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Donald Trump retire les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat

Donald Trump retire les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat

Date de diffusion : 02 juin 2017

Le 1er juin 2017, le président américain Donald Trump annonce le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat signé par 195 pays en décembre 2016. Le président français Emmanuel Macron et la chancelière d’Allemagne Angela Merkel critiquent cette décision. La Chine réaffirme son intention de respecter l’accord de Paris.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001918

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Le 12 décembre 2015, à l’issue de la COP21 organisée à Paris, un accord historique est signé par l’ensemble des 195 États participants (voir Signature d'un accord sur le climat à la COP21 de Paris). Cet accord était le premier accord universel de lutte contre le réchauffement climatique. Tous les pays signataires se sont en effet engagés à « contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2° C par rapport aux niveaux préindustriels ». Les pays du Nord ont en outre admis leur responsabilité dans le réchauffement climatique et se sont engagés d’ici à 2020 à verser une contribution financière plancher de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à faire face aux effets du dérèglement climatique.

Paraphé à New York le 22 avril 2016 par 175 pays, l’accord de Paris sur le climat a été ratifié le 3 septembre suivant par les deux principaux responsables des émissions mondiales de gaz à effet de serre : la Chine, responsable de 22,4 % de ces émissions, et les États-Unis, de 12,2 %. L’accord de Paris entre ainsi en vigueur le 4 novembre 2016.

Mais élu président des États-Unis le 8 novembre 2016, Donald Trump affirme aussitôt son intention de dénoncer cet accord. Il en avait fait la promesse pendant la campagne présidentielle. Le 1er juin 2017, il annonce ainsi le retrait des États-Unis de l’accord de Paris, reniant les engagements pris par son prédécesseur Barack Obama. Il justifie ce retrait par des arguments économiques et financiers, estimant de son devoir de défendre avant tout les emplois et les travailleurs américains : « L’accord de Paris compromettrait notre économie, briserait nos travailleurs, (…) et nous mettrait en situation de faiblesse permanente par rapport aux autres pays du monde, a-t-il estimé. Il est temps de placer Youngstown dans l’Ohio, Detroit dans le Michigan, et Pittsburgh en Pennsylvanie, et beaucoup d’autres endroits dans notre grand pays, avant Paris, en France. Il est temps de rendre l’Amérique grande de nouveau. » Donald Trump a aussi affirmé son souhait d’une renégociation pour « aboutir à un nouveau traité », plus favorable « pour les États-Unis, leurs entreprises, leurs salariés, leur population, leur contribuables. »

La décision de Donald Trump de retirer le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre de l’accord de Paris provoque un concert de protestations sur toute la planète. Le président français Emmanuel Macron prend la parole rapidement après cette décision : s’exprimant en français puis en anglais, il déplore le choix de Donald Trump, estimant que le président américain commettait « une erreur pour les intérêts de son pays et de son peuple et une faute pour le reste de la planète ». Il rejette également toute renégociation d’un « accord moins ambitieux » et exhorte « les pays signataires à demeurer dans le cadre de l’accord de Paris et à ne rien céder ». Détournant le slogan de campagne de Donald Trump, « Make America great again » (« Rendons sa grandeur à l’Amérique »), le président français appelle à « Make our planet great again » (« Fabriquons à nouveau une grande planète »). Les États-Unis ne peuvent de toute façon quitter formellement l’accord de Paris avant novembre 2020.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Consacré à la décision du président américain Donald Trump de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de la mi-journée de France 3 au lendemain de cette annonce, le 2 juin 2017. Il fait l’ouverture de l’édition nationale du 12.13.

Très classique dans sa composition, ce sujet prend la forme d’un commentaire sur images factuelles alternant avec des déclarations officielles de plusieurs dirigeants politiques et des images d’archives. Il se compose de trois séquences bien distinctes. La première est entièrement consacrée à l’information principale, à savoir la décision de Donald Trump : elle présente un extrait de sa déclaration prononcée depuis le perron de la Maison Blanche dans laquelle le président américain annonce le retrait des États-Unis de l’accord de Paris. Une deuxième séquence, entièrement composée d’images d’archives de la signature de l’accord de Paris à l’issue de la COP21 en 2016 (voir Signature d'un accord sur le climat à la COP21 de Paris), vise à rappeler la dimension historique de l’accord signé par 195 pays dont les États-Unis afin de mieux faire saisir le choc causé par le revirement de Donald Trump. Enfin, une troisième séquence donne à voir les réactions d’hostilité de la communauté internationale à la décision du président américain, à travers des extraits de déclarations de trois représentants : le président français Emmanuel Macron, la chancelière d’Allemagne Angela Merkel et la porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Hua Chunying. Le sujet de France 3 insiste tout particulièrement sur la stupéfaction et l’hostilité unanime de la communauté internationale face à la décision de Donald Trump : la présentatrice du journal télévisé parle de « réactions consternées », le journaliste de « stupeur » et de « consternation dans le monde entier ». L’isolement de Donald Trump face aux 194 autres États signataires de l’accord de Paris est d’ailleurs souligné à plusieurs reprises. Le journaliste conclut d’ailleurs le sujet en expliquant qu’avec la décision de se retirer de l’accord sur le climat les États-Unis rejoignent « les deux seuls pays non signataires, le Nicaragua et la Syrie », soit un petit pays d’Amérique centrale dirigé par un président sandiniste et un pays placé sous la coupe d’une dictature et ravagé par une guerre civile depuis de longues années.

L’allocution d’Emmanuel Macron, prononcée depuis l’Élysée dans la soirée du 1er juin 2017, s’est quant à elle voulue particulièrement symbolique et offensive. Prononcée depuis l’Élysée par un président de la République élu depuis moins d’un mois, elle l’a d’abord été en français, puis en anglais, fait inédit pour un chef d’État français. Emmanuel Macron a notamment détourné le slogan de campagne de Donald Trump, « Make America great again » (« Rendons sa grandeur à l’Amérique »), le président français appelant à « Make our planet great again » (« Fabriquons à nouveau une grande planète »). Ce détournement a connu un succès immédiat. Relayé sur le compte Twitter d’Emmanuel Macron, la déclaration du Président français a donné lieu à un hashtag #makeourplanetgreatagain.

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