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Le quartier des Minguettes à Vénissieux en 1981

Date de diffusion : 22 sept. 1981

Description de la dégradation des conditions de vie des habitants du quartier des Minguettes à Vénissieux (Rhône).

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2005
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000442

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

A partir de la fin des années 1950 et surtout dans les années 1960, de nombreux grands ensembles ont été bâtis rapidement en France. Construits à proximité des grandes villes, ils sont constitués de blocs de béton (tours et barres) organisés selon une régularité monotone et des dimensions souvent très étendues. C'est le cas de la ZUP (Zone à Urbaniser en Priorité) des Minguettes, édifiée à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise, entre 1965 et 1973. Conçue par un architecte premier prix de Rome, comme de très nombreux grands ensembles, c'est l'un des plus vastes programmes d'habitat social en France : 9 200 logements ont ainsi été créés, hébergeant 35 000 habitants.

Mais, à l'instar de la plupart de ces quartiers, les Minguettes vieillissent vite, voient nombre de leurs habitants ayant les moyens les quitter, tandis que la part des populations d'origine immigrée y croît, de même que la paupérisation et le chômage. Durant l'été 1981, des incidents violents éclatent dans le quartier : des jeunes affrontent la police lors de "rodéos" à bord de voitures volées, tandis que d'autres véhicules sont incendiés. Relayés par les médias, ils suscitent un émoi considérable. Ces premières violences urbaines dans les banlieues françaises marquent le début d'une prise de conscience du problème de ces périphéries des grandes villes devenues des zones d'exclusion.

Une politique de la ville est alors mise en place dans le but de les réhabiliter : en 1981 est créée la Commission Nationale pour le Développement Social des Quartiers, puis en 1982 les Opérations Préventions Eté (OPE), plus connues sous le nom d'opérations anti-été chaud, sont instaurées. La même année, Alain Savary, ministre de l'Education nationale définit des "Zones d'Education Prioritaires" (ZEP). Quelques entreprises de rénovation des grands ensembles sont également lancées : aux Minguettes trois tours sont de la sorte détruites en 1983. Mais la croissance des violences au début des années 1990, notamment en octobre 1990 à Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise, révèle que le problème de l'exclusion des périphéries des grandes villes n'a toujours pas été réglé.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Le journal télévisé de 13 heures d'Antenne 2 est réalisé en direct du quartier des Minguettes, à Vénissieux, le 22 septembre 1981. Cette émission spéciale fait suite aux violents incidents qui ont agité cette ZUP durant l'été. Le présentateur est ainsi présent sur place, entouré de témoins dont le maire de Vénissieux, et d'une foule de badauds. Le but de ce journal en direct des Minguettes est de chercher à analyser les raisons du "malaise" de ce quartier par le biais de témoignages, de débats et de reportages sur le terrain.

C'est le cas du présent sujet qui s'attache à évoquer les différents problèmes du quartier. De nombreux plans sur les tours de béton en mauvais état, aussi bien de l'extérieur (fenêtres brisées) qu'à l'intérieur (appartements vides délabrés, couloirs sales), illustrent dans un premier temps la dégradation des conditions de vie. Détérioration qui suscite le départ croissant d'habitants qui vivaient aux Minguettes depuis les années 1960 : ce phénomène est illustré par des images d'un déménagement. La violence qui sévit dans le quartier n'est elle que brièvement évoquée par des plans sur des voitures de police. Aucune image des incidents de l'été 1981 n'est ainsi diffusée dans ce reportage. Du reste, en lançant ce sujet, le présentateur avait bien précisé que la délinquance ne constituait pas l'unique problème des habitants des Minguettes. Le reportage insiste également sur la croissance des populations issues de l'immigration s'installant dans le quartier et sur les difficultés de cohabitation qui en résultent, s'appuyant sur l'analyse de la sociologue Andrée Chazalette. Enfin, dernière cause du malaise du quartier des Minguettes présentée par ce reportage : un chômage très important. La caméra filme ainsi un bureau de l'ANPE. Le témoignage d'une jeune chômeuse, interrogée en compagnie de son mari qui gagne lui-même mal sa vie, illustre de même le haut niveau de chômage aux Minguettes.

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