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Signature du traité d'amitié et de coopération franco-allemande

Signature du traité d'amitié et de coopération franco-allemande

Date de diffusion : 22 janv. 1963

A l'issue de la signature du traité d'amitié et de coopération franco-allemande, le Général de Gaulle et Konrad Adenauer font chacun une brève déclaration officielle.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000096

Contexte historique

Par Philippe Tétart

Le 14 septembre 1958, le général de Gaulle rencontre son homologue allemand, Konrad Adenauer. Cette rencontre et les suivantes vont donner naissance à une amitié privée et, dans la logique de la réconciliation et de la coopération franco-allemande, à un axe politique fort entre Paris et Bonn, formalisé par la signature d'un traité.

Pour le Général, la clef de voûte franco-allemande doit permettre de construire une Europe non assujettie aux Etats-Unis et à l'OTAN, une Europe capable de contrebalancer l'influence britannique sur le continent (la Grande Bretagne ne fait toujours pas partie de la CEE). Mais le traité franco-allemand du 22 janvier 1963 "se réduit à peu de choses". Il prévoit des rencontres au sommet (au moins deux fois par an) et une concertation gouvernementale régulière (Affaires Etrangères, Défense, Education et Jeunesse). Seul le domaine des échanges éducatifs prendra véritablement vie. Au reste, c'est surtout sur la portée symbolique de ce rapprochement que De Gaulle et Adenauer spéculent pour renforcer leur pouvoir conjugué dans la construction européenne et au plan international. Sur ce point, ils échouent. En effet, pour l'opinion allemande, le traité est plus "l'œuvre" d'Adenauer en personne que de la classe politique, qui s'en défie. Elle profitera de la retraite du chancelier, en octobre 1963, pour se désengager en dénaturant le traité lors de sa ratification par le Bundestag.

A bien des égards, dès la fin de l'année 1963, le traité est "mort-né", d'autant que le successeur d'Adenauer, Ludwig Erhard, est plus atlantiste que son prédécesseur. Ce traité constitue cependant un acte fondateur pour l'avenir européen. En pressentant le besoin d'un rapprochement géopolitique franco-allemand dans le cadre de la construction européenne, De Gaulle et Adenauer sont visionnaires.

Bibliographie :

Jean-Baptiste Duroselle, Histoire diplomatique de 1919 à nos jours, Paris : Dalloz, 1990 (10e édition), p. 699.

Serge Berstein, La France de l'Expansion. I. La République gaullienne, 1958-1969, Paris : Seuil, 1989, p. 254.

Pascal et Danièle Fabre, L'histoire de l'Europe au XXe siècle, 1945-1974, 2e partie, Bruxelles : Complexe, 1995, pp.78-79.

Éclairage média

Par Philippe Tétart

Cette séquence est avant tout marquée par sa solennité. L'importance de l'événement (acte symbolique scellant une réconciliation que l'on veut définitive) se prête à ce que le reportage da RTF soit neutre, se contentant de montrer successivement la signature des accords par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, puis par Georges Pompidou et les deux ministres des Affaires Etrangères, enfin les deux brèves allocutions de De Gaulle et Adenauer.

Il s'agit de "rendre compte", sans commentaire et en privilégiant l'exactitude des faits, d'une date clef dans l'histoire des relations franco-allemandes. Ce traitement valorise d'autant plus la déclaration du général de Gaulle - naturellement mise en exergue - qui souligne "l'importance capitale de cet acte (...) parce qu'il tourne la page après une si longue et si sanglante histoire de luttes et de combats, mais aussi parce qu'il ouvre toutes grandes les portes d'un avenir nouveau, pour l'Allemagne, pour la France, pour l'Europe et, par conséquence, pour le monde".

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