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Sommet de Singapour : rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-Un

Date de diffusion : 12 juin 2018

Les présidents des États-Unis et de la Corée du Nord Donald Trump et Kim Jong-un se rencontrent à Singapour le 12 juin 2018. Cet événement historique fait l’objet d’une mise en scène destinée aux médias. Les deux dirigeants signent une déclaration commune mais qui ne prévoit aucune mesure concrète.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001943

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

La mise en œuvre d’un programme clandestin de développement de l’arme atomique par la Corée du Nord dans les années 2000 et 2010 met cet État au banc de la communauté internationale. En 2002, le président américain George W. Bush place même la Corée du Nord au nombre des États appartenant à l’« axe du Mal ». Cela n’empêche pas la Corée du Nord de continuer son programme atomique et de procéder à deux essais nucléaires en 2006 et 2009.

Mais c’est surtout avec l’arrivée au pouvoir à Pyongyang de Kim Jong-un en 2011 que les relations entre la Corée du Nord et la communauté internationale, et plus particulièrement avec les États-Unis, se tendent. Kim Jong-Un procède en effet à quatre essais nucléaires, en février 2013, janvier et septembre 2016 et septembre 2017, et à plusieurs tirs de missiles en mer du Japon. Ces tirs sont tous condamnés par l’ONU.

La tension entre la Corée du Nord et les États-Unis semble atteindre son paroxysme en 2017 et 2018, après l’élection de Donald Trump. Ce dernier adopte en effet une attitude agressive à l’égard du régime de Pyongyang. Ainsi, en juillet 2017, après le nouveau tir d’un missile nord-coréen, Donald Trump promet à la Corée du Nord une réponse sévère, se demandant si « ce gars n’a rien de mieux à faire de sa vie ? » en référence à Kim Jong-un. Puis, en septembre 2017, à la tribune de l’ONU, le président américain évoque la possibilité d’une « destruction totale » de la Corée du Nord en cas d’agression contre les États-Unis ou l’un de ses alliés. Donald Trump qualifie en outre à plusieurs reprises sur Twitter Kim Jong-un de « petit homme missile » (« Little Rocket Man »), en référence aux tirs de missiles nord-coréens, ou même de « petit gros », ce à quoi le dirigeant de la Corée du Nord répond en qualifiant Donald Trump de « vieux fou ». Cette escalade verbale semble alors rendre possible un conflit entre les deux pays.

Pourtant, à la surprise générale, en mars 2018 Kim Jong-un prend l’initiative d’un rapprochement avec les États-Unis : il propose une rencontre à Donald Trump, ce que ce dernier accepte. Un sommet inédit entre les dirigeants nord-coréen et américain est ainsi organisé, le 12 juin 2018, à Singapour. Il intervient par ailleurs dans un contexte de net réchauffement des relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, matérialisé par un sommet historique, le 27 avril 2018, à Panmunjom, entre Kim Jong-un, et le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in (voir Rencontre historique entre les présidents nord et sud-coréens à Panmunjom).

À Singapour, dans l’hôtel de luxe choisi pour le sommet, Kim Jong-un et Donald Trump se sont d’abord serré la main à trois reprises devant les médias du monde entier. Les  deux dirigeants se sont ensuite entretenus, d’abord en tête-à-tête puis avec leurs délégations respectives. Ils ont signé une déclaration commune dans laquelle les États-Unis et la Corée du Nord s’engagent à « bâtir un régime de paix durable et stable dans la péninsule coréenne ». Dans ce document, Kim Jong-un prend également l’engagement  que la Corée du Nord travaille à « une complète dénucléarisation de la péninsule coréenne ».

Malgré cette rencontre historique, peu de progrès sont ensuite accomplis dans les mois suivants. Un second sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump, organisé à Hanoï, au Vietnam, le 27 février 2019, se conclut ainsi sur un échec. Cependant, le 30 juin 2019, les deux dirigeants se rencontrent pour la troisième fois, dans un endroit hautement symbolique : Panmunjom, le seul point de contact de la zone démilitarisée entre les deux Corées. À l’invitation de Kim Jong-un, Donald Trump franchit la ligne de démarcation, devenant le premier président américain en exercice à fouler le sol nord-coréen.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé dans le journal télévisé de vingt heures de France 2 le 12 juin 2018, ce reportage est consacré au sommet entre le président des États-Unis Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, qui s’est déroulé à Singapour la nuit précédente. Cet événement d’une portée historique, puisqu’il s’agit de la première rencontre entre les dirigeants de ces nations, n’est pourtant traité qu’à la onzième minute du journal télévisé. Le choix de la rédaction de France 2 de ne pas en faire l’un des grands titres peut d’abord s’expliquer par le fait que cette rencontre n’a débouché sur aucune mesure concrète. Il peut également s’expliquer par le fait qu’elle vienne après un autre sommet historique, celui du 27 avril précédent entre Kim Jong-un et le président de la Corée du Sud Moon Jae-in (voir Rencontre historique entre les présidents nord et sud-coréens à Panmunjom).

Comme la rencontre entre les dirigeants coréens, le sommet de Singapour, tenu dans l’hôtel de luxe Capella, sur l’île de Sentosa, a fait l’objet d’une mise en scène minutieuse. Kim Jong-un et Donald Trump s’avancent ainsi l’un vers l’autre, passant devant des drapeaux nord-coréens et américains entremêlés. « Parfaite symétrie de cette mise en scène », relève la journaliste de France 2 Maryse Burgot. Les deux dirigeants se serrent ensuite longuement la main, posant devant les médias du monde entier.

Maryse Burgot estime d’ailleurs que cette rencontre est « un sommet pensé en quelque sorte pour les médias ». En d’autres termes, la rencontre de Singapour semble avoir eu pour principal d’objectif d’offrir des images du rapprochement totalement imprévisible de Kim Jong-un et Donald Trump après plusieurs mois de tensions et d’invectives et non de définir des mesures concrètes. Cela correspond bien à la politique spectacle qu’aime à mener Donald Trump, adepte frénétique des tweets et des images destinées à marquer les esprits. La déclaration finale commune du sommet de Singapour ne contient précisément aucune avancée concrète ni ne propose le moindre calendrier, comme l’indiquent aussi bien la présentatrice Anne-Sophie Lapix que Maryse Burgot.

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