La nationalisation des houillères

Date de diffusion : 30 mars 1945

Le ministre Robert Lacoste annonce la nationalisation des houillères, dans "l'intérêt exclusif de la nation". La nationalisation doit permettre d'accélérer la production mais également de mieux associer les salariés au fonctionnement du travail.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Production :
INA
Page publiée le :
2004
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000333

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

Les nationalisations constituent l'une des principales réformes économiques de la Libération et marquent la volonté de l'Etat de prendre en main la reconstruction et la modernisation du pays. Dès le 14 décembre 1944, une ordonnance proclamait la nationalisation des houillères du Nord et du Pas-de-Calais. Outre la volonté de prendre le contrôle d'entreprises ayant travaillé pour l'ennemi, la nationalisation des Houillères était également inséparable de l'immense effort de reconstruction qui attendait la France en 1944.

Or, l'Etat apparaissait comme seul à même de conduire cette tâche : les nationalisations devaient assurer aux pouvoirs publics des "leviers de commande" leur permettant de concentrer les efforts et de coordonner les investissements. Enfin, les nationalisations devaient permettre l'instauration de nouveaux rapports sociaux au sein des entreprises concernées, transformant le statut des travailleurs et assurant une répartition plus équitable des pouvoirs au sein de l'entreprise. Après la nationalisation des houillères, le gouvernement procèdera à plusieurs grandes vagues de nationalisations : "nationalisations-sanctions" du printemps 1945 (Renault, Gnôme et Rhône, SNECMA), nationalisation des secteurs bancaires en décembre 1945, nationalisations des compagnies d'électricité et de gaz au printemps 1946. La nationalisation des houillères fut une véritable réussite sur le plan économique : dès 1947, la "bataille du charbon" était gagnée.

Un important effort de modernisation des équipements et matériel fut entrepris, permettant d'améliorer considérablement le rendement journalier des mineurs. En 1949, la production de charbon atteint 52 millions de tonnes contre 47 millions en 1938. En revanche, sur le plan social, les promesses de l'instauration d'une véritable démocratie au sein de l'entreprise ne furent pas véritablement tenues, entraînant une certaine déception pour de nombreux travailleurs.

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

Après avoir présenté à travers un discours de Robert Lacoste, les motivations générales ayant abouties à la nationalisation des Houillères, le reportage insiste essentiellement sur les conséquences sociales de cette mesure permettant de mieux associer les salariés au fonctionnement de l'entreprise. Il est vrai que l'urgence commande : la production de charbon ne peut redémarrer qu'avec l'accord des mineurs et de leurs syndicats, ce qui explique sans doute cette volonté de présenter sous un jour social la mesure de nationalisation.

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