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Réactions à Jérusalem après l'échec de Camp David II en juillet 2000

Date de diffusion : 26 juil. 2000 | Date d'évènement : 25 juil. 2000

En juillet 2000, l'échec de la tentative de Bill Clinton pour faire avancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens à Camp David révèle un durcissement des positions dans la région.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Collection :
Date de l'évènement :
25 juil. 2000
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000765

Contexte historique

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

En mai 1999, la victoire électorale des travaillistes et l'arrivée d'Ehoud Barak au poste de Premier Ministre d'Israël font espérer une relance des négociations entre l'Etat juif et l'Autorité Palestinienne. Celle-ci, alors présidée par Yasser Arafat, est une instance née des négociations menées depuis les accords d'Oslo en 1993. Elle vise à accorder un régime d'autonomie aux Palestiniens, avec des institutions propres et une administration des affaires sociales, premiers pas vers une souveraineté étatique réelle.

Du 11 au 25 juillet 2000, Bill Clinton réunit Barak et Arafat à Camp David. Le lieu est hautement symbolique puisque c'est à cet endroit que furent conclus en 1978 des accords qui aboutirent l'année suivante à la signature d'un traité de paix entre l'Egypte et Israël. Mais les deux parties ne trouvent pas de terrain d'entente. Trois points font obstacle à la conclusion d'un accord : les territoires occupés, le statut de Jérusalem et le droit de retour des réfugiés palestiniens. En effet, si Israël offre de réduire considérablement sa zone de contrôle en Cisjordanie, c'est un retrait total que les Palestiniens réclament. Arafat juge illégale l'occupation par Israël de territoires annexés au moment de la Guerre des Six jours (1967), condamnée alors par l'ONU. Cependant, la présence de colonies juives rend la gestion d'une région fragmentée extrêmement complexe. Arafat revendique également le partie Est de Jérusalem. Mais cette proposition se heurte à la volonté des négociateurs israéliens de préserver l'unité de leur capitale, annexée depuis 1980, et de conserver dans le giron d'Israël un des lieux du culte musulman, l'esplanade des Mosquées, considérée comme l'emplacement symbolique du mont du Temple.

Enfin, le sort de la diaspora palestinienne depuis le conflit de 1948 est loin d'être réglé. Accepter un droit de retour des palestiniens, en accord avec la résolution onusienne de 1948, reviendrait pour Israël à reconnaître sa responsabilité dans leur exode et à devoir intégrer une importante population non juive. L'échec de Camp David, souvent imputé à l'intransigeance d'Arafat, a de graves conséquences. En effet, l'enlisement du processus de paix, les difficultés sociales et surtout la nouvelle Intifida en septembre 2000 mettent en péril le projet de constitution d'un Etat Palestinien, alors en cours de consolidation (cf. " la deuxième Intifada").

Éclairage média

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

Ce reportage a pour but de recueillir, à Jérusalem, les réactions de la population au lendemain de l'échec des négociations de Camp David II. Le choix de la capitale israélienne n'est pas anodin car la question de son partage éventuel a été au coeur des discussions. L'envoyé spécial illustre les tensions existants entre Israéliens et Palestiniens en interrogeant des habitants soigneusement choisis. Ainsi, la jeune fille qui fait signer la pétition pour le maintien de l'unité de la capitale israélien et le directeur des institutions juives, dont les bâtiments sont situés dans les quartiers arabes annexés de Jérusalem, sont représentatifs de l'opinion la plus radicale au sein de la communauté juive de la ville.

Le lancement et la conclusion du reportage tentent de nuancer l'impression dominante qui transparaît dans les images, celle d'un durcissement des positions, en évoquant "d'autres israéliens et d'autres palestiniens" plus modérés et déçus par l'échec du processus de paix. Au-delà des difficultés à rendre compte de manière juste et nuancée d'une opinion publique diffuse, on peut émettre plusieurs hypothèses pour expliquer l'absence des plus modérés à l'antenne. D'abord, le reportage répond aux exigences de rapidité et d'efficacité qui commandent à la réalisation d'un journal télévisé quotidien, et peut-être a-t-il manqué du temps nécessaire pour interviewer un échantillon de population plus représentatif.

Mais peut-être aussi qu'ici, l'envoyé spécial a privilégié les réactions les plus extrêmes, pour montrer plus clairement aux téléspectateurs les enjeux des débats, essentiellement le statut de Jérusalem et la création d'un Etat Palestinien souverain.

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