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L’affaire Pénélope Fillon

Date de diffusion : 01 mars 2017

Le 25 janvier 2017, Le Canard enchaîné révèle que Pénélope Fillon aurait exercé un emploi fictif comme assistante parlementaire de son mari François Fillon. Le Parquet national financier ouvre alors une enquête préliminaire. Les enfants de François Fillon sont par la suite eux aussi soupçonnés d’emplois fictifs.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001914

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Après avoir remporté la primaire de la droite et du centre face à Alain Juppé le 27 novembre 2016 (voir François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite et du centre), François Fillon fait figure de grand favori de l’élection présidentielle de 2012. Plusieurs sondages lui accordent ainsi plus de 30 % des voix au premier tour. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est cependant mis en cause à partir de janvier 2017 dans une affaire d’emplois présumés fictifs de son épouse Pénélope. Le 25 janvier 2017, Le Canard enchaîné révèle en effet que cette dernière aurait été rémunérée pour un montant de 500 000 euros comme assistante parlementaire de son mari, de 1998 à 2002 et six mois en 2012, ainsi que de son suppléant à l’Assemblée nationale Marc Joulaud, de 2002 à 2007, alors qu’elle n’aurait en réalité effectué aucun travail. L’hebdomadaire satirique révèle également que Pénélope Fillon aurait été salariée à hauteur de 500 euros par mois, en 2012 et 2013, par La Revue des deux mondes, propriété d’un proche de son mari, Marc Ladreit de Lacharrière, alors qu’elle n’aurait écrit que deux notes de lecture.

Cette affaire de soupçons d’emplois fictifs pesant sur Pénélope Fillon, rapidement baptisée « Penelopegate », éclabousse immédiatement le candidat des Républicains. Dès le 25 janvier 2017, le Parquet national financier ouvre une enquête pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits. Le lendemain, François Fillon tente de prendre la défense de sa femme et annonce qu’il retirera sa candidature à l’élection présidentielle s’il est mis en examen. Mais le 1er mars 2017 il est convoqué par les juges d’instruction en vue de sa mise en examen. Il dénonce aussitôt, dans une conférence de presse, un « assassinat politique ». « Je ne cèderai pas, ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas, j’irai jusqu’au bout, parce qu’au-delà de ma personne c’est la démocratie qui est défiée », affirme-t-il. Mis en examen le 14 mars 2017 pour détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de bien sociaux, quelques jours avant son épouse Pénélope, il ne retire pourtant pas sa candidature.

Celle-ci est néanmoins largement perturbée par ses problèmes judiciaires. François Fillon échoue ainsi à la troisième place du premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril 2017, en ne recueillant que 20,01 % des voix. Le soir de ce revers, qui empêche pour la première fois la droite sous la Ve République d’accéder au second tour d’une élection présidentielle, il déclare : « Malgré tous mes efforts, ma détermination, je n’ai pas réussi à vous convaincre. Les obstacles mis sur ma route étaient trop nombreux, trop cruels. La vérité de cette élection sera écrite. J’assume, cette défaite est la mienne, c’est à moi et moi seul de la porter. »

Retiré de la vie politique, François Fillon reste poursuivi par justice. Dans un réquisitoire prononcé en janvier 2019, le Parquet national financier préconise son renvoi devant le tribunal correctionnel, ainsi que ceux de son épouse Pénélope et de son ancien suppléant Marc Joulaud.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce reportage a été diffusé dans le journal télévisé de 13 heures de France 2 le 1er mars 2017, peu après l’annonce de la convocation de François Fillon en vue de sa mise en examen dans l’affaire d’emplois présumés fictifs de son épouse Pénélope et la conférence de presse donnée par le candidat des Républicains pour se défendre. La rédaction de France 2 a accordé une très large part de son journal télévisé à cette information en raison de son importance dans la campagne présidentielle : plus d’une vingtaine de minutes y sont consacrées.

De manière générale, la couverture médiatique de l’affaire Fillon a été considérable. 290 sujets diffusés dans les journaux télévisés français ont ainsi rendu compte de cette affaire entre le 25 janvier et le 31 mars 2017, soit presque un tiers de l’ensemble des sujets de cette période consacrés à la campagne présidentielle (voir Ina STAT n° 46, juin 2017). De même, en raison de ses problèmes judiciaires, François Fillon a été le candidat le plus médiatisé de tous lors de la campagne présidentielle : du 1er février au 21 avril 2017, il est apparu à 164 reprises dans des journaux télévisés, devant Emmanuel Macron (150 apparitions), Benoît Hamon (139), Marine Le Pen (125) et Jean-Luc Mélenchon (72).

Le présent sujet, diffusé seulement à la dix-huitième minute du journal télévisé de 13 heures de France 2 du 1er mars 2017, prend la forme d’une rétrospective de l’affaire Fillon. Il vise à résumer chaque épisode important de ce « feuilleton à rebondissement », selon les mots du journaliste Clément Le Goff, les premières révélations du 25 janvier 2017 jusqu’au 24 février suivant.

Le sujet s’ouvre sur l’article du Canard enchaîné du 25 janvier 2017 dans lequel a été révélée l’affaire. Il se compose d’images d’archives, notamment de plusieurs éditions du Canard enchaîné ainsi que du couple Fillon et d’infographies résumant les faits reprochés à l’épouse de l’ancien Premier ministre.

Avec l’affaire Fillon, Le Canard enchaîné joue une nouvelle fois un rôle primordial dans la vie politique française. De fait, depuis les années 1970, l’hebdomadaire satirique n’a eu de cesse de révéler des scandales politico-financiers, tels que la feuille d’impôts de Jacques Chaban-Delmas en 1971, l’affaire des diamants de Bokassa en 1979, celle des faux électeurs de Jean Tiberi en 1997 ou celle des vacances en Tunisie de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie en 2011. Pour l’historien Laurent Martin, Le Canard enchaîné est ainsi devenu « une institution nationale une sorte d'anti-Journal officiel attendu chaque semaine avec anxiété par les élites dirigeantes, avec gourmandise par les lecteurs anonymes » (voir Laurent Martin, « Pourquoi lit-on Le Canard enchaîné », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 68 (2000), p. 52). En avril 2017, François Fillon porte plainte contre l’hebdomadaire satirique pour propagation de « fausses nouvelles » ayant eu pour effet de « détourner des suffrages » : il vise un article du 12 avril 2017 contenant, à dix jours du premier tour de l’élection présidentielle, de nouvelles révélations sur l’emploi de son épouse. Mais cette plainte est classée sans suite en décembre 2017.

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