Les élections législatives de 1962

Date de diffusion : 28 nov. 1962 | Date d'évènement : 25 nov. 1962

Lors des élections législatives des 18 et 25 novembre 1962, les Français donnent une confortable majorité au général de Gaulle.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Date de l'évènement :
25 nov. 1962
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000086

Contexte historique

Par Philippe Tétart

Quatre ans après son arrivée à l'Élysée, le général de Gaulle ne dispose plus de la quasi-unanimité qui avait marqué son accession au pouvoir. Ses appuis sont laminés par la fin de la guerre d'Algérie : le devoir de réserve ou de solidarité de 1958 n'a plus de raison d'être. Seule l'UNR lui est indéfectiblement fidèle. À l'automne, il est d'autant plus ébranlé que gronde l'opposition à son projet de réforme constitutionnelle (élection du président au suffrage universel). Il décide alors de tester sa légitimité en annonçant un référendum sur cette réforme (12 septembre). L'opposition parlementaire dépose-t-elle le gouvernement Pompidou ? Il le maintient et dissout l'Assemblée… Quitte ou double : en cas de défaite au référendum, il se retirera (allocution du 18 octobre). Le 28 octobre, le oui l'emporte, moins largement qu'en 1958 (61 %), mais cela suffit à faire passer un cap à la Ve République ; ce que les législatives des 18 et 25 novembre confirment en simplifiant le paysage politique français.

Le 25 novembre, le verdict des urnes est en effet sans appel. L'UNR et l'UDT (gaullistes) progressent (233 députés). Associés aux Républicains-Indépendants de Giscard d'Estaing (36 députés) ils composent une majorité de droite favorable à de Gaulle. La gauche (PCF et SFIO) relève la tête avec une cinquantaine d'élus de plus qu'en 1958 (107). En revanche, le scrutin a desservi l'UDSR, le PR, le MRP, les Indépendants, qui réunissent seulement 94 députés contre plus de 200 en 1958 et perdent ainsi de leur influence sur le débat politique. Victorieux sur le terrain constitutionnel, fort d'une majorité parlementaire jamais vue depuis 1919 et débarrassé de la question algérienne, le Général a désormais les mains libres pour conduire le pays dans les voies qu'il a choisies.[Serge Berstein, La France de l'Expansion. 1. La République gaullienne, 1958-1969, Le Seuil, 1989, p. 118].

Éclairage média

Par Philippe Tétart

Ouvert sur la trilogie qui accompagne ordinairement les reportages sur les législatives (vues de l'Assemblée nationale ; séquence sur l'entrée du palais Bourbon, sur l'agitation des journalistes et l'arrivée des députés ; plan d'ensemble de l'hémicycle) ce sujet souligne que la France de la Ve République vient de passer un cap politique. Le résultat des élections tel qu'il est apparu sur les tableaux de dépouillement du ministère de l'Intérieur a donné à l'hémicycle une physionomie toute différente de celle d'hier.

Articulé autour de zooms sur les patronymes de nouveaux élus (tel le gaulliste Maurice Herzog, président du haut-commissariat à la Jeunesse et aux Sports qui brigue son premier mandat), de figures montantes de la politique (tel Valéry Giscard d'Estaing) ou de vieux routiers passés au gaullisme (tel le MRP Maurice Schumann, élu depuis 1944, mais qui conquiert ici son siège en étant apparenté UNR), ce sujet insiste sur l'amorce d'une métamorphose de l'échiquier politique (bipolarisation), sur le renouvellement de ses cadres et la puissance de la victoire gaulliste. Le recours aux images du rétroprojecteur montrant le bloc de la majorité gaulliste à l'Assemblée permet lui aussi de conclure à un tournant qui laisse à de Gaulle le loisir de développer son grand dessein de redressement national.

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