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Le travail des femmes en France de 1914 à 2000

Date de diffusion : 28 nov. 2000

Au moment où la levée de l'interdiction du travail de nuit des femmes va être adoptée par l'Assemblée nationale en novembre 2000, ce reportage propose une rétrospective des avancées ayant permis l'accès des femmes au travail depuis 1914.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2005
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000412

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Au cours du XXe siècle, des progrès lents, mais considérables ont été accomplis pour les femmes dans le domaine du travail. C'est avec la Première Guerre mondiale qu'elles arrivent en masse dans le monde du travail, remplaçant les hommes partis combattre, au sein des industries converties dans la production de guerre. Ensuite, en 1920, les institutrices sont les premières à obtenir l'égalité de rémunération avec les hommes.

Il faut cependant attendre les années 1960 et 1970, malgré l'inscription dans le préambule de la Constitution de 1946 du principe de l'égalité des droits entre hommes et femmes, pour que des mesures législatives permettent une véritable émancipation féminine dans le travail. Les femmes obtiennent ainsi en 1965 le droit d'exercer une activité professionnelle sans l'autorisation de leur mari et, le 22 décembre 1972, une loi pose le principe de l'égalité de rémunération pour les travaux de valeur égale entre les hommes et les femmes. De même, la loi Roudy du 13 juillet 1983 (du nom de la ministre des Droits de la femme de 1981 à 1986, Yvette Roudy) interdit toute discrimination professionnelle en raison du sexe, et la loi Génisson de 2001 rend obligatoires des négociations annuelles sur l'égalité professionnelle dans les entreprises.

Mais ces lois peinent à se concrétiser, si bien qu'en 2005 l'écart moyen des rémunérations entre les hommes et les femmes reste de 25 %. Dans un emploi similaire, en effaçant les distorsions dues à l'âge, à la formation et à l'ancienneté, un écart de 5 % à 7 % demeure. En outre, si désormais les femmes représentent près de la moitié de la population active française (le taux d'emploi des femmes françaises est de 80 %), contre seulement un tiers dans les années 1960, elles n'ont toujours pas accès aux postes de responsabilités : on ne compte en 2005 que 26 % de femmes parmi les cadres du secteur privé, 11,5 % parmi les chefs d'entreprises de 50 salariés et plus, 7 % parmi les cadres dirigeants des 5 000 premières entreprises françaises et 5 % dans les conseils d'administration des entreprises du CAC 40.

Pour tenter de remédier à ces inégalités, Nicole Ameline, ministre de la Parité et de l'Égalité professionnelle dans le gouvernement Raffarin, présente en mai 2005 un projet de loi : il vise à réduire en cinq ans les écarts de salaire entre les femmes et les hommes, et à aboutir à une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes dans les conseils d'administration des entreprises publiques, ou au sein des instances prudhommales.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce reportage prend prétexte de la discussion à l'Assemblée nationale en novembre 2000 d'une proposition de loi sur l'égalité professionnelle hommes-femmes pour retracer les principales étapes ayant permis l'émancipation des femmes dans le domaine du travail depuis 1914. Cet historique est ainsi dans un premier temps très largement réalisé à partir d'un montage d'images d'archives, en partie au son de musiques d'époque, que la journaliste commente : les femmes sont montrées au travail comme munitionnettes dans les usines d'armement durant la Grande Guerre, comme opératrices de téléphone après 1945 ou bien comme ouvrières dans les années 1960. Des plans sur des manifestations pour les droits des femmes organisées dans les années 1970 sont également diffusés. Les dates marquantes de l'accès des femmes à l'égalité professionnelle (1946, 1965, 1967, 1972, 1983 et 2000) sont incrustées sur des images arrêtées.

Dans un deuxième temps, le reportage s'intéresse à la réalité de la situation professionnelle féminine en 2000. Le témoignage (filmé dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne) d'une femme qui a créé son entreprise, ainsi que les images présentant des employées dans une cantine scolaire ou des caissières, visent à souligner la persistance de l'inégalité « culturelle » hommes-femmes dans le travail, alors que l'égalité juridique a été inscrite dans la loi. C'est également ce que met en avant Nicole Péry, secrétaire d'État aux Droits des femmes et à la Formation professionnelle dans le gouvernement Jospin.

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