Combats en Biélorussie lors de l’opération soviétique Bagration

Date de diffusion : 30 juin 1944

En juin 1944, dans les Carpates et dans la région de Vitebsk et de Smolensk (en Biélorussie), l’infanterie et l’artillerie allemandes tentent de résister à la grande offensive lancée par l’Armée rouge. 

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Type de ressource :
Forme :
Collection :
France Actualités
Page publiée le :
15 juil. 2021
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000004237

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

À la suite de la victoire soviétique à Stalingrad, qui a vu l’armée allemande du général Paulus capituler le 2 février 1943, les Alliés mènent une contre-offensive contre les forces de l’Axe : ils débarquent en Sicile en juillet 1943 et en Corse en octobre 1943. Puis, afin d’accélérer la libération de l’Europe, deux opérations sont menées contre les Allemands à l’ouest et à l’est, sans qu’il n’y ait pour autant d’attaques combinées : après que les troupes anglo-américaines ont ouvert un second front à l’ouest en débarquant en Normandie le 6 juin 1944 (début de l’opération Overlord), les troupes soviétiques lancent une grande offensive contre la Wehrmacht en Biélorussie. L’attaque débute le 22 juin 1944, le jour du troisième anniversaire de l’invasion de l’URSS par l’Allemagne nazie.

Baptisée « opération Bagration » en hommage au prince Bagration, l’un des principaux généraux de l’armée russe qui avait combattu Napoléon, cette vaste offensive soviétique a pour objectif de détruire le groupe d’armées Centre de la Wehrmacht, stationnée en Biélorussie. Les Soviétiques déploient ainsi une force considérable : 2,3 millions d’hommes, 4 000 chars, 36 000 pièces d’artillerie et 6 300 avions. L’Armée rouge avance sur plus de 1 000 kilomètres, développant quatre fronts simultanés.

Le groupe d’armées Centre est très rapidement submergé. Dès le 26 juin 1944, Vitebsk est encerclée et, le 3 juillet suivant, Minsk est prise par les troupes soviétiques En trois semaines, 28 divisions allemandes sont mises hors de combat, 31 des 47 généraux de division ou du corps d’armée du groupe Centre sont tués ou faits prisonniers. Et le 17 juillet 1944, Staline organise à Moscou un défilé de 57 000 prisonniers de guerre allemands. 

Par la suite, les troupes soviétiques continuent leur avancée au nord et au sud de la Biélorussie, progressent en Pologne et dans les pays Baltes. Achevée le 19 août 1944, après deux mois d’intenses combats, l’opération Bagration constitue un très grand succès pour l’Armée rouge : elle a progressé de plus de 600 kilomètres, parvenant presque à libérer le territoire de l’URSS antérieur à l’invasion allemande de 1941. Les troupes soviétiques ont ainsi repris la Biélorussie, une partie de la Pologne et les pays Baltes. Elles stationnent désormais à la frontière du Grand Reich, ouvrant la voie de l’Allemagne et de Berlin.

C’est un désastre complet pour l’armée allemande : le groupe d’armées Centre est en très grande partie détruit, 290 000 soldats ont été tués. Pierre Grosser parle à juste titre de la plus grande défaite allemande de la guerre, longtemps occultée par Stalingrad (in Alya Aglan et Robert Frank (dir.), 1937-1947. La Guerre-monde, I, Gallimard, 2015, p. 717).

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Consacré aux combats dans la région de Vitebsk et de Smolensk lors de l’opération Bagration, ce document a été diffusé par France Actualités le 30 juin 1944, soit huit jours après le déclenchement de l’offensive soviétique en Biélorussie contre les troupes allemandes.

France Actualités est un journal d’actualités cinématographiques hebdomadaire diffusé depuis août 1942. Jusqu’à cette date étaient projetés en France deux journaux hebdomadaires différents : en zone occupée Les Actualités mondiales, la version française des Actualités allemandes ; en zone libre, le journal France-Actualité Pathé, contrôlé par le gouvernement de Vichy. Puis à partir d’août 1942 n’a plus été diffusé qu’un seul journal hebdomadaire, France Actualités, sous le contrôle conjoint de l’occupant allemand et de Vichy. Le capital de France Actualités était à 60 % français et à 40 % allemand ; le président était français et le vice-président, allemand.

Les sujets diffusés par France Actualités relayaient la propagande nazie et appuyaient de plus en plus la collaboration promue par le régime de Vichy. Cette orientation s’est nettement amplifiée à partir de la nomination de Philippe Henriot au secrétariat d’État à l’Information et à la Propagande du gouvernement de Vichy en janvier 1944. 

Le présent document témoigne particulièrement de la propagande nazie antibolchevique qui n’a cessé de marquer les journaux d’actualités diffusés en France à partir de l’invasion de l’URSS par l’Allemagne nazie en juin 1941 (cf. Jean-Pierre Bertin-Maghit, Les Documenteurs des années noires. Les documentaires de propagande. France 1940-1944, Éditions Nouveau monde, 2004). Le commentateur du sujet prend en effet clairement partie pour les troupes allemandes mises en difficulté par l’Armée rouge depuis le lancement de l’opération Bagration quelques jours auparavant. Il ne cache pas pour autant les difficultés de l’armée allemande face aux troupes soviétiques en Biélorussie : même s’il minore la progression soviétique, le commentateur souligne que les soldats allemands ne parviennent à résister à « l’adversaire » que « dans certains coins » et il n’occulte pas son avancée dans la région de Vitebsk et de Smolensk. C’est précisément au nom de la lutte contre la menace soviétique – un danger qui existe plus que jamais – qu’il met en avant la croisade européenne que constitue la lutte contre l’Armée rouge : Allemands, Finlandais, Roumains et des volontaires venus de tout le continent se battent afin que l’Europe ne soit pas frappée de mort. 

Lors de la même édition de France Actualités, deux autres documents expriment aussi une propagande « antibolchevique » : l’un donne à voir une manifestation antibolchevique en Bohême, l’autre célèbre le troisième anniversaire de l’entrée en guerre contre le bolchevisme, à savoir le début de l’opération Barbarossa lancée par la Wehrmacht contre l’Union soviétique.

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