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Signature d'un accord sur le climat à la COP21 de Paris

Signature d'un accord sur le climat à la COP21 de Paris

Date de diffusion : 13 déc. 2015

Le 12 décembre 2015, 195 pays ratifient l'accord de la COP21 à Paris pour limiter le réchauffement climatique entre 1,5° C et 2° C. Cet accord historique est salué par des délégués de la COP21 et des leaders internationaux (Barack Obama et Benyamin Netanyahou).

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
30 nov. 2017
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001856

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

La prise de conscience du réchauffement climatique n'a cessé de s'accroître à partir des années 1990 (voir Un congrès de l'ONU pour lutter contre le réchauffement de la planète et Réchauffement climatique : la vision des chercheurs). Des négociations climatiques multilatérales ont ainsi été régulièrement organisées.

Après le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, lors duquel a été adoptée la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (voir Sommet de la terre à Rio), une première Conférence des parties (COP) s'est tenue à Berlin en 1995. Dès lors, chaque année, plus d'une centaine d'Etats se réunissent afin de lutter contre le réchauffement climatique. La troisième Conférence des parties, qui rassemble 159 pays à Kyoto en 1997, prévoit pour la première fois un protocole contraignant visant à réduire de 5,2 % les émissions planétaires de gaz à effet de serre d'ici 2020 (voir L'entrée en vigueur du protocole de Kyoto). Cependant les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, à commencer par les Etats-Unis et la Chine, ne ratifient pas ce traité. La conférence de Copenhague en 2009 échoue de même à conclure un accord universel contraignant (voir Le bilan mitigé de la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique de Copenhague).

C'est près de Paris, au Bourget, que la vingt-et-unième Conférence des parties, est organisée en 2015. Présidée par le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius, la COP21 s'ouvre le 30 novembre 2015 dans un contexte très pesant après les terribles attentats perpétrés le 13 novembre précédent à Paris et Saint-Denis (voir Les attentats de Paris du 13 novembre 2015). 150 chefs d'Etat et de gouvernement participent à la cérémonie d'inauguration en présence du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et de la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Christiana Figueres. Les discussions entre les représentants de 195 pays durent douze jours.

Le 12 décembre 2015, un accord historique est adopté : les 195 Etats participant à la COP21 s'engagent à "contenir l'élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels." Un objectif plus ambitieux que celui de 1,5° C, souhaité par les petits Etats insulaires menacés de submersion. Les pays du Nord admettent en outre leur responsabilité historique dans le réchauffement climatique. Ils s'engagent ainsi d'ici à 2020 à verser une contribution financière plancher de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à faire face aux effets du dérèglement climatique.

L'accord de Paris est historique : il s'agit du premier accord universel de lutte contre le réchauffement climatique. Il reçoit en effet l'approbation des plus gros pollueurs de la planète, dont la Chine (responsable de 22,4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre), les Etats-Unis (12,2 %), l'Inde (6 %) et la Russie (4,7 %). Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon peut s'exclamer : "Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de coopération mondiale sur une des questions les plus complexes auxquelles l'humanité s'est confrontée".

La cérémonie de signature de l'accord de Paris sur le climat est ensuite organisée au siège des Nations Unies, à New York, le 22 avril 2016. Le texte est paraphé par 175 pays, en présence d'une soixantaine de chefs d'Etat et de gouvernement. Le président de la République française François Hollande le signe symboliquement le premier. Dès lors, pour entrer en vigueur, l'accord de Paris doit être ratifié par au moins 55 parties à la Convention-cadre représentant 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C'est chose faite le 4 novembre 2016. A cette date, ce sont 96 Etats, représentant 69 % des émissions de gaz à effet de serre, qui l'ont déjà ratifié.

Pourtant le nouveau président des Etats-Unis Donald Trump, élu le 8 novembre 2016, décide le 1er juin 2017 de retirer son pays de l'accord de Paris, au nom des intérêts américains. Ce choix suscite un concert de protestations dans le monde entier.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusés dans le journal télévisé de treize heures de France 2 du 13 décembre 2015, ces deux reportages traitent de l'accord de Paris adopté la veille au soir par les représentants de 195 pays à la COP21. En dépit de sa dimension historique, cet accord ne fait pas l'ouverture du journal télévisé. Le même jour se déroule en effet le second tour des élections régionales françaises (voir Elections régionales 2015: Marine Le Pen en tête au premier tour en Nord-Pas-de-Calais-Picardie). Ce n'est donc qu'après plusieurs sujets et duplex portant sur ce scrutin que l'accord de Paris est abordé.

Deux sujets successifs y sont consacrés. Le premier revient sur la célébration de l'accord lors de la cérémonie de clôture de la COP21, le second s'intéresse aux réactions internationales suscitées par ce texte. Ce qui frappe avant tout dans le premier sujet, c'est "l'ambiance de liesse générale", selon les mots du journaliste, qui règne dans la salle plénière du Bourget. De très nombreuses images factuelles montrent ainsi les participants à la COP21 saisis par la joie et l'émotion après l'adoption d'un accord historique. A plusieurs reprises, des plans présentent de longs applaudissements, ponctués d'ovations, qui saluent le résultat de la conférence. Des délégués anonymes applaudissent et expriment leur joie, tout comme l'ancien vice-président américain Al Gore et la ministre française de l'Ecologie Ségolène Royal, situés au premier rang de l'assistance. Les principaux acteurs de la COP21, qui se trouvent à la tribune de l'assemblée de clôture, ne cachent eux-mêmes pas leur satisfaction d'être parvenus à un tel accord. On les voit se congratuler : le président de la République française François Hollande donne une accolade appuyée à son ministre des Affaires étrangères et maître d’œuvre de la COP21, Laurent Fabius, puis au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon. Ensuite Christiana Figueres, la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Ban Ki-moon et François Hollande se tiennent les bras et les lèvent en signe de succès. D'autres délégués expriment également leur joie devant les journalistes, levant les bras et brandissant même des canettes de bière comme s'ils célébraient la victoire de leur équipe lors d'un match de football.

Seuls quelques très légers bémols sont apportés à cette atmosphère générale d'euphorie : d'abord par le journaliste qui souligne les efforts restant à accomplir, puis par Pascal Canfin, directeur général de WWF France et ancien ministre délégué au Développement, qui évoque "quelques zones grises dans cet accord". Ce premier reportage ne comprend aucune image de signature de l'accord puisqu'il n'a été paraphé que le 22 avril 2016, au siège des Nations Unies, à New York.

Le second reportage prend une forme plus classique. Il présente les réactions de certains leaders internationaux : le président des Etats-Unis Barack Obama, ardent défenseur de cet accord, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le représentant spécial de la Chine pour les négociations climatiques, Gao Feng. Il s'intéresse aussi aux réactions d'habitants dans différents pays. Des Chinois interrogés dans la rue expriment leur satisfaction. Des manifestants défilent également pour soutenir l'accord à Seattle (Etats-Unis) et aux Philippines. De nouveau, aucune véritable voix dissonante sur la portée de l'accord de Paris ne se fait entendre.

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