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Retrait des troupes portugaises de l'Angola

Date de diffusion : 12 nov. 1975 | Date d'évènement : 11 nov. 1975

Le 11 novembre 1975, la décolonisation portugaise s'achève par l'indépendance de l'Angola. Une période de guerre civile s'ensuit, qui ne prendra fin qu'avec les accords de paix de septembre 1991.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
11 nov. 1975
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000759

Contexte historique

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

Depuis janvier 1961 et le soulèvement de leur capitale Luanda, les Angolais mènent un combat acharné pour obtenir l'indépendance. L'envoi massif de troupes portugaises sur place (plus de 60 000 hommes) a provoqué une aggravation des tensions et l'essor de différents mouvements nationalistes antagonistes. Après la Révolution des oeillets le 25 avril 1974, le nouveau pouvoir portugais, sous l'égide de son ministre des Affaires étrangères Mario Soarès, décide de mener à bien le processus de décolonisation rapide des dernières colonies portugaises d'Afrique noire.

Mais dès janvier 1975, malgré la mise en place d'un gouvernement de façade représentant les différentes tendances politiques du pays, le chaos s'installe en Angola. La fuite des colons portugais signifie l'écroulement des cadres traditionnels des structures économiques et sociales. La guérilla fait rage dans le pays entre les différentes forces armées qui s'appuient sur le soutien des occidentaux ou de l'URSS. En octobre, face au chaos ambiant, un gigantesque pont aérien est mis en place pour évacuer les derniers colons et officiels portugais.

C'est dans ce contexte troublé que l'indépendance de l'Angola est proclamée, le 11 novembre 1975. Le pays se retrouve divisé entre les forces de l'UNITA (Union Nationale pour l'Indépendance Totale de l'Angola) et du FNLA (Front National de Libération de l'Angola), qui occupent le Nord du pays, tandis que la capitale est aux mains du MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l'Angola), dirigé par Agostinho Neto. D'abord en difficulté, ce dernier trouve un soutien logistique décisif auprès des soviétiques et bénéficie de l'afflux de troupes militaires cubaines. Cependant, si le pouvoir est officiellement aux mains du MPLA d'Agostinho Neto, la guerre civile va se poursuivre en Angola, ensanglantant le pays pendant plus de vingt-sept années.

Éclairage média

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

Au début du reportage, le journaliste prend le parti de se placer aux côtés d'enfants-soldats. Ainsi, bien que le commentaire évoque l'indépendance de l'Angola, le téléspectateur est interloqué de voir ces jeunes garçons aux gestes mal assurés défilant en armes, alors qu'aucune explication ne vient éclairer leur rôle dans le conflit armé qui se joue. Ensuite, même si le commentaire reste toujours allusif, les sous-entendus abondent, concernant notamment les conditions de retrait des troupes portugaises. Le journaliste insiste à plusieurs reprises sur la volonté des anciens colons de dénier tout caractère exceptionnel au processus de retrait de leurs dernières forces armées.

Pourtant, malgré les sourires affichés par les soldats, des signes viennent contredire l'impression affichée de sérénité du côté portugais : l'interdiction de filmer la descente du drapeau, l'expression du commandant au moment de sa poignée de main avec son ancien ennemi du MRPA, l'ambiguïté du commentaire évoquant une réconciliation "inattendue"... Un élément insolite peut être noté au passage : le commandant angolais qui se précipite pour serrer la main de son adversaire d'hier devant les caméras de télévision en oublie la voiture arrivant sur sa droite... Cet incident vient quelque peu gâcher la solennité très largement construite de ce moment.

On peut également noter l'ambiguïté du traitement des fêtes de célébration de l'indépendance. Alors que les images semblent être filmées à Luanda, le journaliste évoque les forces rivales du FNLA qui célèbrent "ici aussi" l'indépendance. On peut se demander s'il s'agit d'une intention délibérée du reporter de déstabiliser le téléspectateur, en dissociant image et commentaire pour mieux lui signifier le chaos angolais. Cette apparente maladresse peut également résulter de l'impossibilité de recueillir des images au-delà de la ligne de front toute proche, du côté des forces du FNLA. D'autre part, le journaliste fait clairement allusion à l'influence soviétique sur la nouvelle République populaire d'Angola : il évoque "des slogans empruntés ailleurs" sur le plan fixe qui montre le drapeau du nouvel Etat, formaté à la manière des drapeaux des républiques communistes. Enfin, le commentaire nuance les images de joie populaire: la volonté affichée par la nouvelle République de donner "le pouvoir au peuple" est évoquée au moment où la caméra cadre en plans rapprochés des militaires armés.

Le journaliste conclut son reportage par une allusion à la reprise imminente des combats. Cette célébration de l'indépendance n'est donc qu'une parenthèse dans un conflit armé qui dure depuis 15 ans déjà et qui va durer encore des décennies.

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