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Louis Aragon

Louis Aragon

Date de diffusion : 27 janv. 1967

Louis Aragon explique à des adolescents le sens qu'il donne à son métier d'écrivain.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000515

Contexte historique

Par Vincent Casanova

Né en 1897, Louis Aragon entre en écriture en fondant la revue Littérature (1919) en compagnie d'André Breton et Philippe Soupault avec qui il initie, quelques temps après, le mouvement surréaliste (1923). Ses textes se distinguent alors par son élégance précieuse et son lyrisme (Les Paysans de Paris, 1926). À la suite de Breton, Aragon rejoint le Parti communiste français (PCF) en 1927. Peu après, il rencontre Elsa Triolet, belle-sœur du poète soviétique Vladimir Maïakovski. À la différence des anciens surréalistes qui refusent de se soumettre à la volonté d’un quelconque groupe, Aragon s’engage dans la lutte politique. Il devient simple journaliste à L'Humanité et entame une nouvelle carrière de romancier. Sur le modèle de Balzac et de Zola, et suivant le dogme soviétique du réalisme socialiste, Aragon entame un grand cycle romanesque qu’il appelle Le Monde réel avec, notamment, Les Voyageurs de l’Impériale (1939) et Aurélien (1945).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage corps et âme dans la Résistance. Membre du comité directeur du journal clandestin Les Lettres françaises, il réoriente son activité littéraire. Ces années noires marquent en effet un retour aux règles poétiques de la prosodie traditionnelle (l'alexandrin). Dans Le Crève-Coeur (1941), Les Yeux d'Elsa (1942) et La Diane française (1946), il célèbre autant la beauté de sa femme que celle de la France, récupérant la tradition de la poésie amoureuse pour la mettre au service de son combat politique.

Après la Libération, Aragon, célébré comme l'ingénieur des âmes, soutient sans limites la politique de guerre froide et pro-soviétique du PCF. Après la mort de Staline (1953) et le rapport Khrouchtchev (1956), Aragon traverse une crise dont il ne sort qu’en se consacrant à la direction des Lettres françaises qu'il dirige jusqu'en 1972. Deux grandes œuvres naissent de cette crise : Le Roman inachevé (1956), autobiographie poétique et La Semaine sainte (1958), gigantesque reconstitution mi-historique mi-romanesque d’un des derniers épisodes de la carrière napoléonienne.

Après la mort d’Elsa Triolet (1970), il poursuit ses activités politiques auprès de l’union de la gauche, change radicalement de style de vie et affiche dans les médias ses relations homosexuelles. Sa mort en 1982 est aussi celle du dernier des intellectuels communistes, à la fois populaire (ses poèmes ont été mis en chanson par Jean Ferrat par exemple) et reconnu par la critique (son œuvre est éditée dans la prestigieuse collection de la Pléiade).

Éclairage média

Par Vincent Casanova

Cette séquence issue de l'émission de variétés produite par Guy Béart Bienvenue chez Guy Béart est une illustration de la dualité de la télévision gaulliste : à côté d'une information strictement contrôlée, les programmes affichent une ouverture certaine. Ainsi, ce 5e numéro de Bienvenue chez Guy Béart est consacré à deux poètes et intellectuels communistes, Elsa Triolet et Louis Aragon, et accueille également ce jour là : Simon et Garfunkel, Catherine Sauvage, Avron et Evrard...

Ce document nous montre Louis Aragon comme un vieux monsieur digne et souriant, incarnant d'une certaine manière l'art d'être grand-père. Assis au milieu d'adolescents, il explique simplement et avec légèreté ce qui fait l'unité de son métier d'écrivain et de son engagement politique. Jouant sur le registre de la complicité (il dit machin-chouette plutôt que communiste, grand mot effrayant), il offre le visage sympathique du militant. Ce sentiment de proximité semble toutefois mis en scène dans la mesure où le rire semble légèrement forcé et que, sous les dehors de spontanéité, c'est bien un discours extrêmement réglé qu'Aragon formule, justifiant de manière très rhétorique son engagement politique le faisant découler de sa condition d'écrivain mais non pas le contraire.

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