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Italie : victoire des forces antisystème aux élections législatives en 2018

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 05 mars 2018

En Italie, les forces antisystème remportent les élections législatives du 4 mars 2018. Luigi Di Maio, dirigeant du Mouvement 5 étoiles, arrivé en tête, revendique la victoire, tout comme Matteo Salvini, leader de la Ligue, parti d’extrême droite. La situation politique apparaît ainsi très complexe. Silvio Berlusconi et Matteo Renzi sont les deux grands perdants du scrutin.

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001939

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Les élections législatives organisées en Italie le 4 mars 2018 ont été marquées par le succès de deux partis protestataires, tous deux opposés à l’Union européenne : le Mouvement 5 étoiles (Movimento cinque stelle) et la Ligue (Lega). Fondé par l’humoriste Beppe Grillo et l’informaticien et idéologue Gianroberto Casaleggio en 2009, dirigé par Luigi Di Maio depuis 2013, le premier se revendique « antisystème », ne se considérant ni de droite ni de gauche. La Ligue, fondée en 1991 comme parti politique par Umberto Bossi sous l’appellation de « Ligue du Nord », présidée par Matteo Salvini à partir de 2018, est quant à elle un parti d’extrême droite, populiste et xénophobe.

Aux élections du 4 mars 2018, après avoir déjà conquis les villes de Rome et de Turin lors du scrutin municipal de 2016, le Mouvement 5 étoiles de Luigi Di Maio devient le premier parti d’Italie, devançant largement tous les autres avec 32 % des voix. Il obtient ainsi 228 sièges à la Chambre des députés et 112 au Sénat.

Le Mouvement 5 étoiles est néanmoins devancé par une coalition de droite qui avec 37 % des voix obtient 265 élus à la Chambre des députés et 135 au Sénat. Mais au sein de cette coalition c’est la Ligue de Matteo Salvini qui prend le dessus sur Forza Italia de Silvio Berlusconi : la Ligue réunit 17,4 % des voix, obtenant 125 députés et 58 sénateurs contre respectivement 104 et 58 pour Forza Italia.

De son côté, le Parti démocrate, formation de centre gauche conduite par l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, essuie un cuisant revers électoral, ne réunissant que 19 % des voix, soit son score le plus bas jamais obtenu.

Le soir des élections générales du 4 mars 2018, Luigi Di Maio et Matteo Salvini revendiquent tous deux la direction du gouvernement italien. Toutefois, ni le Mouvement 5 étoiles, ni la Ligue, ni même la coalition de droite dominée par cette dernière, ne disposent de la majorité absolue au Parlement à l’issue des élections du 4 mars 2018. Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, de sensibilité démocrate-chrétienne, placé en position d’arbitre par la Constitution, doit donc choisir un chef du gouvernement qui sera en mesure de gouverner.

Après plusieurs semaines de tractations vaines entre les différents partis, le Mouvement 5 étoiles et la Ligue parviennent, le 13 mai 2018, à un accord totalement inattendu. Luigi Di Maio et Matteo Salvini mettent en effet de côté leurs profonds différents pour établir un accord préliminaire sur un programme commun de gouvernement. Tous deux se rendent auprès du président Sergio Mattarella le 21 mai suivant pour lui présenter ce programme et le gouvernement dirigé par Giuseppe Conte, juriste proche du Mouvement 5 étoiles qu’ils ont décidé de former.

Après un premier refus de la part du président, celui-ci accepte de désigner Giuseppe Conte comme président du Conseil. Le gouvernement Conte entre ainsi en fonction le 1er juin 2018. Luigi Di Maio et Matteo Salvini deviennent tous deux vice-présidents du Conseil, se partageant les responsabilités de façon à éviter que l’un des deux ne prenne le dessus sur l’autre. Le premier est également ministre du Développement économique, du Travail et des Affaires sociales, le second de l’Intérieur.

Au sein de cet exécutif à deux visages, c’est Matteo Salvini qui s’impose rapidement par ses déclarations tonitruantes sur l’immigration et la mise en scène de sa politique hostile aux migrants. Il n’est ainsi ministre de l’Intérieur que depuis quelques jours lorsqu’il annonce en juin 2018 que le navire humanitaire Aquarius ne sera pas autorisé à débarquer dans un port italien 629 migrants secourus en mer (voir La fin des activités de l’Aquarius, navire de sauvetage de migrants en Méditerranée).

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé dans le Soir 3 de France 3 le 5 mars 2018, ce sujet factuel est consacré aux résultats des élections législatives qui ont eu lieu la veille en Italie.

Il ne commence pas par la présentation traditionnelle des résultats globaux du scrutin, placée plus tard, mais s’ouvre sur des images des deux grands vainqueurs des élections, Luigi di Maio, leader du Mouvement Cinq étoiles, et Matteo Salvini, chef de la Ligue. De fait, le sujet de France 3 est presque entièrement centré sur ces deux figures, qui revendiquent toutes deux la victoire et le droit à gouverner l’Italie. Il reflète en cela bien la personnalisation du scrutin du 4 mars 2018. Ce sont d’ailleurs les parcours de Matteo Salvini et Luigi di Maio qui sont présentés et non les particularités de leurs mouvements politiques respectifs. La personnalisation des élections apparaît encore plus évidente dans la mise en scène de leurs allocutions respectives : on peut voir derrière le dirigeant de la Ligue l’inscription « Salvini premier » et derrière le chef du Mouvement Cinq étoiles l’inscription « Di Maio presidente », symbolisant leurs aspirations rivales à prendre la tête du gouvernement italien.

Le sujet de France 3 met pourtant également en valeur l’absence de réel vainqueur et la complexité de la situation qui en résulte, aucun parti ne disposant d’une majorité au Parlement. Des plans sur les unes de deux journaux en témoignent : la une du quotidien romain conservateur Il Tempo, « Che bordello », paru au lendemain des élections générales, se passe de traduction. Le micro-trottoir réalisé dans les rues de Rome confirme l’impression de grande confusion qui domine à l’issue du scrutin.

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