L'explosion des effectifs scolaires : la rentrée 1964

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 12 oct. 1964

Les effectifs scolaires ont connu une augmentation spectaculaire depuis 1951 en raison de la forte croissance des naissances et de la prolongation de la scolarité. Il a fallu construire de nombreux bâtiments et doubler le nombre des enseignants.

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Production :
INA
Page publiée le :
2005
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000389

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

La conjonction de la forte croissance démographique et de l'allongement de la scolarisation provoque une véritable "explosion scolaire" (c'est le titre d'un ouvrage de Louis Cros publié en 1961) en France à partir du début des années 1950 : la population scolarisée dans les écoles, collèges, lycées et universités, qui était de 7 715 000 en 1954, dépasse les 12 millions en 1968.

Les enfants du "baby-boom" - 800 000 nés en moyenne chaque année depuis 1946, soit près de 200 000 individus de plus qu'avant la guerre que l'école doit désormais accueillir - commencent ainsi à submerger l'enseignement primaire dès 1951-1952, puis atteignent le secondaire dans la seconde moitié des années 1950, et enfin le supérieur au milieu des années 1960. D'autre part, la scolarité s'allonge : alors qu'en 1954, 54% des garçons et 57% des filles de 14 ans seulement étaient scolarisés, en 1968, ils sont respectivement 86% et 93%. Toujours en 1968, 54% des garçons âgés de 16 ans sont désormais scolarisés (contre 35% en 1954) et 62,5% des filles (contre 38% en 1954). L'ordonnance du 6 janvier 1959 avait du reste décidé de prolonger l'obligation scolaire jusqu'à 16 ans à partir de 1967, épousant plutôt que provoquant les progrès de la scolarisation. Si le primaire voit ses effectifs s'accroître (ses élèves passent de 4,3 millions en 1945 à 5,7 millions en 1959) c'est surtout l'enseignement secondaire qui est alors touché par la massification : en 1968-1969, il accueille 3,8 millions d'élèves contre seulement 740 000 en 1945. Il faut noter que l'explosion des effectifs a été encore plus spectaculaire pour les filles. L'enseignement supérieur connaît lui aussi une progression très nette, le nombre d'étudiants passant de 97 000 en 1945 à 210 900 en 1960 et 748 000 en 1970.

Pour faire face à cet afflux d'élèves sans précédent touchant tous les niveaux d'enseignement, les dépenses budgétaires de l'Education nationale sont multipliées par six entre 1952 et 1971. Le nombre d'enseignants recrutés est considérablement augmenté : on passe de 17 400 enseignants dans le second degré en 1945 à 54 000 en 1958 et 185 000 en 1973. Enfin, de très nombreux établissements scolaires sont construits (2 500 entre 1965 et 1975, soit un par jour ouvrable), de même que des universités, dont celle de Nanterre qui ouvre précisément ses portes en octobre 1964.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet des "Actualités françaises" donne à voir un traitement en deux temps. La première séquence est consacrée à un thème marronnier, c'est-à-dire qui revient chaque année : la rentrée scolaire. Différents plans présentent ainsi successivement la rentrée dans les écoles, dans les lycées et enfin dans les universités. Le reportage montre de manière très convenue un jeune enfant, conduit par sa mère, pleurant et refusant d'entrer dans son école. Ce passage sur la rentrée 1964 introduit en fait une deuxième séquence qui occupe la majeure partie du sujet et présente un bilan global de la situation de l'enseignement en France. On pénètre ainsi au sein des classes elles-mêmes. Ces plans centrés sur des classes et des amphithéâtres bondés ainsi que sur des foules de lycéens visent à souligner les difficultés engendrées par l'explosion des effectifs scolaires - même si d'un ton très patriotique le commentaire souligne qu'il s'agit d'un "record heureux pour la nation".

Des schémas, en présentant des statistiques sur la croissance des naissances ou l'allongement de la scolarité, illustrent eux aussi la massification scolaire et ses conséquences. Le reportage ne se contente cependant pas d'exposer cette révolution quantitative de l'école. Il cherche à souligner la capacité de la France à relever le défi de l'explosion scolaire. De nombreux plans présentent ainsi des établissements scolaires en construction, de même que des bâtiments modernes tout juste achevés, donnant l'image d'un vaste chantier figurant au premier plan des priorités nationales. Le commentaire final en est particulièrement emblématique : "L'Education nationale retrouve parmi les activités de l'Etat, la part prépondérante qui lui est due".

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