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Le succès de la Zone économique spéciale de Shenzhen

Date de diffusion : 07 avr. 1994

La Zone économique spéciale de Shenzhen, en Chine, créée en 1980 par Deng Xiaoping, a connu une croissance fulgurante. Financée à moitié par l’État chinois et employant des ouvrières chinoises, une usine de matériel HI-FI y a été installée par l’entreprise japonaise d’électronique Sanyo.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Page publiée le :
21 juil. 2021
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000004244

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Membre de la génération des fondateurs du parti communiste chinois (PCC), ayant pris part à tous ses combats, notamment la Longue Marche (1934-1935), Deng Xiaoping prend le pouvoir en Chine en décembre 1978. Pourtant évincé pendant la Révolution culturelle (1966-1976), il parvient à triompher de Hua Guofeng, successeur désigné de Mao Zedong, mort en septembre 1976, lors du IIIe plenum du XIe Comité central du PCC. Devenu l’homme fort de la République populaire de Chine, Deng Xiaoping entame une démaoïsation limitée, critiquant surtout la politique menée par le Grand Timonier à partir du Grand Bond en avant.

Prenant acte du retard économique du pays, notamment par rapport au grand rival Taïwan ou à Singapour, il engage une politique de modernisation de l’économie chinoise : dès sa prise de contrôle du PCC en décembre 1978, il annonce le lancement des Quatre modernisations dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie, de la science et des technologies, ainsi que de la défense nationale. Il s’agit de faire de la Chine une grande puissance économique en l’ouvrant à l’économie de marché et en attirant les capitaux étrangers. Tournant donc partiellement le dos à l’économie socialiste planifiée, Deng Xiaoping lance aussi, dès décembre 1978, la décollectivisation de l’agriculture.

Surtout, il met en œuvre en 1979 quatre Zones économiques spéciales (ZES), à Shenzhen et Zhuhai, dans la province du Guangdong, et à Shantou et Xiamen, dans la province du Fujian : ce sont des territoires qui bénéficient d’exonérations fiscales, d’exemptions douanières, d’avantages administratifs et du financement de travaux d’infrastructures. Ces ZES visent à attirer les investisseurs étrangers, dont l’activité doit au départ s’exercer dans le cadre d’entreprises mixtes, à accélérer l’acquisition des technologies nouvelles et à produire pour l’exportation. Les avantages octroyés aux premières ZES sont ensuite étendus en avril 1984 à 14 autres villes côtières, dont Shanghai, Tianjin, Ningbo et Guangzhou.

La plus importante des ZES initiales est celle de Shenzhen, établie dans une ville nouvelle créée en 1979 dans la province riche et peuplée du Guangdong. Elle a été choisie pour sa proximité immédiate de Hong Kong, colonie britannique depuis 1842, source privilégiée de capitaux et place commerciale importante favorable à la réexportation des produits. Shenzhen connaît dès lors un succès fulgurant. Sa croissance économique est ainsi de près de 26 % par an en moyenne depuis sa création officielle en août 1980. En 1990, Shenzhen voit s’ouvrir à la fois une bourse et le premier restaurant McDonald’s de Chine. Le succès est tel que la Zone économique spéciale est étendue en 2010 à l’ensemble du territoire de la ville. Autrefois petit village de pêcheurs, Shenzhen est devenue une mégapole de 13 millions d’habitants en 2019.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé dans le journal télévisé de France 3, le 19/20, le 7 avril 1994, ce reportage est consacré au succès de la Zone économique spéciale (ZES) de Shenzhen créée par le leader de la République populaire de Chine Deng Xiaoping en 1979 et fierté du pouvoir chinois, comme le précise la journaliste Élise Lucet. Il a été tourné à Shenzhen même, dans la province du Guangdong, par des envoyés spéciaux de France 3.

Ce sujet a pour but de montrer le succès de la ZES de Shenzhen, passée en quelques années, selon les mots du journaliste de France 3, Philippe Paester, d’une simple bourgade aux portes de Hong Kong au temple de l’abondance. Il donne ainsi à voir la croissance fulgurante de cet ancien village de pêcheurs transformé en mégapole moderne à travers des vues aériennes de nombreux gratte-ciels, mais également du plateau final réalisé par le journaliste devant ces mêmes édifices. Des plans filmés à l’intérieur de la bourse de Shenzhen, première bourse créée en République populaire de Chine en 1990, en même temps que celle de Shanghai, montrent également l’ouverture de cette ville à l’économie de marché. L’essentiel du reportage porte toutefois sur un exemple d’entreprise mixte, constituée à Shenzhen par des capitaux à la fois étrangers et chinois : celui de l’entreprise électronique japonaise Sanyo. La caractéristique principale des Zones économiques spéciales est en effet de réunir investisseurs étrangers et acteurs chinois. 

Ce reportage a été tourné à l’occasion de la visite officielle du Premier ministre français Édouard Balladur en Chine, commencée le même jour et durant quatre jours jusqu’au 10 avril 1994, bien qu’aucune étape n’ait été organisée à Shenzhen. Ce voyage du chef de gouvernement français, en compagnie d’Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, et de Gérard Longuet, ministre de l’Industrie, des Postes et télécommunications et du Commerce extérieur, avait pour but de rétablir un dialogue approfondi entre la France et la Chine, interrompu depuis 1991 et la livraison d’armes françaises au rival historique de la République populaire, Taïwan. L’objectif, pour Édouard Balladur, était également de consolider les relations économiques franco-chinoises. Aussi a-t-il, durant son séjour, visité un atelier de Saint-Gobain à Pékin et une usine d'Air Liquide à Shanghai, et rencontré les membres de la chambre de commerce franco-chinoise ainsi que les dirigeants chinois d’entreprises travaillant avec des sociétés françaises. Cette visite d’Édouard Balladur en Chine a d’ailleurs été marquée par la question des droits de l’homme. En effet, deux jours avant son arrivée, le plus célèbre des dissidents, Wei Jingsheng, avait été placé en résidence surveillée. Cinq ans après la violente répression des manifestations de la place Tian’anmen, en juin 1989, Édouard Balladur a alors été accusé par le Parti socialiste et les organisations de défense des droits de l’homme de fermer les yeux sur la répression des opposants par le pouvoir chinois afin de privilégier la signature de contrats commerciaux.

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