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La Catalogne se déclare indépendante

Date de diffusion : 27 oct. 2017

Le 27 octobre 2017, le Parlement catalan proclame la Catalogne indépendante. Les indépendantistes catalans réunis à Barcelone célèbrent cette décision. Le président de la Généralité de la Catalogne, Carles Puigdemont, fait une déclaration. À Madrid, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy décide la mise sous tutelle de la Catalogne.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001927

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

En 2017, une crise de grande ampleur éclate entre les autorités de la Catalogne et le gouvernement espagnol.

La crise débute avec la décision de la Generalitat de Catalogne, le gouvernement régional présidé par Carles Puigdemont, d’organiser un référendum d’autodétermination. Jugé illégal par le gouvernement central de Mariano Rajoy, le référendum est pourtant organisé le 1er octobre 2017, dans un contexte très tendu, marqué par des affrontements avec des forces de l’ordre espagnoles. Plus de 2 millions de personnes prennent part au scrutin, selon le gouvernement catalan, soit un taux de participation de 42,3 %. Les autorités catalanes annoncent le 10 octobre suivant que le « oui » à l’indépendance de la Catalogne l’emporte avec 90,18 % des voix.

Le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy décide alors, le 21 octobre 2017, de lancer le processus lui permettant d’activer l’article 155 de la Constitution. Cet article permet de suspendre l’autonomie d’une région, en l’occurrence ici la Catalogne, et de mettre en œuvre son administration directe par le gouvernement espagnol.

En réaction, le Parlement catalan adopte, le 27 octobre 2017, une résolution déclarant l’indépendance de la Catalogne sous la forme d’une République. Le même jour, le Sénat espagnol vote la mise en œuvre de l’article 155, permettant la mise sous tutelle immédiate de la Catalogne. Le gouvernement catalan est donc destitué, le parlement catalan dissous et de nouvelles élections régionales convoquées pour le 21 décembre 2017.

Treize leaders indépendantistes, membres de la Generalitat, sont poursuivis pour « rébellion, sédition, détournement de fonds publics et désobéissance à l’autorité ». Cinq d’entre eux, dont l’ancien président du gouvernement, Carles Puigdemont, quittent alors l’Espagne et se réfugient à Bruxelles afin d’échapper aux poursuites de la justice espagnole. Les autres sont placés en détention provisoire à Madrid.

Les indépendantistes remportent malgré tout la majorité au Parlement catalan lors des nouvelles élections régionales du 21 décembre 2017, avec 70 sièges sur 135. Ils ne disposent toutefois pas de la majorité absolue dans une Catalogne très divisée sur la question de l’indépendance.

Carles Puigdemont, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen comme quatre autres dirigeants indépendantistes, est arrêté le 25 mars 2018 par la police allemande dans le Schleswig-Holstein. Il est toutefois remis en liberté peu après, la justice allemande refusant son extradition en Espagne pour rébellion, et retourne en Belgique.

En juin 2018, la nomination du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement espagnol permet un certain apaisement entre Madrid et les indépendantistes catalans. La tutelle du gouvernement central sur la Catalogne est ainsi levée. La Cour suprême espagnole décide par ailleurs, en juillet 2018, de retirer les mandats d’arrêt européens et internationaux émis contre Carles Puigdemont et les autres dirigeants indépendantistes. Mais si la crise paraît moins aiguë, les positions entre le gouvernement espagnol et les indépendantistes catalans paraissent toujours irréconciliables. Le nouveau président de la Generalitat, Quim Torra, demande ainsi l’organisation d’un référendum d’autodétermination que refuse Pedro Sanchez. Le 11 septembre 2018, près d’un million de personnes défilent dans les rues de Barcelone lors de la fête nationale catalane, la « Diada », tandis que plusieurs dirigeants indépendantistes sont toujours emprisonnés. En outre, les fractures au sein des Catalans, entre partisans de l’indépendance et défenseurs du maintien de la région dans le royaume d’Espagne, demeurent profondes.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet ouvre l’édition nationale du 19.20 de France 3 le 27 octobre 2017. La proclamation de l’indépendance de la Catalogne par le Parlement de la région constitue bien la principale information de la journée. Le jour même, le Parlement catalan a en effet adopté une résolution déclarant l’indépendance de la Catalogne, tandis que le Sénat espagnol votait la mise en œuvre de l’article 155, permettant la mise sous tutelle immédiate de la Catalogne.

Le sujet alterne un commentaire sur images factuelles avec des interviews d’indépendantistes catalans anonymes et des déclarations des deux principales figures de la crise, le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, et le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy. En partie tourné à Barcelone par une équipe de France 3, il se compose de trois séquences. Une première donnant à voir la liesse des indépendantistes après la proclamation de l’indépendance de la Catalogne. Puis une deuxième séquence montre les élus indépendantistes catalans célébrant cette décision, au premier rang desquels Carles Puigdemont. Notons qu’il est précisé par erreur dans un bandeau que Carles Puigdemont est président du Parlement catalan alors qu’il dirige en fait la Généralité de Catalogne. Une troisième séquence est consacrée aux représailles des autorités centrales espagnoles après la proclamation de l’indépendance catalane.

Le reportage de France 3 met particulièrement en valeur l’aspect historique de cette journée pour les indépendantistes catalans, tant les anonymes que les dirigeants politiques. Il donne ainsi à voir différentes scènes de la liesse des indépendantistes réunis à Barcelone ainsi que leur émotion. Plusieurs anonymes sont montrés en larmes.

Par-delà l’aspect historique de la proclamation de l’indépendance de la Catalogne, le sujet insiste sur la gravité de la crise institutionnelle pour l’Espagne et sur l’ampleur du fossé séparant désormais les indépendantistes catalans et le gouvernement central espagnol. Dès son lancement plateau, la présentatrice du 19.20, Catherine Matausch, évoque d’ailleurs un « bras de fer » qui « n’avait jamais été aussi loin ». Le sujet de France 3 présente avant tout cette crise comme un affrontement entre Carles Puigdemont et Mariano Rajoy, à travers leurs déclarations et différents plans.

Le sujet de France 3 donne par ailleurs à voir les principaux symboles de l’indépendance catalane, à commencer par le drapeau de la Catalogne. Symbole par excellence de la revendication d’indépendance catalane, interdit sous la dictature de Franco, adopté officiellement en 1979 avec le statut d’autonomie catalan, il se compose de quatre bandes rouges horizontales sur fond or. Une autre version du drapeau catalan est aussi visible dans le sujet : il s’agit de l’estelada, qui ajoute au drapeau catalan une étoile blanche sur fond bleu, empruntée au drapeau cubain, en souvenir des volontaires catalans ayant combattu avec les Cubains contre l’Espagne. Cette version a été adoptée par les indépendantistes catalans. Le sujet donne également à entendre l’hymne officiel de la Catalogne, Els Segadors (« les moissonneurs » en catalan), entonné par les élus catalans. Cet hymne évoque un épisode de l’hostilité de la Catalogne à l’autorité de Madrid : la guerre des faucheurs, soulèvement des paysans catalans entre 1640 et 1652 contre la hausse des impôts prélevés par la couronne espagnole.

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