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La fin de la grève des mineurs en Grande-Bretagne

La fin de la grève des mineurs en Grande-Bretagne

Date de diffusion : 04 mars 1985 | Date d'évènement : 03 mars 1985

Près d’un an après avoir débuté, la grève des mineurs en Grande-Bretagne prend fin le 3 mars 1985. C’est un échec pour le président du syndicat des mineurs, Arthur Scargill, même s’il estime que la lutte doit continuer. La Première ministre, Margaret Thatcher, refuse toute amnistie pour les mineurs coupables de violences. La communauté des mineurs britanniques sort profondément divisée de ce conflit.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
03 mars 1985
Page publiée le :
16 juil. 2021
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000004250

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

De mars 1984 à mars 1985 s’est déroulée l’une des plus longues grèves de l’histoire britannique, celle des mineurs. Cette grève massive a été menée par la National Union of Mineworkers (NUM, Union nationale des mineurs) présidée par Arthur Scargill, contre le projet du National Coal Board, l’administration des charbonnages britanniques, de fermer une vingtaine de mines de charbon déficitaires et de supprimer 20 000 emplois. Ce projet, soutenu par la Première ministre conservatrice, Margaret Thatcher, en place depuis 1979 et désireuse de réduire l’influence des syndicats, revenait sur un accord à long terme obtenu par la NUM en 1974 après une autre grève.

Annoncé le 6 mars 1984, ce projet provoque aussitôt une vive réaction d’Arthur Scargill, qui souhaite son retrait pur et simple. Ainsi, tandis de nombreux mineurs se mettent déjà en grève dans le Yorkshire, principal bassin minier britannique, et en Écosse, le 12 mars 1984, la National Union of Mineworkers déclenche une grève nationale. Néanmoins, Arthur Scargill n’a pas organisé de vote général des adhérents du syndicat, ce qui a profondément divisé la communauté des mineurs britanniques.  Et, de ce fait, une partie d’entre eux, notamment dans le Nottinghamshire, refusent de se mettre en grève.

Ce mouvement, qui parvient tout de même à réunir 80 000 grévistes, se heurte pourtant à la détermination du gouvernement qui refuse de céder. Conduisant une politique libérale qu’elle voit comme le moyen de remédier au déclin du Royaume-Uni et qui fait d’elle la figure de proue du libéralisme économique dans les années 1980 au côté du président des États-Unis, Ronald Reagan, Margaret Thatcher diminue les impôts et défend le démantèlement du Welfare State (l’État-providence). Elle s’attache notamment à réduire les dépenses publiques dans les domaines de la santé et de l’éducation.

Face à la fermeté de la Dame de fer, le nombre de mineurs grévistes diminue peu à peu à partir de novembre 1984. Et le monde des mineurs britanniques se déchire, des violences croissantes éclatant même entre grévistes et non-grévistes.

La fin de la grève est finalement votée le 3 mars 1985, peu après que plus de la moitié des mineurs se soient déjà remis au travail. Deux jours plus tard, les mineurs britanniques, confrontés à des pertes financières trop importantes, reprennent le travail dans l’ensemble des bassins, près d’un an après l’avoir cessé. C’est un échec cuisant pour la National Union of Mineworkers et plus particulièrement pour Arthur Scargill. Aucune des revendications des mineurs n’a en effet été satisfaite. Cette grève et son échec marquent durablement les régions minières, laissant les mineurs profondément divisés et très affaiblis financièrement. La fin de ce conflit social consacre également la victoire de Margaret Thatcher qui n’a pas cédé au syndicat de mineurs. La Première ministre britannique refuse même de réintégrer les 700 mineurs licenciés par l’administration charbonnages britanniques ayant été reconnus coupables d’actes de violence et de vandalisme ou de vols. Elle refuse en particulier d’amnistier les 400 grévistes coupables des infractions les plus graves.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce reportage, diffusé en ouverture du journal de la mi-journée d’Antenne 2, Antenne Midi, le 4 mars 1985, est consacré à la fin de la grève des mineurs en Grande-Bretagne, près d’un an après son début. La veille, les délégués de la National Union of Mineworkers (Union nationale des mineurs) ont en effet voté la reprise du travail à une étroite majorité, par 98 voix contre 91. Le reportage se compose ainsi d’un montage d’images d’illustration filmées pendant la grève, d’interviews recueillies par Philippe Harrouard, correspondant d’Antenne 2 à Londres, ainsi que d’extraits d’allocutions des deux principaux protagonistes du conflit : Arthur Scargill et Margaret Thatcher.

Précédé d’un lancement plateau, le sujet tire plusieurs leçons de la fin de ce mouvement de grève. Il insiste d’abord sur son échec malgré sa durée historique de 356 jours. Dès son lancement plateau, Noël Mamère, le présentateur du journal télévisé, évoque ainsi presque une année de combat pour rien puisque aucune revendication n’a abouti. Philippe Harrouard parle, lui, d’un  retour au travail qui ne résout rien et surtout laisse de côté le sort des 700 hommes licenciés . Le reportage d’Antenne 2 met aussi en avant la violence de ce conflit social, en présentant plusieurs scènes d’arrestations de grévistes et de manifestations heurtées. Il précise d’ailleurs que 5 personnes ont été tuées, sans toutefois que les conditions de leur mort ne soient précisées. Les divisions du mouvement des mineurs sont également soulignées.

Enfin, le reportage d’Antenne 2 fait de ce conflit social historique un affrontement personnalisé entre deux grandes figures : Arthur Scagill et Margaret Thatcher. À deux reprises, le premier est surnommé le roi Arthur, ce qui est à la fois un jeu de mots et une référence implicite à sa domination sur la National Union of Mineworkers, ainsi qu’à son absence de recours initial à un vote général pour décider la grève. Philippe Harrouard rend d’ailleurs Arthur Scagill responsable de l’échec du mouvement. À l’inverse, la Première ministre britannique Margaret Thatcher est présentée comme la grande gagnante du conflit social. L’extrait de sa déclaration prononcée le soir de l’annonce de la cessation de la grève illustre bien la détermination de la Dame de fer qui réaffirme alors son opposition à toute amnistie des mineurs inculpés pour des infractions graves.

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