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La déroute de la gauche aux élections municipales

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 31 mars 2014

À Brive-la-Gaillarde, Limoges, Quimper, Saint-Étienne, Hayange et Roubaix, la gauche a été battue lors des élections municipales de mars 2014. Des électeurs expriment leur déception à l’égard de la gauche.

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
10 juin 2016
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001813

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Lors des élections municipales des 23 et 30 mars 2014 en France, la gauche a connu une cuisante défaite, la plus importante à l’occasion d’un scrutin local sous la Ve République. Elle a ainsi perdu 151 villes peuplées de plus de 10 000 habitants. À l’inverse, la droite en a conquis 162. Elle a également repris à la gauche 10 villes de plus de 100 000 habitants : Toulouse, Saint-Étienne, Angers, Reims, Caen, Tours, Limoges, Argenteuil, Amiens et Saint-Paul à La Réunion. À Toulouse, le maire socialiste sortant Pierre Cohen est par exemple battu par Jean-Luc Moudenc : il ne réunit que 47,93 % des suffrages exprimés contre 52,06 % à la tête de liste UMP-UDI. À Limoges, bastion historique de gauche depuis 1912, le candidat UMP-UDI Émile-Roger Lombertie défait le maire socialiste sortant Alain Rodet avec 45,07 % des voix contre 43,81 %.

À l’issue de ces élections municipales, la droite détient 23 des 42 villes de plus de 100 000 habitants contre 19 pour la gauche. Le rapport de forces s’est totalement inversé par rapport au précédent scrutin de mars 2008 (voir ce document). Depuis ces élections, la gauche dirigeait en effet 29 villes de plus de 100 000 habitants contre 13 seulement pour la droite.

La gauche parvient certes à conserver Paris : la socialiste Anne Hidalgo succède à Bertrand Delanoë et devient la première femme à occuper l’Hôtel de Ville parisien. Lyon, Strasbourg et Metz restent également à gauche. Celle-ci a par ailleurs enlevé des villes ancrées à droite telles qu’Avignon (Vaucluse), Douai (Nord) et Saumur (Maine-et-Loire). Cependant, la déroute apparaît très large pour la gauche et tout particulièrement pour le Parti socialiste. Le socialisme municipal semble balayé.

De son côté, le Front national (FN) confirme ses progrès électoraux en obtenant ses meilleurs résultats à des élections municipales. Le parti d’extrême droite remporte dix mairies : Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Beaucaire (Gard), Fréjus, Cogolin, Le Luc (Var), Hayange (Moselle), Le Pontet (Vaucluse), Mantes-la-Ville (Yvelines), Villers-Cotterêts (Aisne) et le septième secteur de Marseille (Bouches-du-Rhône). Robert Ménard est quant à lui élu à Béziers (Hérault) avec le soutien du FN.

Au soir du second tour, le Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault déclare reconnaître « une défaite pour le gouvernement et la majorité » au pouvoir depuis mai 2012 et l’élection à la présidence de la République de François Hollande. L’ampleur de cette défaite conduit ce dernier à remanier le gouvernement : le 31 mars 2014, il nomme Manuel Valls Premier ministre à la place de Jean-Marc Ayrault (voir document 07029).

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20 heures de France 2 le 31 mars 2013, au lendemain du second tour des élections municipales. Il est précédé d’un lancement plateau qui vise à éclairer les résultats de ce scrutin, marqué par une déroute sans précédent de la gauche : le présentateur David Pujadas commente des infographies, notamment des cartes établissant une comparaison éclairante de la différence entre le nombre de villes gagnées par la gauche et par la droite aux élections municipales de 2008 et de 2014.

Le sujet lui-même prend la forme d’un montage de séquences filmées par plusieurs équipes régionales de France 2 dans six villes différentes : Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Limoges (Haute-Vienne), Quimper (Finistère), Saint-Étienne (Loire), Hayange (Moselle) et Roubaix (Nord). Ces villes ont été choisies car il s’agit de bastions emblématiques de la gauche que celle-ci a perdus la veille. Limoges avait par exemple un maire de gauche depuis 1912. De fait, le sujet est entièrement consacré à la défaite de la gauche aux élections municipales. Il ne présente ainsi pas les résultats nationaux, déjà annoncés dans le lancement plateau. Il ne comporte pas non plus les plans traditionnellement filmés au sein des quartiers généraux des partis politiques à Paris ni ne donne à entendre la réaction de leurs leaders. Seule exception : une infographie présente rapidement les photographies des six membres du gouvernement Ayrault battus aux élections municipales dont le ministre de l’Economie et des Finances Pierre Moscovici à Valentigney (Doubs), celui de la Ville François Lamy à Palaiseau (Essonne) et le ministre délégué à l’Agroalimentaire Guillaume Garot à Laval (Mayenne).

Pour traiter de la déroute électorale de la gauche, les journalistes de France 2 ont choisi de s’intéresser uniquement à l’échelon local. Aucun des maires sortants battus n’est néanmoins interrogé. On en voit certes quelques-uns à l’écran, tels que celui de Brive-la-Gaillarde, Philippe Nauche, qui essuie quelques larmes, ou celui de Quimper, Bernard Poignant, mais on ne les entend pas. Le parti pris du sujet est de laisser une large place à la parole d’électeurs. Sept électeurs, votant sans doute tous habituellement à gauche, sont ainsi interrogés à Limoges, Quimper, Saint-Étienne et Hayange selon la technique du micro-trottoir. Tous expriment leur déception à l’égard de la gauche et leur volonté d’un changement à l’échelon municipal, à commencer par ses électeurs traditionnels. Ces différents témoignages saisis sur le vif ont pour but de proposer une explication à la sévère défaite de la gauche aux élections municipales de la veille.

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