du parti vainqueur présentés à l'écran n'ont rien de commun avec de simples militants. Il ne s'agit en effet que d'élus et d'acteurs politiques de premier plan, à commencer par les deux favoris de l'élection primaire socialiste, Martine Aubry et François Hollande. Aussi n'est-il guère étonnant qu'ils conservent une certaine retenue et se contentent d'applaudissements pour célébrer la victoire de la gauche aux élections sénatoriales, loin des démonstrations de joie habituelles de militants. Seuls les acteurs politiques et les représentants des médias participent à cette soirée électorale organisée dans le cadre très feutré du Palais du Luxembourg.

Enfin, si ce reportage est consacré à l'alternance historique au Sénat, celle-ci est placée dans l'ombre de l'élection présidentielle, prévue sept mois plus tard. Il s'attarde ainsi particulièrement sur François Hollande et Martine Aubry, les deux favoris de la primaire socialiste à l'élection présidentielle organisée quelques jours après, les 9 et 16 octobre 2011.

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