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Journée de violences à Paris lors de « l’acte III » des « gilets jaunes »

Date de diffusion : 01 déc. 2018

Lors de la troisième journée de mobilisation des « gilets jaunes », le 1er décembre 2018, de nombreuses violences ont été commises à Paris, notamment autour de l’Arc de triomphe. Les affrontements ont été très violents entre manifestants et forces de l’ordre. Les scènes de guérilla urbaine se sont multipliées : des véhicules et des magasins ont été incendiés.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001956

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Débuté le 17 novembre 2018 par une ample mobilisation dans toute la France, qui a pris la forme d’occupations de ronds-points, de péages et de routes (voir La première journée de mobilisation des « gilets jaunes » et Les « gilets jaunes » : qui sont-ils ?), le mouvement des « gilets jaunes » connaît dès son « acte II », le samedi 24 novembre 2018, une nette radicalisation. Ce jour-là, à Paris, des manifestants se heurtent violemment aux forces de l’ordre sur l’avenue des Champs-Élysées. Des casseurs, dont certains portent des gilets jaunes, arrachent des pavés, les lancent sur les CRS, et arrachent du mobilier urbain avec lequel ils édifient des barricades. Les CRS tentent de disperser les quelque 8 000 manifestants présents sur l’avenue des Champs-Élysées en faisant un abondant usage de grenades lacrymogènes. Le président de la République Emmanuel Macron exprime sa « honte » face à ces incidents, tandis que le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner met en cause des « séditieux » de « l’ultradroite ».

Une semaine plus tard, le samedi 1er décembre 2018, la violence atteint un degré supplémentaire lors de la troisième journée de mobilisation des « gilets jaunes ». Des incidents violents ont ainsi lieu à Toulouse, Marseille ou Saint-Étienne. Au Puy-en-Velay, la préfecture de la Haute-Loire est prise d’assaut par des manifestants et partiellement incendiée.

Mais c’est une nouvelle fois à Paris que les plus grandes violences se déroulent lors de cette mobilisation du 1er décembre 2018. Des affrontements très violents ont ainsi lieu entre « gilets jaunes » et forces de l’ordre, notamment autour de l’Arc de triomphe. Ce dernier est également l’objet d’importantes dégradations. Il est recouvert de graffitis, son musée saccagé. Un moulage tiré du haut-relief du Départ des volontaires est en partie détruit, la boutique de souvenirs pillée. Certains manifestants parviennent même à grimper sur le toit de l’Arc de triomphe, images qui font le tour du monde.

Les quartiers situés autour des Champs-Élysées sont par ailleurs le théâtre de véritables scènes de guérilla urbaine : des dizaines de véhicules sont incendiés, des magasins, des banques, des restaurants et différents bâtiments sont saccagés. En tout, 682 personnes sont interpellées à Paris dont 392 sont placées en garde à vue. Si Christophe Castaner dénonce « des professionnels du désordre », il apparaît en fait difficile de distinguer les casseurs de « gilets jaunes » radicalisés et d’éléments d’extrême gauche et d’extrême droite.

« Je n’accepterai jamais la violence. Aucune cause ne justifie que les forces de l’ordre soient attaquées, que des commerces soient pillés, que des passants ou des journalistes soient menacés, que l’Arc de triomphe soit souillé », déclare Emmanuel Macron, à la fin du sommet du G20 à Buenos Aires, en Argentine. Le président de la République se rend d’ailleurs dès son retour en France, le lendemain, sur les lieux des affrontements, place de l’Étoile et avenue Kléber.

Cette journée du 1er décembre 2018 marque un tournant majeur dans la crise des « gilets jaunes ». Par sa violence, sans précédent depuis les événements de mai 1968, elle provoque une réaction politique et policière. Ainsi, après l’échec subi par les forces de sécurité le 1er décembre 2018, la stratégie du maintien de l’ordre est entièrement revue pour la journée de mobilisation suivante des « gilets jaunes », le 8 décembre 2018 : elle privilégie désormais la mobilité des unités de forces. De très nombreux contrôles sont également effectués ce jour-là, permettant de réaliser plus de 1 000 interpellations.

Les autorités apportent aussi une réponse politique à la crise. Dès le 4 décembre 2018, le Premier ministre Édouard Philippe annonce la suspension de plusieurs hausses de taxes, dont celles sur les carburants. Puis le 10 décembre suivant, dans une allocution très attendue, Emmanuel Macron annonce à son tour plusieurs mesures afin de répondre aux revendications des « gilets jaunes » et d’augmenter leur pouvoir d’achat (voir Allocution d’Emmanuel Macron en réponse à la colère des « gilets jaunes »).

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé en ouverture du journal télévisé de vingt heures de France 2 le samedi 1er décembre 2018, ce reportage propose un résumé des violences commises durant toute la journée à Paris par des « gilets jaunes » et des casseurs. Il s’agit donc d’un sujet purement factuel, constitué d’un commentaire sur des images filmées place de l’Étoile et dans les rues environnantes, alternant avec de brèves interviews de quatre « gilets jaunes ».

Le reportage met en valeur le déchaînement de violence inédit qui a eu lieu dans Paris. Il s’ouvre directement sur des images de barricades incendiées et d’affrontements entre « gilets jaunes » et CRS. Puis il montre des scènes de violence entre les deux camps : des manifestants lancent des projectiles sur les forces de l’ordre, celles-ci répliquent avec des gaz lacrymogènes, des charges, et même des coups. Le reportage juxtapose également des scènes de destruction : des véhicules, des magasins et même un hôtel particulier sont incendiés par des casseurs.

Toutes ces images font penser à des reportages de guerre. La journaliste de France 2 Diane Schlingère évoque du reste « un samedi de guérilla urbaine ». Le ton du commentaire est quant à lui dramatique : le présentateur du journal télévisé Laurent Delahousse évoque des « images saisissantes », la journaliste parle de « chaos » et de « confusion ».

Le reportage insiste également sur l’Arc de triomphe, principal enjeu des attaques des manifestants tout au long de la journée du 1er décembre 2018. On voit ainsi certains « gilets jaunes » grimper au sommet du monument, tandis que d’autres se tiennent autour de la tombe du Soldat inconnu, chantant La Marseillaise. Le graffiti « Les gilets jaunes triompheront » est également montré à l’écran. En revanche aucune image des autres graffitis qui ont recouvert l’Arc de triomphe - tels que « La France est à nous », « L’ultradroite perdra », « Macron, tu l’as dans le cul » ou « Anarchie » - n’est insérée dans le sujet. Ce dernier ne propose également aucun plan du saccage de l’intérieur de l’Arc de triomphe. Il ne s’intéresse pas non plus aux autres incidents survenus lors de rassemblements des « gilets jaunes » en province, à commencer par l’incendie de la préfecture de la Haute-Loire au Puy-en-Velay : ils sont traités dans d’autres sujets de la même édition du journal télévisé.

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