De Gaulle réélu président de la République en 1965

Date de diffusion : 22 déc. 1965 | Date d'évènement : 19 déc. 1965

Résumé de la soirée électorale du second tour de l'élection présidentielle de 1965.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Date de l'évènement :
19 déc. 1965
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000104

Contexte historique

Par Philippe Tétart

A partir de 1963-1964, la politique extérieure du général de Gaulle (Europe, OTAN) et la récurrence croissante de la contestation sociale et politique laissent entrevoir la possibilité, pour l'opposition, aussi bien de droite que de gauche, de mener une offensive gagnante contre l'homme revenu au pouvoir en 1958. Les scores de l'UNR, le bastion gaulliste, ont baissé de façon notable aux cantonales de mars 1964 et aux municipales de mars 1965.

Aussi l'opposition espère-t-elle une poursuite de l'effritement de l'électorat gaulliste. Il est au reste très improbable que le général de Gaulle ne passe pas le premier tour des présidentielles de 1965. Le 5 décembre, il le passe, en effet. Toutefois, le score qu'il réalise ne souffre pas la comparaison avec les résultats des différents référendums de la période 1958-1962. C'est donc un échec pour l'homme du 18 juin. Avec 43,78% des voix, il doit affronter, au second tour, le candidat de la gauche réunie, François Mitterrand, crédité de 32,23%. Le 19 décembre, le général de Gaulle arrive en tête avec 54,5% des voix et entame un second septennat. Il a notamment profité d'un large report des voix centristes portées sur Jean Lecanuet au premier tour.

Nonobstant sa réélection, c'est une mise en garde sévère de l'opinion envers le président, puisqu'elle ne lui a jamais été si peu favorable depuis 1958. Autre conséquence : cette élection, avec le principe des deux tours et d'un duel de second tour, entraîne une bipolarisation de la vie politique française. La gauche, réunie derrière la bannière mitterrandienne, se prépare, dans ce cadre, pour la deuxième manche de son match contre l'UNR et ses alliés, les législatives de 1967, qui seront marquées par une nette poussée de la gauche.

Éclairage média

Par Philippe Tétart

En montrant, sur un rythme de montage rapide et dense, l'impressionnant dispositif mis en place par le Ministère de l'Intérieur pour les élections et la noria de journalistes dépêchés sur l'événement, les Actualités Françaises soulignent l'importance de ce second tour dans la vie politique française. On notera ici en particulier le choix de montrer le "public polarisé autour des écrans de télévision", dans l'attente des résultats. Les écrans de télévisions installés devant Le Figaro témoignent de la place accrue que le petit écran occupe désormais, au-delà même de la soirée électorale, dans la vie politique. Quant au reste, cette séquence se caractérise par sa neutralité. "Ainsi le général de Gaulle est réélu pour sept ans président de la République"… Mais au-delà du commentaire, aucune analyse de fond ne vient réellement émailler le reportage, qu'il s'agisse du score relativement étriqué du Général (par rapport aux référendums) ou des conséquences de cette élection et de la remarquable percée de François Mitterrand, qui vont pourtant peser très lourd dans le remodelage progressif de la scène politique française.

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