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Olympe de Gouges racontée par Benoîte Groult

Olympe de Gouges racontée par Benoîte Groult

Date de diffusion : 16 avr. 1985

Émission consacrée à Olympe de Gouges, avec Benoîte Groult et la comédienne Martine Sarcey. Cette dernière, en costume d'époque, lit des extraits de la Déclaration sur les droits de la femme et de la citoyenne, mais aussi des lettres et suppliques contre l'esclavagisme ou pour la solidarité féminine. Entre les lectures, Benoîte Groult raconte l'histoire de cette femme, féministe avant l'heure (elle demande pour les femmes le droit de vote, l'accès à l'instruction, le droit à une liberté sexuelle et le droit au divorce et à l'union libre), et qui fut l'auteure de plusieurs pièces de théâtre explosives.

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Réalisation :
Vincent Henri-Pierre
Production :
Antenne 2
Page publiée le :
18 oct. 2021
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000004364

Contexte historique

Par L'équipe Lumni Enseignement

Personnage longtemps oublié, Olympe de Gouges est aujourd'hui considérée comme une pionnière du féminisme, et célébrée à ce titre : pressentie pour entrer au Panthéon en 2013, son buste trône depuis 2016 à l'Assemblée nationale et, en 2021, sa Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne entre au programme du bac de français, dans la catégorie « Littérature d'idées ».

Née en 1748, morte guillotinée en 1793, Olympe de Gouges a vécu la période bouillonnante de la Révolution française. Bouillonnant, son personnage l'est aussi : femmes de lettres - auteure de dizaines de pièces de théâtre -, femme politique, elle prend la parole dans le débat public à travers des dizaines de discours, de brochures, d'affiches, d'articles, de lettres.

Ses idées sont véritablement révolutionnaires : Olympe de Gouges ne se contente pas de réclamer l'égalité politique pour les femmes, elle prend aussi position pour le droit à l'union libre et au divorce, contre l'esclavage, contre la peine de mort. Actrice du débat public pendant les premières années de la Révolution, elle va, à cause de ses sympathies girondines et de ses prises de positions contre les Montagnards, tomber sous la Terreur. Guillotinée le 3 novembre 1793 après une parodie de procès, elle demeure la première et la seule femme exécutée pour publication d'écrits politiques.

Dès le lendemain de son exécution, ses détracteurs s'appliquent à donner d'elle une image négative, et l'utilisent pour mettre en garde celles, qui, dans son sillage, oseraient sortir du cadre traditionnellement dévolu aux femmes : le foyer. Peu à peu, Olympe de Gouges sombre dans l'oubli. Au cours du XIXe et de la majeure partie du XXe siècle, elle n'est que rarement mentionnée dans les ouvrages traitant de la Révolution française et, si elle l'est, elle est avant tout présentée comme une courtisane et un personnage illégitime, ni femme de lettres, ni femme politique.

À l'époque où est tournée l'émission, en 1985, Olympe de Gouges est donc encore largement méconnue, puisque c'est en 1981 seulement que paraît la première biographie qui lui est consacrée, écrite par l'historien Olivier Blanc.

Et pour venir parler d'Olympe de Gouges à la télévision, l'écrivaine et journaliste Benoîte Groult est alors une personnalité toute indiquée : devenue une figure majeure du féminisme depuis la publication, en 1975, d'Ainsi soit-elle, membre du jury du prix Femina, présidente de la Commission de terminologie pour la féminisation des noms de métier, elle est surtout la première à publier et à commenter les œuvres d'Olympe de Gouges, en 1986, soit un an après la présente émission.

Jusqu'à la fin de sa vie, en 2016, Benoîte Groult continuera d'ailleurs à faire connaître Olympe de Gouges, à travers des conférences et des publications, dont la dernière, Ainsi soit Olympe de Gouges, date de 2013.

Éclairage média

Par L'équipe Lumni Enseignement

Aujourd'hui la vie (1982-1987), émission qui a pris la suite d'Aujourd'hui madame (1970-1982) est un programme de l'après-midi, s'adressant à un public composé de femmes au foyer, de travailleurs de nuit, de personnes âgées et de chômeurs. L'émission joue un rôle de médiateur culturel et social : sont proposés aussi bien des sujets culturels, sur la mode ou sur la santé, que des débats avec des invités d'horizons divers : écrivains et artistes, représentants d'associations, responsables politiques…

D'avril à juin 1985, Aujourd'hui la vie propose une série de 10 émissions, intitulée « Au nom des femmes », consacrée chacune à une femme, célèbre ou moins célèbre, qui a marqué son temps. Le principe de cette série est toujours le même : sur le plateau, une comédienne lit des extraits de l'œuvre de l'écrivaine, en costume d'époque, et une experte apporte ses connaissances sur le personnage et son œuvre. L'émission consacrée à Olympe de Gouges est la troisième de la série, après George Sand et Virginia Woolf. Suivront Christine de Pisan, Colette, Simone de Beauvoir, Flora Tristan…

Le dispositif de l'émission est très simple : la comédienne Martine Sarcey lit des textes d'Olympe de Gouges ou de ses contemporains, puis Benoîte Groult, assise, sur fond noir, les commente, de façon vivante et imagée. Le commentaire est parfois illustré par des gravures d'époque.

Le premier extrait lu, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, plante le décor, et permet à Benoîte Groult de rappeler le modernisme des idées d'Olympe de Gouges sur le sujet des droits des femmes.  D'autres extraits déroulent la biographie du personnage, depuis sa naissance à Montauban en 1748 jusqu'à sa mort en 1793 : des écrits d'Olympe de Gouges  elle-même, mais aussi des lettres de son père naturel, Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, ainsi que des passages de l'acte d'accusation du tribunal révolutionnaire, qui la condamne à la guillotine.

Les commentaires de Benoîte Groult témoignent évidemment d'une immense sympathie pour Olympe de Gouges, et d'une grande admiration pour sa force de caractère et son courage, mais ne tournent pas pour autant à l'hagiographie : elle mentionne son imprudence, sa coquetterie, ou encore son style ampoulé, frisant parfois le ridicule.

Pour finir, Benoîte Groult évoque la postérité d'Olympe de Gouges, ou plutôt son absence de postérité, entretenue pendant tout le XIXe et le XXe siècle, par des jugements méprisants, tels  ceux de Rétif de la Bretonne, ou encore celui du docteur Guillois... cocasse malgré lui.

Bibliographie

  • Olivier Blanc, Olympe de Gouges, Paris, Éditions Syros, 1981.
  • Olympe de Gouges, Œuvres présentées par Benoîte Groult, Paris, Mercure de France, 1986.
  • Benoîte Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges : la Déclaration des droits de la femme et autres textes politiques, Paris, Grasset, 2014. 
  • Catel et José-Louis Bocquet, Olympe de Gouges (roman graphique), Paris, Casterman, 2012.

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