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L'abolition de la peine de mort à l'Assemblée nationale

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 18 sept. 1981

L'Assemblée nationale vote l'abolition de la peine de mort à une large majorité, qui associe à la gauche quelques députés des droite.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000146

Contexte historique

Par Jean-Claude Lescure

La peine de mort constitue, dans la France de 1981, un anachronisme judiciaire et politique car la plupart des autres pays européens ont aboli cette pratique. Selon les sondages, l'opinion publique française défend la peine capitale à plus de 60 %. François Mitterrand a promis, pendant la campagne électorale, de faire voter l'abolition : pour ce faire, il a nommé un avocat adversaire déclaré de la guillotine à la Chancellerie.

Robert Badinter fait inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblé nationale l'abolition : le débat s'engage le 17 septembre. Dans son discours de la représentation nationale, le ministre rappelle les arguments des abolitionnistes : la peine de mort est contraire à l'esprit de la religion chrétienne, aux valeurs de la révolution française ; en pratique, elle ne dissuade pas les délinquants de passer à l'acte. Son discours déchaîne les applaudissements quand il conclut : Demain, grâce à vous, la justice française ne sera pas une justice qui tue ; demain, grâce à vous, il n'y aura plus dans les prisons, pour notre honte commune, d'exécution furtive à l'aube, sous un dais noir ; demain, grâce à vous, les pages sanglantes de notre justice auront été tournées.

L'opposition est pour sa part divisée : sa majorité suit les positions favorables aux défenseurs des exécutions, menés par le député UDF Pascal Clément, tandis que 16 RPR sur 88 votent le texte du ministre de la Justice (dont Jacques Chirac, Philippe Séguin, François Fillon) et 21 UDF sur 62 (Jacques Barrot, Pierre Méhaignerie, Jean-Pierre Soisson). Au Sénat, en revanche, les opposants se font entendre, mais les sénateurs votent le texte dans les mêmes termes le 29 septembre : la peine de mort est alors abolie.

Éclairage média

Par Jean-Claude Lescure

L'événement historique que constitue l'abolition de la peine de mort est bien perçu par la télévision qui accorde plus de 5 minutes à ce sujet, mêlant l'analyse au reportage à l'Assemblée nationale. Dans l'hémicycle, les caméras montrent tous les protagonistes du débat : le président de séance, les députés et le public installé dans les tribunes. Sans reprendre le plaidoyer de Robert Badinter, le reportage s'attarde sur l'analyse du scrutin que fait le ministre : il insiste sur la majorité qui assemble députés de gauche et de droite, signe d'une réforme qui dépasse les clivages politiques traditionnels.

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