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La mise en cause de Mohammed ben Salmane dans l’assassinat du journaliste saoudien Khashoggi

La mise en cause de Mohammed ben Salmane dans l’assassinat du journaliste saoudien Khashoggi

Date de diffusion : 17 oct. 2018

À Istanbul, la police turque perquisitionne le consulat d’Arabie saoudite dans lequel le journaliste Jamal Khashoggi a disparu le 2 octobre 2018. De nombreux indices mettent en cause des membres de l’entourage de Mohammed ben Salmane, impliquant donc directement le prince héritier saoudien dans l’assassinat du journaliste.

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001950

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Exilé aux États-Unis depuis 2017, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi ne cessait de critiquer, dans les colonnes du Washington Post, la politique conduite par le prince héritier Mohammed ben Salmane et son autoritarisme. Il dénonçait notamment l’intervention militaire de l’Arabie saoudite au Yémen contre les rebelles chiites houthis conduite depuis 2015, ainsi que la politique de répression poursuivie dans le royaume malgré certaines ouvertures (voir voir Les femmes saoudiennes autorisées à conduire). Le 2 octobre 2018, Jamal Khashoggi s’est rendu au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie, pour des démarches administratives liées à son remariage. Mais il n’en est jamais ressorti vivant.

Selon des détails macabres révélés par la police turque et dévoilés dans la presse, Jamal Khashoggi aurait été séquestré dès son arrivée au consulat saoudien d’Istanbul par un commando de quinze agents saoudiens arrivés de Riyad, puis torturé et assassiné. Ces agents lui auraient administré une injection létale avant qu’un médecin légiste ne démembre son corps. Transporté hors du consulat, son corps n’a ensuite jamais été retrouvé.

L’assassinat de Jamal Khashoggi et ses circonstances horrifiantes ont suscité une indignation mondiale. Après avoir dans un premier temps réfuté les accusations des autorités turques, l’Arabie saoudite a fini par reconnaître, près de trois semaines après les faits, que le journaliste avait bien été tué au sein du consulat mais en livrant plusieurs versions contradictoires des circonstances de sa disparition. Riyad a ainsi attribué la mort de Jamal Khashoggi à une rixe survenue lors d’une discussion visant à négocier son retour en Arabie saoudite. Cette version n’a évidemment pas convaincu les alliés du royaume wahhabite, les Européens en tête, sans toutefois que des sanctions soient adoptées. Le prince héritier Mohammed ben Salmane, l’homme fort de l’Arabie saoudite, a particulièrement été éclaboussé par le scandale. Il a directement été mis en cause dans un rapport publié en juin 2019 par Agnès Callamard, rapporteure du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, appelant à l’adoption de sanctions contre lui et au gel de ses avoirs personnels à l’étranger. L’experte de l’ONU a également dénoncé le nettoyage intégral de la scène du crime, à laquelle la police turque n’a pu accéder que treize jours après.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Consacré à l’enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi survenue quinze jours auparavant, ce reportage est diffusé dans le journal télévisé de vingt heures de France 2 le 17 octobre 2018. Le même jour, la police turque a en effet entrepris une perquisition au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul ainsi que dans la résidence du consul.

Ce sujet vise à présenter un point de l’enquête sur la disparition de Jamal Khashoggi et à mettre en avant l’implication apparente du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans ce qui semble être un assassinat commandé. La journaliste de France 2 Maryse Burgot se montre toutefois très prudente dans sa présentation des faits survenus le 2 octobre 2018 : elle a recours au conditionnel (« il aurait été torturé, exécuté et démembré ») et se retranche derrière les révélations de « plusieurs médias américains et turcs ».

Son récit est illustré par des images factuelles filmées le matin même qui montrent les enquêteurs turcs perquisitionnant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Plusieurs images d’illustration donnent aussi à voir, en photographie et en vidéo, Mohammed ben Salmane en diverses occasions protocolaires. Mais ce sont surtout les deux séquences comprenant des imagées de vidéosurveillance qui occupent la place la plus importante dans ce sujet. La première séquence constitue en effet le dernier indice de vie de Jamal Khashoggi, filmé à son entrée dans le consulat saoudien le 2 octobre 2018. La seconde, montrant des membres présumés du commando saoudien qui auraient perpétré le crime, est quant à elle utilisée comme preuve de l’implication de membres de l’entourage de Mohammed ben Salmane dans l’assassinat du journaliste.

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