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Violents affrontements interconfessionnels en Centrafrique

Date de diffusion : 05 déc. 2013

Le 5 décembre 2013, de violents affrontements interconfessionnels gagnent la capitale de la Centrafrique Bangui : des miliciens anti-balaka tuent des musulmans et les ex-Seleka ripostent. Les violences ont débuté après la prise du pouvoir de la Seleka en mars 2013.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
10 juin 2016
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001824

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Depuis son indépendance en 1960, la République centrafricaine, souvent dénommée Centrafrique, connaît une grande instabilité. À partir de 2012, le pays connaît un nouvel accès de fièvre : il est déchiré par de très violents affrontements interconfessionnels.

La Seleka, « alliance » en sango, est créée en août 2012 : il s’agit d’une union de mouvements rebelles du nord du pays majoritairement musulmans opposés au président de la République François Bozizé, dans un pays peuplé de 80 % de chrétiens. Le 24 mars 2013, la Seleka prend la capitale Bangui. Elle renverse François Bozizé, lui-même arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2003, et installe au pouvoir Michel Djotodia.

Les tensions s’accroissent encore en Centrafrique à partir de septembre 2013, prenant de plus en plus la forme d’affrontements interconfessionnels. Des milices chrétiennes d’autodéfense, les anti-balaka, ce qui signifie « anti-machette » en sango, se constituent. Elles réunissent des opposants très divers à la Seleka. S’ouvre alors un long cycle de violences. Les anti-balaka s’en prennent aux habitants de confession musulmane en raison de leur supposé soutien aux nouveaux tenants du pouvoir. De leur côté, les ex-Seleka (la coalition a été dissoute en septembre 2013) prennent pour cible la population chrétienne. Les 8 et 9 septembre 2013, des affrontements font près d’une centaine de morts autour de Bossangoa, dans le Nord-Ouest du pays. Les massacres continuent pendant plusieurs semaines. Ils entraînent une crise humanitaire qui affecte la moitié de la population centrafricaine.

Le 5 décembre 2013, des combats violents éclatent à Bangui à la suite d’une offensive des membres des milices anti-balaka contre les ex-Seleka. Plus d’une centaine de civils sont tués. Le même jour, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) adopte à l’unanimité la résolution 2127 proposée par la France : elle autorise une intervention militaire française. Elle vise à aider les troupes de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) à restaurer la sécurité dans le pays déchiré par les affrontements interconfessionnels. Le président de la République française François Hollande justifie cette intervention, la septième de la France en Centrafrique depuis son indépendance, par l’urgence de la situation humanitaire. L’opération Sangaris, du nom d’un petit papillon rouge, débute ainsi dès le 5 décembre 2013. Fortes d’abord de 1 200 soldats puis de 2 000, les troupes françaises sécurisent d’abord l’aéroport de Bangui et les principales routes du pays. Elles tentent également de désarmer les combattants des deux camps.

L’opération Sangaris permet effectivement de stopper les massacres de masse. Toutefois, les opérations de désarmement visent dans un premier temps surtout les ex-Seleka, ce qui favorise des représailles des anti-balaka contre la minorité musulmane. Les violences ne s’arrêtent donc pas subitement malgré le déploiement de 12 000 casques bleus à partir de septembre 2014.

Un processus de transition politique et de réconciliation est par ailleurs initié. Un gouvernement de transition, comprenant à la fois des membres des ex-Seleka et des anti-balaka, est constitué en janvier 2014. Un cessez-le-feu est ensuite signé en juillet 2014 lors d’un Forum de réconciliation à Brazzaville, au Congo. Puis en mai 2015 un accord de désarmement, de démobilisation et de réinsertion est signé entre les représentants des deux camps. En février 2016, une élection présidentielle est organisée dans des conditions démocratiques. Elle voit la victoire de l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra. Son investiture le 30 mars 2016 marque la fin de la période de transition. François Hollande annonce alors la fin de l’opération Sangaris, à l’occasion d’une visite officielle à Bangui le 13 mai 2016.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce reportage a été diffusé en ouverture du journal télévisé de 20 heures de France 2 le 5 décembre 2013, peu après l’adoption par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies d’une résolution autorisant la France à intervenir en Centrafrique et à lancer l’opération Sangaris. Toute la première partie du journal télévisé de ce soir-là est consacrée à la situation en Centrafrique. Outre le présent sujet, la rédaction de France 2 propose plusieurs plateaux : un réalisé à Bangui même, un autre par le directeur adjoint de l’information Étienne Leenhardt et un dernier depuis le palais de l’Élysée. Un extrait de la déclaration du président de la République François Hollande annonçant le lancement de l’opération Sangaris est enfin inséré en fin de séquence.

Tournées à Bangui, la capitale de la Centrafrique, les images que commente la journaliste et grand reporter Dorothée Olliéric ont été fournies par France 24, la chaîne de télévision française d’information internationale en continu lancée en 2006. Nicolas Bertrand, l’envoyé spécial de France 2 propose ensuite un plateau extérieur filmé à Bangui. Il est équipé d’un gilet pare-balles marqué « Press » comme tout journaliste opérant sur un théâtre de conflits : il s’agit à la fois de le protéger des balles mais également de signaler aux deux camps, les ex-Seleka et les anti-balaka, qu’il travaille comme reporter de guerre. Il ne doit par conséquent pas être pris pour cible. Il se déplace au milieu des pick-up remplis de miliciens ex-Seleka armés. Tout indique que les violences en Centrafrique ont pris la forme d’une guerre civile.

C’est d’ailleurs ce que montre aussi le reportage. On y voit également plusieurs plans de miliciens armés à bord de pick-up. Les sons de rafales d’armes automatiques audibles au début du sujet attestent de même de l’escalade du conflit. Plus encore, les images de cadavres regroupés dans la grande mosquée de Bangui et dont le visage a été flouté témoignent de l’ampleur des violences interconfessionnelles.

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