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François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite et du centre

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 27 nov. 2016

Le 27 novembre 2016, François Fillon remporte la primaire de la droite et du centre face à Alain Juppé. Ce dernier reconnaît sa défaite et apporte son soutien à François Fillon.

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
30 nov. 2017
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001874

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Après le succès de l'élection primaire organisée par le Parti socialiste en 2011 pour désigner son candidat à l'élection présidentielle de 2012 (voir François Hollande remporte la primaire socialiste à l'élection présidentielle de 2012), la droite décide de recourir à son tour à cette pratique afin de choisir son candidat à l'élection présidentielle de 2017. Il s'agit par là-même de conférer une plus grande légitimité au candidat désigné. Les Républicains (LR), mouvement qui prend la succession de l'Union pour un mouvement populaire à partir de 2015, organisent ainsi "la primaire de la droite et du centre" les 20 et 27 novembre 2017. Sept candidats sont alors autorisés à se présenter par la Haute Autorité de la primaire: Nicolas Sarkozy, ancien président de la République de 2007 et 2012 et président des Républicains, son ancien Premier ministre François Fillon, Alain Juppé, maire de Bordeaux et ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Bruno Le Maire, député de l'Eure, Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l'Essonne, Jean-François Copé, député-maire de Meaux, et Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate. Alain Juppé fait figure de grand favori des sondages pendant de longs mois, tandis que Nicolas Sarkozy tente de le concurrencer.

Le 20 novembre 2016, le premier tour de la primaire de la droite, qui connaît une très grande participation avec 4,27 millions de votants, sonne comme un coup de tonnerre. Contre toute attente, François Fillon arrive en effet très largement en tête avec 44,1 % des suffrages exprimés devant le maire de Bordeaux Alain Juppé qui n'en réunit que 28,5 %. Il a profité non seulement de son opposition à Nicolas Sarkozy mais également de son positionnement politique face à Alain Juppé. Le programme de François Fillon est en effet à la fois libéral économiquement (il prévoit notamment de supprimer 500 000 emplois publics, d'augmenter la durée du travail ou de déplacer la couverture santé de l'assurance-maladie vers les mutuelles) et conservateur socialement.

Seulement troisième avec 20,6 % des suffrages exprimés, Nicolas Sarkozy est éliminé dès le premier tour. Ayant manqué son retour en politique, il reconnaît sa défaite et appelle à voter en faveur de son ancien Premier ministre. Les autres participants n'obtiennent que très faibles scores: Nathalie Kosciusko-Morizet réunit 2,56 % des suffrages exprimés, Bruno Le Maire 2,38 %, Jean-Frédéric Poisson 1,45 % et Jean-François Copé 0,38 %.

Au second tour de la primaire, le 27 novembre 2016, François Fillon remporte une victoire écrasante. Dans un scrutin de nouveau marqué par une forte participation avec 4,38 millions de votants, il obtient 66,5 % des voix contre seulement 33,5 % pour Alain Juppé. Il arrive ainsi en tête dans tous les départements métropolitains hormis la Gironde et la Corrèze. Après la proclamation des résultats, François Fillon déclare avoir remporté "une victoire de fond, bâtie sur des convictions". Fort d'une légitimité incontestable, il devient le candidat de la droite et du centre pour l'élection présidentielle de 2017. Il apparaît alors même comme le grand favori pour succéder à François Hollande. Cependant, mis en cause par Le Canard enchaîné à partir de janvier 2017 dans une affaire d'emplois fictifs de son épouse Pénélope, il échoue à la troisième place du premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril 2017 en ne recueillant que 20,01 % des voix.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Le 27 novembre 2016, France 3 a consacré une édition spéciale de son Soir 3 aux résultats du second tour de la primaire de la droite et du centre, annoncés peu de temps auparavant. Cette primaire a d'ailleurs fait l'objet d'une forte couverture médiatique: au cours du quatrième trimestre 2016, 660 des 6 523 sujets réalisés dans l'ensemble des journaux télévisés de TF1, France 2, France 3, Canal +, Arte et M6 y ont été consacrés, dont 318 en novembre, au moment du scrutin lui-même (Ina STAT n° 45, avril 2017).

Le premier reportage de l'édition spéciale du Soir 3 du 27 novembre 2016 présente "les temps forts de ce dimanche électoral" de manière très classique. Factuel, il se compose de quatre séquences distinctes. La première montre la liesse des partisans de François Fillon, rassemblés à la Maison de la chimie, à Paris, au moment où leur champion se prépare à prononcer son discours de victoire. Le vainqueur est en effet accueilli par des applaudissements nourris et des cris "Fillon président". Cette première séquence donne également à voir la cohue médiatique qui l'accueille: appareils photographiques, caméras, et micros sont tournés vers lui. De très nombreux téléphones sont aussi brandis par ses supporters afin d'immortaliser ce moment.

Les deuxième et troisième séquences du reportage sont consacrées à des passages obligés des soirées électorales: les discours du vainqueur et du perdant. Comme toujours, ces deux discours contrastent beaucoup. Dans le premier, François Fillon se projette déjà vers l'élection présidentielle de 2017. La mention de son site internet Fillon2017.fr reproduite plusieurs fois derrière lui le traduit bien. Dans son discours, Alain Juppé reconnaît quant à lui sa défaite mais tire aussi un bilan de sa participation à la vie politique: "J'ai donné quarante ans de ma vie au service de la France et cela m'a apporté des grands bonheurs et quelques peines", déclare le maire de Bordeaux. À l'inverse d'un François Fillon à l'air grave, Alain Juppé laisse ainsi paraître son émotion.

La dernière séquence montre la scénographie mise au point par Les Républicains pour afficher leur unité autour du vainqueur de la primaire. François Fillon et Alain Juppé s'échangent une poignée de main sous les flashs des photographes réunis au siège de la Haute Autorité de la primaire, choisi car terrain neutre entre les deux adversaires. "Sans chaleur", selon les mots de la journaliste de France 3 Caroline Motte, cette poignée de main n'a qu'un seul but: donner à voir le rassemblement de la droite derrière François Fillon, désormais investi pour l'élection présidentielle de 2017, et effacer l'image des divisions survenues pendant la primaire. Cette image symbolique est d'ailleurs déjà diffusée avant le sujet et commentée par le présentateur Francis Letellier. Le même souci d'afficher un front uni avait prévalu en 2011 à l'issue de la primaire socialiste remportée par François Hollande : le vainqueur était apparu sur le perron du siège du Parti socialiste au milieu de ses rivaux de la primaire, dont son adversaire du second tour, Martine Aubry. Dans le cas de la primaire de la droite de 2016, l'image du rapprochement de François Fillon et Alain Juppé est doublée par leurs déclarations. Le maire de Bordeaux apporte en effet son soutien pour l'élection présidentielle à François Fillon, tandis que ce dernier salue son rival malheureux.

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