Mers El-Kébir : la flotte française attaquée par la Royal Navy

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 23 oct. 1940 | Date d'évènement : 03 juil. 1940

Le 3 juillet 1940, la Royal Navy se présente devant la base navale de Mers El-Kébir près d'Oran et lance un ultimatum au vice-amiral français Gensoul. Leurs revendications rejetées, les Britanniques ouvrent le feu. Plusieurs navires sombrent.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités mondiales
Date de l'évènement :
03 juil. 1940
Production :
Les Actualités Mondiales
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000224

Contexte historique

Par Françoise Berger

Le 3 juillet 1940, la force H de la Royal Navy aux ordres de l'amiral Somerville se présentait devant la base de Mers El-Kébir, près d'Oran, porteuse d'un ultimatum offrant aux bâtiments français un quadruple choix : rallier les ports britanniques pour continuer la guerre aux côtés de la Grande-Bretagne ; conduire les bâtiments dans un port britannique ; les mener aux Antilles pour les démilitariser ou les placer sous contrôle américain ; les saborder.

L'amiral Gensoul refusant de répondre positivement à l'une de ces options, la flotte anglaise ouvrit le feu à 16 h 57 : 1297 hommes périrent, dont 977 marins enfermés dans les cales du cuirassé Bretagne. Ce drame, dont la propagande vichyste tira abondamment parti dans sa lutte anti-britannique, illustre les logiques et les passions qui animent chacun des acteurs. Côté britannique, la volonté de neutraliser la quatrième flotte mondiale ne fait aucun doute. Certes, l'amiral Darlan avait promis de ne jamais laisser les bâtiments français combattre aux côtés des Allemands. Mais Londres restait sceptique et n'entendait pas confier le sort d'une Grande-Bretagne aux abois à la seule parole d'un homme. C'est donc avec résolution que Churchill prit la décision qui lui paraissait s'imposer. Côté français, il n'était évidemment pas question de laisser les bâtiments filer en Grande-Bretagne ou ailleurs. Engagés dans une logique de collaboration, les hommes de Pétain n'entendaient pas aider leur ancienne alliée tout comme ils refusaient de se priver d'un atout qu'ils comptaient, à plus ou moins long terme, monnayer avec le Reich.

Dans cette mesure, l'affrontement semblait inéluctable. Il emprunta pourtant une forme particulièrement tragique. Réputé anglophile, l'amiral Gensoul ne chercha pas cependant les termes d'un accord pacifique. C'est ainsi qu'il tut, dans ses télégrammes, l'offre "antillaise" des autorités anglaises, faisant apparaître l'ultmimatum pour plus brutal qu'il n'était. Il ne croyait sans doute pas non plus que les Britanniques passeraient à l'acte. L'amiral Darlan par ailleurs, outré que l'on mette sa parole en cause, n'hésita pas à ordonner que l'on riposte fermement à l'agression britannique, ce qui ne pouvait que conduire à l'escalade. La position de Londres reste encore aujourd'hui confuse. La Grande-Bretagne était-elle véritablement prête à accepter le scénario antillais ou cherchait-elle, une fois les navires en haute mer, à s'en emparer ? Les représailles ordonnées par Philippe Pétain furent relativement légères, bien que Darlan eût préféré des mesures plus sévères. Mais un flot de sang séparait désormais les deux anciens alliés ce qui ne facilita pas, avant 1942, le ralliement des marins français au camp gaulliste. [Voir Hervé Couteau-Begarie et Claude Huan, Mers El-Kébir, Paris : Economica, 1996]

Éclairage média

Par Françoise Berger

Il s'agit du premier reportage provenant de la zone non occupée. Sa place, en fin de bande, et sa durée (près de sept minutes, la plus longue de tous les reportages) lui confèrent un statut singulier qui montre avec quel soin les Allemands ont voulu rendre compte de l'événement. La mise en scène de ce reportage cherche à toucher les sentiments patriotiques profonds du spectateur. Le commentaire en voix off est très présent, il est virulent dans sa forme (texture, ton, rythme et volume de la voix) et sur le fond, violemment anglophobe. Sur le premier plan, la rade de Mers El-Kébir, le commentaire fait allusion à la tentative, repoussée, de débarquement des forces anglaises menées par le général de Gaulle à Dakar les 23, 24 et 25 septembre. Il est ainsi établi un lien entre les deux événements présentés comme le résultat d'une même trahison venue d'Angleterre.

Ce document fait partie des actualités cinématographiques diffusées du 7 août 1940 au 14 août 1942 sous le label "Actualités mondiales". Pathé et Gaumont s'étant repliés en zone sud, ce journal fut le seul diffusé dans la zone occupée. Version pour la France du journal allemand de l'UFA Deutsch-Wochenchau, il était conçu, monté et sonorisé à Berlin et ne comprenait que quelques sujets portant spécifiquement sur la France.

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