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François Léotard annonce la privatisation de TF1

Date de diffusion : 14 mai 1986

Le ministre de la Culture et de la Communication, François Léotard, annonce à l'Assemblée Nationale la privatisation de TF1, la plus ancienne chaine de télévision.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

  • Niveaux: Cycle 4 - Lycée général et technologique - Lycée professionnel

    Il était une fois… la télévision

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000530

Contexte historique

Par Carole Robert

Au début des années 1980, le monopole de l'Etat sur la télévision commence à être remis en cause progressivement. Un an après la fondation de Canal +, François Mitterrand annonce, à la surprise générale, la fondation d'une chaine privée confiée à des entrepreneurs proches du Gouvernement (4 janvier 1985). Le 20 novembre, la Cinq est confiée à Seydoux, Riboud et Berlusconi, le 28 Janvier 1986, la Six est concédée à Publicis-NRJ-Gaumont.

En mars 1986, le gouvernement de Jacques Chirac fait de la télévision le symbole de son néo-libéralisme, promettant un réel "désengagement de l'Etat". Chirac est toutefois moins partisan de la libéralisation de la télévision que son ministre de la Culture et de la Communication, François Léotard, qui voudrait ne laisser qu'une seule chaine publique. Le 14 mai, c'est TF1 qui est privatisée, à la place de FR3, car la chaine est estimée plus à gauche. Cas unique dans l'histoire des télévisions occidentales, la privatisation d'une chaine publique provoque étonnamment peu de remous. Le prix de vente de TF1 (4,5 milliards de francs) est fixé par le ministre des Finances, Edouard Balladur, et c'est le groupe de Francis Bouygues, issu de l'industrie du bâtiment, qui paraît plus solide que Lagardère et Hachette pour devenir le premier opérateur de TF1 pour dix ans.

Francis Bouygues a conscience du pouvoir d'influence de la télévision et il apprend vite à le maîtriser : sans faire travailler ses journalistes comme des contremaîtres d'un chantier, il resserre les liens entre composantes de son groupe, décroche des marchés fabuleux et soutient certains hommes politiques tel Michel Noir en 1990. A sa mort en 1993, c'est son plus jeune fils, Martin qui reprend les commandes de la chaîne.

Éclairage média

Par Carole Robert

Le discours de François Léotard est représentant de tout l'argumentaire libéral : éloigner l'Etat de l'information, réduire l'importance du service public et favoriser l'existence d'un secteur privé de qualité c'est-dire de "création". Il explique que TF1 est choisie car son niveau d'audience lui permettra de faire face à la concurrence. En fait, TF1 est choisie par la majorité car elle est jugée plus "à gauche" que la deuxième chaîne.

On sent d'ailleurs que François Léotard, qui a un ton extrêmement convaincu, est désireux de privatiser d'autres chaînes, il annonce même explicitement la mise en étude de la privatisation de FR3. En effet, pour François Léotard, la loi sur l'audiovisuel doit être sa "Grande Loi" : il voudrait réduire le secteur public à une seule chaîne de télévision et une société de radio et privatiser les deux autres chaînes de télévision, des radios locales et la Société Française de Production.

Quant à Claude Sérillon, le présentateur de la deuxième chaîne, il annonce sans un enthousiasme débordant cette nouvelle, un brin de nostalgie perce même dans sa remarque sur "la plus ancienne des chaînes".

Le reportage est filmé dans l'Assemblée nationale, or cette ouverture du Parlement à la télévision, vecteur d'une transparence entre l'espace politique et le citoyen, est nouvelle. Avant 1981, la télévision ne fait que de brèves incursions, certes remarquées, à l'Assemblée nationale. C'est en mai 1981 que l'image du Palais Bourbon est revalorisée : après négociations avec les chaînes, FR3 a le droit de retransmettre tous les mercredis les sessions parlementaires sur les questions d'actualité. Les parlementaires s'habituent à la présence de caméras et suivent même des stages d'initiation à l'audiovisuel. La présence des caméras modifie le rituel, en développant la recherche d'effets de séances et de répliques aiguisées entre majorité et opposition.

L'audience étant bonne, l'idée d'une chaîne "parlementaire et civique" fait son chemin : en 1993, Canal Assemblées voit le jour. Le jeune public a droit aussi à des émissions pédagogiques, comme "Le Parlement des enfants", qui obtiennent un grand succès dans les années 1990.

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