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L'inauguration de la télévision couleur

L'inauguration de la télévision couleur

Date de diffusion : 01 oct. 1967

À l'occasion de l'inauguration de la télévision en couleur qui s'effectue en direct, le ministre de l'Information, Georges Gorse, prononce une allocution. Il souligne les efforts techniques réalisés par les industriels et les équipes de l'ORTF.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000637

Contexte historique

Par Christelle Rabier

Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, une partie importante des décisions politiques touchant à la télévision concerne les normes techniques qui la régissent. Il revient à François Mitterrand, secrétaire d'État chargé de l'Information, de fixer la définition à 819 lignes en 1948, puis à Charles de Gaulle d'adopter la norme SECAM (Sequentiel Couleur A Mémoire) pour la télévision couleur.

La technologie de la télévision couleur est mise au point par Henri de France (1911-1986). L'ingénieur s'était intéressé très tôt à la technologie de la télévision. Dès 1931, il fonde au Havre la Compagnie générale de la télévision : il y met au point, au cours des années 1930, des appareils à faible définition. En 1956, il dépose le brevet de la télévision en couleur par le procédé SECAM. Le procédé utilise les propriétés de la synthèse de la couleur, permise par addition des trois couleurs primaires, bleu, jaune et rouge. À la différence des deux autres normes mises au point aux États-Unis (National Television System Committee, N. T. S. C.) et en Allemagne (Phase Alternation Line, P. A. L.), ce système ne transmet pas les signaux simultanément, mais par séquence. Favorable à une politique d'indépendance nationale, Charles de Gaulle soutient le procédé SECAM. En 1961, le premier émetteur expérimental en couleur est mis en service. Cette norme devient un fer de lance diplomatique pour le général de Gaulle, qui convainc l'URSS et le bloc soviétique, ainsi que les pays d'Afrique et du Moyen-Orient sous influence française, de l'adopter.

À l'heure où Georges Gorse inaugure la couleur, la télévision française a connu d'importants bouleversements. À la suite de nombreuses grèves du personnel à partir de 1961, l'Office de radio et de télévision français (ORTF) est créé en 1964, censé assurer une relative autonomie à ce média. Pour autant, ce statut ne modifie pas le monopole étatique sur la télévision. L'organisme est placé sous la tutelle du ministre de l'Information, qui entend ainsi contrôler le respect du service public. À sa tête se trouve un conseil d'administration, constitué à parts égales de représentants de l'État et du personnel qualifié du secteur. Plusieurs mesures en accentuent la prééminence de la télévision parmi les autres médias : une 2e chaîne est créée en 1964 ; en 1965, le ministre de l'Information Alain Peyrefitte accorde deux heures d'antenne à chacun des candidats à l'élection présidentielle.

La révolution de la couleur ne touche d'abord que la 2e chaîne, à partir de 1967 ; à cette date, on ne trouve que 1 500 récepteurs couleur sur le territoire. Lorsque la 3e chaîne est inaugurée à la fin de l'année 1972, elle est en couleur. Pour des raisons techniques, la 1re chaîne, devenue TF1 en 1975, n'a longtemps pu adopter la couleur. En effet, le réseau d'émetteurs noir et blanc à 819 lignes n'a jamais été adapté, à cause du coût industriel et de l'occupation du signal modulé. C'est pourquoi la 1re chaîne a continué de diffuser en noir et blanc et n'a pu couvrir l'ensemble du territoire en couleur qu'à partir de 1980, lorsque l'ensemble du réseau d'émission a été transformé. La révolution de la couleur a progressivement modifié la production des images de la télévision : des scènes de plateaux à la photographie des téléfilms, le rapport à l'image en a été profondément bouleversé.

Éclairage média

Par Christelle Rabier

C'est la 2e chaîne qui diffuse l'allocution de Georges Gorse, ministre de l'Information. Il s'agit d'un plan fixe, dans lequel s'intercalent quelques gros plans sur le visage du ministre. Pour ce discours politique convenu, il n'y a pas d'innovation formelle de l'image. Il n'en reste pas moins que l'arrivée de la couleur à l'écran reste un événement extraordinaire. Elle est particulièrement soulignée par l'arrière-plan multicolore, devant lequel les dirigeants font grise mine.

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