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Violences lors d’un rassemblement d’extrême droite à Charlottesville

Date de diffusion : 13 août 2017

Le 12 août 2017, de violents affrontements opposent des partisans d’extrême droite à des contre-manifestants à Charlottesville, en Virginie. Une voiture fonce sur la foule des contre-manifestants, faisant un mort. Le gouverneur de Virginie Terry McAuliffe condamne les violences commises par les militants d’extrême droite, alors que Donald Trump renvoie dos à dos les deux camps.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001920

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

En février 2017, le conseil municipal de Charlottesville, en Virginie (Etats-Unis), décide d’enlever la statue équestre de Robert E. Lee placée depuis 1924 dans un square du centre de la ville. Cette décision est prise en raison du soutien à l’esclavagisme du général en chef de l’armée des États confédérés durant la guerre de Sécession (1861-1865). Faisant suite à celles d’autres villes et États américains qui avaient retiré des monuments similaires, elle suscite aussitôt une vive opposition des groupes d’extrême droite, nostalgiques du Sud esclavagiste ou suprémacistes blancs. Charlottesville devient dès lors un enjeu symbolique très fort et un point de fixation de la lutte entre militants d’extrême droite et défenseurs de l’égalité des droits.

Le 12 août 2017, plusieurs groupuscules de l’extrême droite américaine organisent ainsi à Charlottesville une manifestation afin de dénoncer le projet de déboulonner la statue de Robert E. Lee. Baptisé « Unite the Right » (« Unifier la Droite »), ce rassemblement a également pour but de fédérer des groupuscules traditionnellement très divisés et de montrer la capacité de l’extrême droite à mobiliser. Ces groupes espèrent profiter d’un contexte général favorable à l’alt-right, l’extrême droite américaine tenante d’un nationalisme blanc, depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis.

Ce rassemblement provoque la venue à Charlottesville le 12 août 2017 de nombreux contre-manifestants antiracistes. De violents heurts opposent ainsi durant plusieurs heures partisans et adversaires de la suppression de la statue de Robert E. Lee. Les affrontements prennent un tour dramatique en fin de journée : un néonazi, James Fields, fonce avec sa voiture sur la foule des contre-manifestants, tuant une militante antiraciste, Heather Heyer, et faisant une vingtaine de blessés.

Réagissant à ces événements, le président des Etats-Unis Donald Trump refuse de désigner un coupable, condamnant « cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties ». En renvoyant dos à dos militants d’extrême droite et manifestants antiracistes, Donald Trump provoque une controverse de grande ampleur, suscitant le malaise y compris au sein du Parti républicain. Après être revenu sur ses propos, il déclare pourtant de nouveau le 15 août 2017 qu’ « à Charlottesville il n’y avait pas seulement des néonazis, mais aussi des gens bien venus protester contre l’enlèvement de la statue de Robert E. Lee ».

En 2019, le néonazi James Fields est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir tué Heather Heyer.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé en ouverture du journal télévisé de vingt heures de France 2 du 13 août 2017, ce reportage revient sur le rassemblement de militants de l’extrême droite américaine qui a dégénéré dans la violence la veille à Charlottesville.

Il s’agit d’un sujet factuel qui vise d’abord à relater les faits survenus dans cette ville de Virginie et plus particulièrement l’attaque des militants antiracistes par une voiture-bélier. Pour ce faire, le commentaire des événements s’appuie principalement sur des images factuelles. Plusieurs émanent d’amateurs. Ce sont ainsi des images filmées par un contre-manifestant et diffusées en direct sur l’application logicielle Periscope qui donnent à voir la voiture d’un militant néonazi foncer sur des militants antiracistes puis la panique qui saisit la foule. Une photographie de l’auteur soupçonné de l’attaque est ensuite diffusée dans le sujet. Si le commentaire précise l’âge et l’apparente appartenance du suspect à un groupuscule d’extrême droite, son identité n’est toutefois pas encore révélée.

Le reportage permet en outre de mesurer la violence des affrontements qui ont opposé les extrémistes de droite aux contre-manifestants avant l’attaque : les coups et les projectiles des partisans radicaux d’extrême droite pleuvent sur les militants de gauche.

Le sujet permet par ailleurs de distinguer différents symboles des groupuscules nationalistes et suprémacistes américains brandis par des manifestants. On aperçoit notamment à plusieurs reprises le drapeau confédéré, arborant une croix bleue ornée d’étoiles blanches sur un fond rouge. Bannière adoptée par les États du Sud en 1863, pendant la guerre de Sécession, ce Dixie Flag est particulièrement controversé car il symbolise l’esclavagisme et le racisme blanc. Aussi les mouvements antiracistes ne cessent-ils de militer en faveur de sa disparition. La Caroline du Sud l’a d’ailleurs retiré de son parlement en juillet 2015 à la suite de la tuerie perpétrée par un suprémaciste blanc dans une église noire de Charleston le 17 juin précédent qui avait fait 9 morts. On peut également voir dans le reportage des drapeaux avec une croix noire sur fond blanc, emblèmes de la Ligue du Sud, organisation nationaliste sudiste créée en 1994. Un drapeau nazi orné de la croix gammée, emblème des néonazis, est également brandi dans la foule des manifestants d’extrême-droite. Enfin, le reportage s’attache aux réactions politiques provoquées par le rassemblement de l’extrême droite à Charlottesville et l’attaque sanglante commise par l’un de ses membres. Il donne à entendre deux réactions diamétralement opposées : celle de Terry McAuliffe, gouverneur démocrate de Virginie, condamnant sans appel les violences perpétrées par l’extrême droite, et celle du président des Etats-Unis Donald Trump, refusant de désigner un coupable et condamnant des violences « venant de diverses parties ». Ces propos du président américain, renvoyant dos à dos militants d’extrême droite et manifestants antiracistes, vont déclencher une polémique de grande ampleur.

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